Pèlerinage Notre Dame de Fatima - Cathédrale le 7 mai 2017 | Diocèse de Troyes

Pèlerinage Notre Dame de Fatima - Cathédrale le 7 mai 2017

 

Introduction

Chers pèlerins de Notre Dame de Fatima,

Je suis heureux de vous accueillir dans cette cathédrale, votre cathédrale, pour la célébration de l’Eucharistie à l’occasion du Centenaire des Apparitions de la Vierge aux trois pastorinhos Francisco, Jacinta et Lucia. Je suis heureux de me tourner avec vous vers Notre Dame et de lui confier vos communautés portugaises, chacune de vos familles et aussi notre diocèse dont vous faites tous partie.

Le pape Benoît XVI disait : « La Vierge de Fatima est le signe de la présence de la foi ». Le grand miracle c’est que c’est de trois petits bergers qu’est née une nouvelle force de la foi, une force qui n’est pas prête de disparaitre même en ces temps où on a souvent l’impression d’un grand vide d’espérance. Et votre présence nombreuse de ce matin est bien le signe de cette force de la foi qui dépasse toutes les contrariétés de la vie. Vous les enfants de Notre Dame de Fatima, vous avez voulu montrer en vous déplaçant aujourd’hui qu’en vous appuyant sur votre Mère, vous voulez continuer à vivre en croyants, en disciples de son divin Fils.

Dans le message de Fatima, il y a une invitation de fond, l’invitation à la conversion permanente, à la pénitence, et à la prière, l’invitation aussi à vous laisser remplir par la foi, l’espérance et l’amour. Le mal attaque toujours, mais le Seigneur vous offre par l’intermédiaire de la Vierge Marie, les forces du bien qui porteront votre vie.

A l’invitation de Marie qui relaie celle du Christ, acceptons de nous convertir, remplissons notre cœur de foi, d’espérance et d’amour.

 

Homélie                               Jn 10, 27-30

De dimanche en dimanche, spécialement en ce temps pascal, la liturgie de l’Eglise vient au-devant de nous avec le même message d’espérance. Certes les temps sont durs, certes les jours, les années passent avec leur lot d’épreuves personnelles, familiales, ecclésiales.

Nous l’avons beaucoup entendu pendant cette période électorale. Il est d’autant plus important de se rappeler que ce qui fait vivre  le disciple de Jésus, ce n’est pas d’abord la sécurité mais c’est la certitude que le Christ est déjà vainqueur de ce qui oppresse les hommes, qu’il est vivant avec nous, de la vie même de Dieu et qu’il nous porte dans son amour. Et nous en avons la confirmation dans le message de Fatima qui nous invite à changer notre vie et à nous tourner vers lui.

Il est vrai que nous ne voyons pas le Christ, que nous ne touchons pas chaque jour ni à volonté les signes son action. Mais nous avons un moyen merveilleux de le rejoindre. Sa voix se fait entendre, sa main se tend vers nous pour nous tenir debout et nous protéger. Cette voix qui n’est quelquefois qu’un murmure, c’est la voix de tous ceux qui savent adresser une parole d’amour et d’espérance à ceux qui sont dans la tristesse et le marasme. Notre Dame de Fatima a été cette voix et Francisco, Jacinta et Lucia en ont été le relais. Entendons cette voix aujourd’hui pour nous éclairer et pour nous réconforter. Mais soyons à notre tour cette voix de l’espérance pour tant d’hommes et de femmes qui nous entourent et qui ne l’entendent nulle part. Et soyons aussi cette main qui se tend pour tenir debout et nous protéger.

Le rapport entre lui et nous ne peut être qu’un rapport de confiance, on pourrait même dire d’abandon à lui, de retour sans réserve à lui. Marie nous y invite aussi, car c’était son rapport à elle avec lui. Nous sommes invités à nous laisser faire par lui.

Grâce à cette présence, qui prend sa source dans sa mort et sa résurrection, notre existence humaine, accompagnée par une source de vie inépuisable, peut se transformer en un chemin serein, ce chemin que décrit le psaume que nous avons lu tout à l’heure et qui est celui de ceux qui se laissent conduire par le Seigneur. Parce qu’il est là même quand les passages de la vie sont incertains ou obscurs, quand tout semble s’élever contre la tranquillité de nos existences, il reste la certitude d’une présence et la sécurité d’un appui qui ne diminuent jamais, parce que le Christ s’est rapproché au maximum de notre condition humaine nous a unis à lui et s’est fait par sa mort et sa résurrection « le gardien de nos âmes », comme dit l’apôtre Pierre dans la 2ème lecture.

Ce rapport de vie que nous avons avec Jésus doit créer une profonde intimité entre lui et nous. Il nous fait apprendre à reconnaitre sa voix, et sa main, à le suivre et à avoir confiance en lui. Plus nous prendrons conscience que nous pouvons nous appuyer sur lui, plus notre vie sera riche et pleine. C’est là encore la substance du message de Fatima. La conversion, à laquelle nous invite Notre Dame de Fatima, c’est le retournement vers lui, pour que nous accueillions dans notre cœur la foi, l’espérance et l’amour, attitudes de confiance en lui et dans nos frères.

La question se pose de nouveau à nous maintenant, en qui mettons-nous notre confiance ? Les petits bergers de Fatima avaient compris que c’est en lui que nous devons mettre notre confiance. Alors la vie sera plus forte que tout. La main de Jésus était une main secourable qui guérissait, qui fortifiait et qui sauvait. Dans un monde où il y a tant de rejetés et d’exclus, prêtons notre main au Christ pour que tous puissent être rassemblés dans l’unité des enfants de Dieu.

A la fin de ce passage d’Evangile, Jésus nous le rappelle : « Je suis venu pour que les brebis aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ». Cette voix, cette main sont le signe de la vie qu’il nous donne, la vie même de Dieu. Jésus peut donc se présenter à juste raison comme le pasteur des brebis. Bien mieux, tandis qu’un pasteur veille sur ses brebis, les conduit au pâturage et aux points d’eau, lui en fait beaucoup plus, il nous nourrit de sa vie qui est la vie même de Dieu. Quand il nous dit donc qu’il est la porte des brebis, il ne veut pas dire qu’il ne nous considère que comme des brebis qui ont à suivre le berger, il veut souligner le lien qu’il y a entre nous et lui, un lien plus fort encore que celui qu’il y a entre le pasteur et les brebis. Les brebis dépendent du pasteur ; nous dépendons plus encore de Jésus, puisque par lui nous devenons enfants de Dieu.

C’est ce que révèle la voix du Christ qui s’adresse à nous, sa main qui se tend vers nous. La vie qui nous est donnée c’est la vie de Dieu en abondance.

Sans faire de rapprochement politique, un programme dit la vie que le candidat veut nous donner. Mais chez le Christ, ça va beaucoup plus loin. Il n’établit pas de programme. Sa vie nous pouvons la mesurer dans notre vie. Quand face aux difficultés et aux peines de la vie, nous avons l’impression de ne plus y arriver, nous pouvons nous dire qu’alors que nos forces nous semblent épuisées, Dieu a encore tant à nous donner.

+ Marc Stenger
Evêque de Troyes

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