Pâques 2017 - Cathédrale le 16 avril 2017 | Diocèse de Troyes

Pâques 2017 - Cathédrale le 16 avril 2017

 

Introduction

Christ est ressuscité. Grande nouvelle pour les hommes de partout. L’évènement bouscule notre existence. Il est vivant celui qui était mort. Il nous ouvre des chemins de vie et d’espérance. En communion avec tous ceux qui se réjouissent de cette bonne nouvelle, en communion aussi avec tous ceux qui souffrent trop dans leur corps ou dans leur cœur pour la partager, nous chantons son amour par notre alléluia. Oui, il est vivant, il est vivant pour nous. Réjouissons-nous !

 

Homélie                            Jn 20, 1-9

Il est beau et significatif que pour nous introduire dans l’évènement indubitablement le plus important non seulement de notre foi, mais de toute l’histoire humaine et de notre vie personnelle, c’est une femme qui en a été chargée, Marie Madeleine. Avec une intuition toute féminine, elle se rend au tombeau comme si elle pressentait que quelque chose devait se passer. C’était le jour après la mort tragique de Jésus à laquelle elle-même avec quelques autres femmes avait assisté, tandis que les apôtres, en hommes courageux, avaient tous disparus, à l’exception de Jean. Sans aucun doute, Marie avait en elle un tourbillon de sentiments ; elle vivait surtout le contraste très fort entre le souvenir de cette personne remarquable que Jésus avait été, entre ce qu’il avait dit à une autre Marie, la sœur de Lazare, « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra », et d’un autre côté cette mort et cette sépulture qui semblait l’avoir définitivement englouti. Et lorsqu’elle se trouve devant la tombe ouverte, malgré cette parole qui leur avait été dite, il ne lui vient pourtant pas à l’esprit qu’il pourrait être ressuscité. Elle pense simplement que quelqu’un a profané le sépulcre ajoutant une ultime méchanceté à toutes les insultes déchaînées contre cet homme juste, infligeant une autre, cruelle souffrance au cœur de sa mère et de ceux qui lui étaient restés fidèles, parmi lesquelles elle était justement, elle, Marie de Magdala.

Alors elle appelle à la rescousse les disciples, les hommes, pour qu’au moins ils fassent quelque chose.

Même des deux disciples qui courent au sépulcre, seulement un, Jean, arrive à croire que Jésus est ressuscité. Et pourtant ils ont vu tous les deux que le tombeau était vide, que les linges étaient posés à plat et que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus était bien roulé dans son coin, chose qu’aucun profanateur n’aurait pensé à faire ou n’aurait eu le temps de faire. Cette réaction des protagonistes manifeste que ces faits constatables ne suffisaient pas pour reconnaître que Jésus était ressuscité ; le récit se termine en disant que les disciples n’avaient pas encore compris.

Quand commenceront-ils à comprendre ? Quand Jésus rencontrera chacun d’eux en particulier. Il a rencontré Marie-Madeleine à proximité du sépulcre, Jean et Pierre sur les rives du lac où ils étaient retournés à leur ancien métier. Sans cette rencontre personnelle, on ne peut pas se rendre compte que Jésus est ressuscité et qu’il est vivant. Il en est ainsi avec toutes les personnes que nous pouvons connaître. C’est seulement si nous entrons en rapport avec elles, parlant avec elle et partageant quelque chose avec elles que nous prenons conscience qu’elles sont vivantes pour nous, sinon elles restent inexistantes (non-existantes, oubliées, perdues. Ce n’est donc pas le tombeau vide qui démontre que Jésus est vivant, c’est seulement le lien personnel que chacun de nous, encore aujourd’hui, peut tisser avec lui. C’est là que se situe la foi. Il ne s’agit pas d’abord d’accepter que les choses soient allées comme le dit l’Evangile. Même les premiers disciples ont eu besoin d’aller au-delà de ce qu’ils avaient vu, pour le reconnaître. Le premier mouvement c’est celui de la foi, « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Croire, c’est-à-dire lui faire confiance, entrer en rapport personnel avec lui. Si nous faisons confiance au Christ, à sa conduite, faisant ce qu’il nous demande, à sa force qui nous soutient dans notre faiblesse, si en lui nous trouvons le courage d’agir, de faire ce que tout seuls nous n’aurions pas pu entreprendre, cela veut dire qu’il agit en nous, donc qu’il est bien vivant, qu’il est sorti de la nuit du tombeau. C’est à ce bouleversement en nous que nous pouvons reconnaître qu’il est là ; le jour de Pâques est donc pour nous, comme pour les premiers disciples, seulement le commencement. Le tombeau vide est le point de départ. Il nous faut encore le rencontrer, lui le Christ. Il ne suffit pas d’aller à l’Eglise pour le rencontrer. C’est la foi, la rencontre personnelle que nous faisons avec lui qui nous permettra de vivre avec lui, donc de le reconnaître comme un vivant. Et ceux qui ne le rencontrent jamais ? Il n’y a personne qui ne puisse le rencontrer. Si nous célébrons Pâques chaque année, ce n’est pas pour célébrer un évènement passé, mais c’est pour renouveler la rencontre avec lui, notre adhésion à lui. Elle n’est jamais complète et définitive. Pâques est l’occasion de l’enraciner de nouveau, en reprenant conscience qu’il est vivant et ressuscité.

Comment pouvons-nous reprendre cette conscience puisque nous ne le voyons pas physiquement ? C’est à travers toute sorte de rencontres que nous faisons que nous le retrouvons lui et que nous savons qu’il est là et nous accompagne. Le rencontre avec des personnes qui à travers ce qu’elles sont et disent, le rendent présent. Encore faut-il croire que c’est lui qui nous parle, nous montre la route, nous ouvre à l’espérance, parce qu’il est vivant et qu’il nous aime. Son action, c’est celle de son Esprit qui fait que toutes ces rencontres font bouger quelque chose en nous, nous fait renaître, nous remettent debout.

Belle fête de la Résurrection donc. Qu’elle renouvelle notre foi.

+ Marc Stenger
Evêque de Troyes

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