Février 2013, Note épiscopale au sujet de la pratique chrétienne des funérailles | Diocèse de Troyes

Février 2013, Note épiscopale au sujet de la pratique chrétienne des funérailles

Le deuil, pour les chrétiens, s’il est un événement privé, est aussi un moment important pour toute la communauté. Nous sommes appelés à participer à la peine d’une famille, mais nous avons aussi à porter ensemble la prière pour les défunts. De là l’importance de l’accueil des familles en deuil par la communauté paroissiale. Les équipes funérailles des ensembles paroissiaux font déjà de l’excellent travail dans ce sens. Je voudrais le saluer et l’encourager. Nous constatons aujourd’hui une modification des rapports à la mort. Beaucoup plus de personnes qu’autrefois demandent à être incinérées. Si l’Eglise continue à préférer que le défunt fasse l’objet d’une sépulture, par respect pour ce corps qui a reçu l’eau du baptême, elle accueille les nouveaux rituels de la mort. En toute hypothèse, il est bon que la réflexion sur l’accueil et la célébration de la mort soit encore réfléchie par tous les acteurs des obsèques. Le Conseil Presbytéral, en lien avec le Service Diocésain de la Pastorale Liturgique et Sacramentelle qui a procédé à une importante enquête sur la culture des funérailles dans notre diocèse, a préparé à ma demande une note pour les funérailles que je vous propose comme nouveau repère de notre pratique. Je remercie tous les contributeurs à cette réflexion, espérant qu’elle aidera notre Eglise à être signe d’espérance pour ceux qui sont dans la peine.

+ Marc Stenger
évêque de Troyes

Note épiscopale au sujet de la pratique chrétienne des funérailles

L’objectif de cette note est d’aider à une cohérence de pratique dans le diocèse et de soutenir les membres des équipes dans les circonstances actuelles. Elle s’inscrit à la suite de la note du 14 juin 2001 et dans la dynamique de l’excellente enquête réalisée par le SDPLS auprès des équipes de funérailles du diocèse de Troyes de septembre à novembre 2011.

1) Place des ministres ordonnés, de l’équipe des funérailles, du peuple de Dieu

« Tous ceux qui appartiennent au peuple de Dieu doivent se sentir concernés par la célébration des funérailles. (…) Chacun doit y prendre sa part en raison de sa situation ou de son ministère. Une part de responsabilité revient aux parents et aux proches du défunt (…) L’ensemble de la communauté chrétienne a aussi son rôle à jouer » (Rituel des funérailles n° 5). Puisque l’ensemble de la communauté chrétienne est concerné, on veillera à ce qu’il existe dans chaque ensemble paroissial une équipe de chrétiens chargée de la pastorale des funérailles. Cette équipe recevra sa mission du curé ou de l’équipe pastorale.

Il revient au prêtre responsable de la communauté de présider les funérailles. Pour ce service, il est accompagné de l’équipe appelée et formée pour cette mission. Si le prêtre responsable n’est pas disponible en raison d’autres charges pastorales, c’est l’équipe chargée des funérailles qui est alors responsable de la célébration au nom de l’Eglise.

En cas d’absence du prêtre responsable, et si la présence d’un prêtre est jugée importante par le curé et l’équipe pastorale (notamment pour la célébration de l’eucharistie), le curé ou l’équipe pastorale seront seuls habilités à faire appel à un autre prêtre, que l’on choisira parmi ceux qui sont en mission dans le même espace pastoral. Si un prêtre membre de la famille ou ami proche du défunt est présent, il sera le bienvenu pour présider la célébration.

« La décision de célébrer ou non la messe sera prise en accord avec la famille. Cette décision implique normalement que la famille, ou une part importante de l’assemblée, soit apte à participer activement à la messe, en particulier par la communion » (Rituel des funérailles n°15).

2) L’appel et l’envoi des nouveaux membres des équipes de funérailles

Cet appel doit être une préoccupation des curés et des Equipes Pastorales. Il y aura lieu de discerner la maturité humaine et spirituelle de ces nouveaux membres et d’envisager leur accompagnement et leur formation. Les nouveaux membres sont envoyés en mission par le curé ou l’Equipe pastorale. Chaque année, plusieurs paroisses envoient en mission les équipes des funérailles lors de la célébration du 2 novembre. Celle-ci souligne l’aspect missionnaire des équipes funérailles.

3) Quelle formation pour accompagner les membres des équipes de funérailles ?

• Proposer systématiquement des formations à l’accueil et à l’écoute pastorale.
• Proposer des formations sous l’angle sociologique et psychologique pour mieux comprendre la mort dans nos sociétés contemporaines et les étapes du deuil et ainsi mieux se situer comme chrétiens.
• Proposer régulièrement une formation biblique et/ou théologique autour des textes du rituel et de la foi pascale.
• Proposer de façon continue une formation liturgique pour toujours mieux retrouver la dynamique pascale des rites de la célébration.
• Proposer la formation « des mots pour dire notre foi », formation « GPS » par exemple.

Les services diocésains (SDPLS et CDF) mettront en place des itinéraires de formation. Ces formations peuvent s’organiser par une collaboration des ensembles paroissiaux, au niveau des espaces pastoraux.

4) Place et statut des textes profanes dans les célébrations

Des textes profanes sont parfois proposés par les familles. Culturellement, ils sont souvent proches de la vie des personnes d’aujourd’hui. Dans ces moments difficiles, ils offrent des mots pour des expressions personnelles. Ils permettent d’exprimer des doutes, des sensibilités, des regards devant la mort et l’émotion qu’elle suscite. Il y a lieu d’être déjà dans un accueil positif.
Ceci dit, ces textes ne peuvent pas venir en lieu et place de la parole de Dieu dans la Bible, dont la richesse est à déployer dans ces célébrations. Les lectures bibliques et particulièrement l’Evangile expriment le cœur de la foi chrétienne. 
Nous proposons que les textes profanes ne se situent pas durant la liturgie de la Parole. Ils trouveront une juste place dans la liturgie d’accueil ou encore durant les rites d’adieu et d’envoi, en veillant à ce qu’ils s’inscrivent bien dans la dynamique de la célébration.

5) Les supports musicaux dans les célébrations de funérailles

Les chants liturgiques sont souvent choisis par la famille à partir du livret diocésain « célébrer les funérailles », ou d’autres supports paroissiaux. Le choix se fait souvent à partir des paroles. Ils permettent des échanges, et de personnaliser la célébration à partir des propositions de la famille.
Ceci dit, lors des célébrations, les équipes ne sont pas toujours en mesure d’animer les chants. Le support d’un CD « chants liturgiques » est d’une grande aide. Il en existe auprès du service diocésain (SDPLS).

La musique a toute sa place dans les célébrations. Elle est un élément important de la dynamique liturgique et soutient la prière de l’assemblée. Le service diocésain (SDPLS) pourra proposer et mettre à disposition des musiques sacrées particulièrement adaptées.

Devant les demandes des familles qui proposent des musiques profanes venant de la variété et de l’univers musical du défunt, il y a lieu d’être déjà dans un accueil positif. A cause de la charge émotionnelle de ces événements, ces musiques sont l’occasion d’exprimer une fidélité au défunt. Ceci dit, toutes les musiques ne sont pas adaptées à la célébration liturgique, certaines peuvent même risquer de rompre la dynamique spirituelle de la célébration. Dans un discernement, il y aura lieu de réfléchir aux sont les moments ajustés pour l’écoute de ces musiques. Dans tous les cas, il faudra vérifier qu’elles ne sont pas contraires au lieu et à l’événement. 
Durant la célébration plusieurs moments peuvent être envisagés :
• Une musique avant l’arrivée du corps
• Durant la liturgie de la parole
• Durant la bénédiction du corps par les membres de l’assemblée

Le cimetière et le funérarium peuvent aussi être des lieux adaptés pour ces expressions musicales.

6) Devant les décisions de crémation et les demandes de prière au funérarium ou au crématorium

L’Eglise accueille la décision des familles qui choisissent la crémation. Mais elle redit sa préférence pour l’inhumation.

Dans le cas où la crémation a été choisie, le déroulement normal est :
• La célébration à l’église paroissiale (parfois ce sera à la chapelle de l’hôpital)
• Puis le transport vers le crématorium
Parfois pour des raisons pratiques de transport du corps et d’éloignement géographique, on pourra accepter que la crémation puisse avoir lieu d’abord et que la célébration à l’église suive, en présence ou non des cendres du défunt recueillies dans l’urne.

Nous rappelons l’importance de la célébration à l’église paroissiale qui honore la dimension publique et communautaire de la célébration des funérailles. Si la famille désire que soit vécu un temps de prière chrétienne au funérarium ou au crématorium, on lui remettra quelques textes. Si cela est souhaité et s’ils le peuvent, des amis chrétiens ou membres de l’équipe de funérailles de la paroisse du défunt, pourront se rendre à ces lieux et proposer un temps de prière chrétienne.

Le dimanche qui suit une célébration de funérailles, la pratique s’est développée dans les paroisses de signifier la prière de l’assemblée paroissiale par un rite au mémento des défunts durant l’eucharistie dominicale.

7) Pour les casuels

Il est de la responsabilité des responsables paroissiaux d’informer, de demander et de recevoir l’offrande. Aujourd’hui la somme indicative proposée dans le diocèse est de 160 €. Parfois, à titre exceptionnel, dans un accord local, le casuel est remis à la paroisse par l’intermédiaire des sociétés de pompes funèbres. Si telle est la pratique, elle sera relue régulièrement, y compris avec les entreprises de pompes funèbres, pour en vérifier les limites et les pertinences.

8) Eléments bibliographiques

• Assemblée plénière de la CEF (Conférence des Evêques de France) document d’avril 2009
• Revue « Fêtes et saisons » « La mission des équipes de funérailles, accompagner et célébrer » Edition du Cerf
• Guide Célébrer, n° 11 avec le SNPLS « Pastorale des funérailles » novembre 2003
• Guide Célébrer, n° 17, « célébration pour les défunts » février 2009

Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, 
avec le conseil presbytéral, 

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