Célébration Saint Yves - Eglise de la Madeleine le 19 mai 2017 | Diocèse de Troyes

Célébration Saint Yves - Eglise de la Madeleine le 19 mai 2017

 

 

Homélie                           Jn 15, 12-17

Cet Evangile nous rappelle que tous les commandements se résument dans celui de l’amour mutuel entre les disciples du Christ. Jésus nous rappelle que le commandement qui nous permet de demeurer de manière permanente dans la communion avec le Christ et entre nous, c’est l’amour.

On peut dire, je crois, que ce n’est pas ce qu’on demande habituellement aux professions de justice. On leur demande de dire le droit, de défendre un ordre social dans lequel en principe la place de chacun et le bien de tous sont respectés. Mais il ne me semble pas qu’il soit question d’amour dans les codes et les manuels de droit.

L’enjeu c’est peut-être que cette défense de la loi ne soit pas une simple question mécanique, mais au contraire une manière d’être en relation avec ceux auxquels les professionnels de la justice ont affaire. Tout dépend au fond du regard que l’on porte sur cet instrument que représente la loi. Elle n’est pas une table immuable qui s’impose à nous, hors de toute compréhension de ce qu’elle comporte et de ce qu’elle signifie. Elle est plutôt un moyen de faire droit à tous, de préserver la place de chacun, autrement dit elle parle le langage de l’amour.

Dans l’Evangile, Jésus ne nous parle pas d’invitation ou d’ardent désir. Il nous parle de commandement. Il applique somme toute le langage de la loi, de l’impératif catégorique. Mais cet impératif catégorique a un sens, c’est « aimer ». Accepter par amour ce qu’il commande, nous dit Jésus, ne rend pas esclave, mais au contraire fait participer à la liberté souveraine de Dieu, à sa vie, à sa famille. On est à l’opposé de la contrainte, on est dans une totale libération de soi, de toutes les formes de dégradation qui pourraient nous affecter, parce que nous serions esclaves de la loi et non plus serviteurs des personnes. Le Christ a bien tracé ce chemin. Les pharisiens qui l’ont fait condamner parlaient de blasphème contre la loi de Dieu, d’obéissance à César, de règlement, Jésus lui parlait d’amour, il parlait d’un don gratuit, d’un choix bienveillant qui fait de chacun de nous son ami. Ce choix vise l’épanouissement, la vie en plénitude du chrétien qui produit des fruits, parce qu’il est uni au Christ et qu’il aime ses frères et sœurs. Bien-sûr tout le monde ne croit pas au Christ dans le monde de la justice, pas plus qu’ailleurs. Mais ce qui nous est proposé c’est un fondement. Même si nous ne l’avons pas choisi, le Christ nous choisit non pas pour faire de nous ses exécutants, mais ses amis qui participent avec lui à la grande mission de mettre debout les hommes. C’est sans aucun doute ce que nous avons le plus en commun, nous qui sommes rassemblés ici ce soir. Quelle que soit notre fonction, nous ne sommes pas d’abord des exécutants qui endossent une mission qui nous est donnée, mais nous sommes d’abord des serviteurs au sens où l’entend l’Evangile, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui veulent se consacrer au bonheur des autres par le chemin de la justice et de la vérité. Y a-t-il meilleur garde-fou contre tous les déchaînements de haine et de violence qui habitent notre monde ?

+ Marc Stenger
Evêque de Troyes

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