Messe de l’Ascension 2017 - Cathédrale le 25 mai 2017 | Diocèse de Troyes

Messe de l’Ascension 2017 - Cathédrale le 25 mai 2017

Homélie                                     Mt 28, 15-20

 

« Je suis avec vous tous les jours ». C’est très important d’entendre ces paroles de Jésus le jour où nous le voyons s’en aller, se soustrayant à la vue de ses disciples, et eux restent là, perdus, les yeux levés vers le ciel. Les paroles que Jésus leur adresse et qu’il nous adresse à nous aujourd’hui, nous aident à comprendre comment son ascension au ciel n’est pas une manière de se séparer de l’humanité. Il va au Père, mais de cette façon justement il se place au fondement de chaque être, au fondement du monde et de la vie. Précisément là où Dieu est. Et c’est la raison pour laquelle Jésus peut à partir de ce moment-là être présent partout et pour toujours : « Je suis avec vous tous les jours » jusqu’aux extrémités de la terre et jusqu’à la fin du monde.

Il y a une autre chose importante que Jésus dit dans les quelques lignes de l’Evangile que nous venons d’entendre « Allez et de tous les peuples faites des disciples ». C’est l’invitation à continuer sa mission, allant comme lui vers tous les hommes, sans exclure personne. De cette manière on comprend encore mieux le sens de l’Ascension : Jésus se met de côté pour nous laisser la place. Mais, comme il l’avait promis, il ne nous laisse pas seuls. Sans lui nous ne pourrions d’ailleurs pas faire. Parce que ce qui nous est demandé, ce n’est pas une activité ordinaire, ce n’est pas un peu de bricolage moral. C’est vraiment continuer à faire ce qu’il a fait.

Aujourd’hui nous apprenons aussi un peu mieux ce qu’est l’Eglise. C’est tout simplement cet ensemble de personnes qui ayant reçu l’Esprit Saint – c’est notre cas au baptême – deviennent son Corps, comme dit l’apôtre Paul dans la deuxième lecture. Le corps, nous le savons, est cette dimension fondamentale d’une personne par laquelle celle-ci entre en relation avec les autres, voit et se donne à voir, se meut et agit. On voit l’importance du corps quand on est malade, ou simplement quand on vieillit, quand on n’arrive plus à faire tout ce qu’on voudrait. Eh bien Jésus continue à avoir besoin d’un corps pour se donner à voir, pour agir, sinon il serait un pur esprit. Eh bien ce corps aujourd’hui c’est nous : c’est cela la grande responsabilité que nous avons endossée avec le baptême.

Donc être chrétiens ce n’est pas seulement être dans l’Eglise, venir à l’église, suivre ce que dit l’Eglise, c’est être l’Eglise, c’est être les membres de ce nouveau Corps du Christ, pour continuer sa mission dans le monde. Ce qui ne veut pas dire mener de grandes entreprises de conversion des autres : nous n’arrivons pas à nous convertir nous-mêmes et nous rencontrons continuellement des résistances à la foi auprès de ceux qui nous sont les plus proches nos enfants, nos amis, nos collègues. Jésus dans le texte des Actes nous recommande simplement d’être ses témoins, précisément faire voir et faire sentir sa présence vivante. C’est pourquoi il a confié à notre attention et à notre sollicitude prioritaires les pauvres et les souffrants. Parce que ce sont ceux-là qui ont le plus besoin de sentir sa présence, sa proximité. Et donc quand on assiste un malade, quand on prend soin d’une personne qui est seule ou en difficulté, on ne fait pas seulement une œuvre de charité, mais on donne concrètement un témoignage du Christ qui se faisait proche des personnes souffrantes, quand il était dans le monde leur donnant à comprendre par ses gestes la proximité de Dieu. Si nous l’imitons dans sa manière d’être et d’agir, si nous continuons de faire comme il a fait, alors beaucoup de personnes pourront le reconnaître à travers nous et se réjouir de sa présence. Ce que nous montrerons c’est qu’il n’est pas loin des hommes, mais au contraire toujours plus proche. Grand défi : bien-sûr nous—même nous ne pouvons plus le voir avec nos yeux, mais nous pouvons et nous devons le faire voir par nos actes.

Ce n’est pas toujours ce que nous donnons à voir, nous le savons bien. Regardons toutes les violences autour de nous, y compris de notre fait et dans le monde. Pour le donner à voir, il faut entrer dans sa manière de faire et d’être. Il y a deux aspects dans cette manière de faire qui sont plus que jamais à actualiser. C’est d’abord l’ouverture à tous. Personne n’était exclu de l’attention de Jésus, surtout pas ceux que la société de son temps rejetait. C’est un fait que nous livre l’Evangile et qui donc ne peut pas même se discuter. Sans quoi nous faisons partie des pharisiens qui reprochaient à Jésus ses mauvaises fréquentations. Et c’est ensuite le regard positif sur le monde et les hommes. Jésus a dit à Zachée : « C’est chez toi que je veux venir ». Le salut est entré dans cette maison. Un regard et une attitude de pardon. Nous sommes invités à ce même regard et à cette même attitude. Si nous en sommes capables, Jésus sera de nouveau présent au milieu des hommes d’aujourd’hui.

 

+ Marc Stenger
Evêque de Troyes

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