Lettre ouverte à la SNCF | Diocèse de Troyes

Lettre ouverte à la SNCF

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le 16 octobre 2013

Lettre ouverte à la SNCF

Je fais partie des “usagers” – il paraît qu’il faut dire maintenant des « clients » - qui lundi dernier 14 octobre ont vu au tableau d’affichage de la SNCF dans la gare de Troyes le train de 10h50 passer en à peine une minute de « retardé 1h30 » à « supprimé ». La raison alléguée de cette disparition soudaine du train de 10h50 (alors que celui de 12h12 était déjà supprimé) était des travaux sur la voie.

Ce n’est certes pas la première fois que ce genre de surprise nous est faite par la SNCF. Mais en traversant la foule (le mot n’est pas excessif) de ceux qui venaient de découvrir avec moi que leur train était supprimé, en saisissant au passage leurs réactions, je me suis décidé à écrire cette lettre.

Réaction de colère, le journal l’Est-Eclair s’est fait largement l’écho de la montée de cette colère à l’égard de la SNCF dans son édition de mardi, mais aussi réaction de stupéfaction de ceux dont les plans pour la journée se sont effondrés d’un seul coup. J’ai ainsi croisé trois dames qui se sont rabattues sur la visite de la Médiathèque en attendant le train de 14h12, dont je n’ai pas vérifié s’il avait circulé. Ou encore un homme d’affaires qui s’est résolu à prendre sa voiture et à affronter les bouchons de l’entrée de Paris. J’ai surtout rencontré des personnes qui avaient l’air désemparé, ne sachant que faire devant cette mauvaise surprise.

Je ne crois pas être du genre à « crier haro sur le baudet » (pardon, sur la SNCF). Je suis un habitué des rendez-vous manqués à cause de notre société nationale de transport. Mais je n’en ai pas moins toujours cherché à la défendre : les travaux de modernisation, les aménagements, appellent quelques contraintes. Mais je n’accepte plus la manière dont on traite les voyageurs. Les travaux du lundi 14 octobre étaient connus, puisqu’ils avaient déjà conduit à programmer la suppression du train de 12h12. On n’en a pas moins laissé venir les nombreux voyageurs du 10h50 pour découvrir à la gare que leur train était retardé, puis supprimé. Certains appellent cela « prendre les gens pour des truffes ». Pour ma part, je qualifie ce comportement de manque total de respect des personnes, manque de respect que je veux dénoncer publiquement, car tout homme a le droit d’être respecté. Une société qui est bâtie sur l’abus de la confiance de ceux qui comptent sur elle n’est pas digne d’estime. La SNCF, si elle veut retrouver l’estime de ceux qui ont besoin d’être acheminés entre Troyes et Paris, entre Romilly et Paris, entre Nogent et Paris, doit trouver les bonnes mesures, compte tenu de ses contraintes, pour en finir avec ces abus de confiance. Pour moi ce qui est en jeu, c’est la dignité de la personne humaine.

Avec mes sincères salutations.

+Marc STENGER
Evêque de Troyes

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