Confirmation Othe-Armance Bouilly le 18 juin 2017 | Diocèse de Troyes

Confirmation Othe-Armance Bouilly le 18 juin 2017

 

Introduction

Ce dimanche c’est la fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. C’est une fête dans toute l’Eglise ; Mais il faut que vous sachiez que c’est un Troyen qui l’a mise en place pour toute l’Eglise, le pape Urbain IV. Il voulait montrer que c’est le Corps et le Sang de Jésus qui sont notre force et notre vie. Vous amis confirmands, vous recevez le sacrement le jour de cette fête. Rappelez-vous donc toujours que c’est le Corps et le Sang de Jésus qui sont votre force et votre vie. Pardonnez-moi de le dire aussi abruptement. Pour le recevoir et qu’il soit notre force pour notre vie, il faut participer à l’Eucharistie, à la messe. Par la suite n’oubliez pas ce grand rendez-vous. Chaque messe du dimanche est donc une fête. Celle-ci l’est encore un peu plus à cause de vous qui vous engagez.

Le cœur en joie, entrons dans la prière en reconnaissant notre péché et en nous réjouissant de l’amour du Dieu miséricordieux.

 

Homélie                         Mt 28, 16-20

Chers amis,

Ce moment est pour vous un grand moment, déterminant pour vous. Car aujourd’hui vous prenez un engagement qui n’est pas seulement un engagement ponctuel, mais qui doit orienter toute votre vie de manière particulière. Et qu’y a-t-il de particulier ? Tout homme dans sa vie fait l’expérience que cette vie se situe dans un triangle. Vous le savez, un triangle a trois sommets. Le premier c’est ce que je veux dans ma vie, le deuxième c’est ce que je peux dans ma vie, et le troisième c’est ce qui s’impose à moi dans ma vie. Dans les années passées, des années d’éducation et de formation, on a fait grandir en vous et vous avez fait grandir en vous « ce que vous pouvez », en apprenant, en augmentant votre savoir et vos capacités, mais dans votre démarche de confirmation il y a autre chose, vous êtes en face de « ce que vous voulez ».

Il n’est pas question d’augmenter vos capacités, mais d’augmenter votre désir de suivre le Christ, de le connaître et de l’aimer. Ca ne s’apprend pas, c’est donné dans la rencontre avec lui, et si être chrétien, l’être davantage, c’est ce que vous voulez, alors ce dont vous avez besoin vous sera donné sans que vous ayez besoin de le conquérir. Vous avez déjà commencé à le recevoir par l’expérience de votre préparation en groupe – vous me parlez de la révélation qu’a été la communauté de Taizé pour vous, mais aussi de bien d’autres choses. Vous l’avez reçu aussi à travers tous vos engagements auprès de plus jeunes que vous. Vous l’avez reçu aussi dans votre famille, dans le témoignage de vos amis et la liste est sans fin. Tout ceci converge aujourd’hui : vous voulez être disciples du Christ et toute votre expérience de vie vous éclaire et vous aide à le devenir.

Dans votre vie de chrétien, c’est donc cela qui compte le plus. Vous voulez confirmer le choix de vos parents en faisant vous-même le choix de vivre du Christ et de l’Evangile. Ceci ne s’apprend pas par des connaissances du catéchisme. Ce n’est pas parce que vous êtes allés au catéchisme que vous serez un meilleur chrétien, mais parce que vous voulez suivre le Christ et du coup vous faites le nécessaire pour mieux le connaître et mieux l’aimer.

Mais ce que nous apprend ce passage d’Evangile, c’est que pour un chrétien »ce que je veux », ce n’est pas ma fantaisie, mon envie. C’est cela la grâce du sacrement. Le Christ vient à notre rencontre pour que sa volonté devienne ma volonté. Ce qu’il veut, il nous le dit dans ce passage d’Evangile, c’est « De toutes les nations, faites des disciples », c’est « Soyez mes témoins partout et toujours », et il nous donne son Esprit pour que sa volonté devienne la nôtre, pour que nous fassions d’autres que nous des disciples du Christ.

En recevant le sacrement de la confirmation, c’est cette mission que vous acceptez. Et c’est à partir de là que se pose la question : qu’est-ce que je peux faire ? Comment vais-je aider d’autres à devenir des disciples du Christ ? Ça ne s’apprend pas. On peut apprendre à chanter, à jouer d’un instrument de musique, à prêcher, mais on n’apprend pas à changer le cœur des hommes. Alors qu’est-ce qu’il faut pour cela ? C’est là que la troisième pointe du triangle prend toute son importance : ce qui s’impose à moi. Et ce qui s’impose à moi est aussi dans cet Evangile : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Le Christ nous accompagne toujours, il est toujours avec nous sur la route. Nous pouvons exercer la mission que le Christ nous donne parce qu’il est avec nous, parce qu’il est au cœur de toutes les expériences de rencontre que nous faisons, parce qu’il est déjà dans le cœur de celui auquel nous voulons annoncer, Jésus, faire connaître, Jésus. Nous n’avons donc pas besoin de nous demander si nous pouvons, c’est lui Jésus qui peut en nous. Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de Moïse. Dieu dit à Moïse : « J’ai pitié de mon peuple. Tu vas aller demander à Pharaon de le libérer ». Moïse réplique : « Je ne sais pas parler ». Et Dieu lui dit : « C’est moi qui parlerai en toi ».

Pour remplir votre mission de chrétien, le Christ se sert de ce que vous savez faire. Un bon guitariste attire toujours. Mais vous n’attirez pas pour vous, pour votre gloriole, pour votre pouvoir. Vous attirez pour le Christ, pour que ce qu’il veut donner à l’homme grandisse dans le cœur de chacun.

A chacun de trouver comment : en fonction de vos talents, en fonction des circonstances. Mais avant de parler du comment, il y a votre disponibilité de disciple, ce que je veux, ce que je suis prêt à faire pour le service du Christ et des hommes. Ceux qui deviennent prêtres, ce n’est pas parce qu’ils ont des aptitudes particulières pour l’être, mais c’est d’abord parce qu’ils choisissent de dire oui au Christ.

Avant de parler du comment, il y a donc aussi le fait que le Christ est avec nous sur la route. Nous le croisons chez nos amis, dans nos communautés, et là c’est lui qui nous attend et nous encourage. Aujourd’hui il nous encourage en nous donnant son Esprit. En route donc, soyons des disciples qui en veulent.

+ Marc Stenger
Evêque de Troyes

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