Célébration pénitentielle - Bar sur Aube le 12 avril 2017 | Diocèse de Troyes

Célébration pénitentielle - Bar sur Aube le 12 avril 2017

 

Introduction

En cette Semaine Sainte nous sommes invités à retourner notre cœur vers Dieu et à marcher avec le Christ sur son chemin de mort et de résurrection.

A nous libérer de tout ce qui nous enchaîne au mal, de tout ce qui nous empêche d’aller de l’avant avec le Christ, ce péché, présent dans chacune de nos vies qui est en nous complicité avec la mort.

Mais cette conscience renouvelée de notre péché ne doit pas nous décourager, moins encore nous humilier. Notre Dieu est un Dieu de tendresse venu sauver ce qui était perdu. Pour peu qu’on écoute sa voix et son appel.

 

Homélie                        Lc 16, 19-31

C’est cette parabole du riche et de Lazare qui nous est offerte pour éclairer notre dimanche de pénitence et de réconciliation. Pour bien la comprendre, il est important d’en découvrir le personnage central. Ce n’est ni Lazare, ni les cinq frères dont il est question. C’est le riche qui porte des vêtements de luxe et fait chaque jour des festins somptueux.

En lisant attentivement ce texte, nous nous rendons compte que le Christ n’est pas contre la richesse, mais il nous met en garde : « La richesse peut facilement nous rendre aveugles ». Le riche ne semble même pas s’apercevoir du pauvre homme qui est dehors, couvert de plaies, couché devant son portail. On ne dit pas que le pauvre est vertueux et que le riche est pervers. Il ne fait pas de mal à Lazare. C’est pire il ne le voit pas. Il a laissé s’établir un abîme profond entre lui et le pauvre malade.

La fortune souvent rend aveugle sur la misère des autres. « Ils n’ont plus de pain ; qu’ils mangent de la brioche », disait Marie-Antoinette avant la Révolution. Mais elle peut aussi nous rendre aveugles sur notre propre fragilité humaine. La mort en particulier vient nous rappeler que les richesses ne peuvent pas toujours nous protéger.

Nous avons connu en 2008 une grave crise économique. On sait aujourd’hui qu’elle a été provoquée par la cupidité de quelques-uns qui a causé le malheur d’innombrables familles à travers le monde. A beaucoup d’autres points de vue aussi, beaucoup de gens, nous dit la parabole, vivent dans une sorte d’anesthésie spirituelle. Où sont les valeurs évangéliques dans leur vie ? « Quelqu’un pourrait bien ressusciter d’entre les morts, dit Jésus, ils ne seraient pas convaincus ». La richesse et les privilèges ont creusé un gouffre entre eux et Dieu, entre eux et ceux qui souffrent.

Nous devons prendre conscience aussi que le jugement ne vient pas à la fin de notre vie. C’est maintenant que tout se passe. C’est maintenant que nous sommes solidaires avec ceux et celles qui sont dans le besoin, pauvres, étrangers, etc. ou alors que nous creusons un abîme profond entre eux et nous. Le riche avait le moyen de retourner la situation sur la terre et il ne l’a pas fait. Le jugement est une simple constatation que nous devons entendre nous aussi de ce qui se passe dans notre vie. « J’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger. J’étais nu, vous ne m’avez pas vêtu, malade ou en prison et vous n’êtes pas venus me visiter ».

Une autre leçon de la parabole : ne pas négliger la Parole de Dieu. Si j’avais su, j’aurais agi autrement. Toi et tes frères vous auriez dû savoir. Il y a eu Moïse et les prophètes, il y a eu Jésus, il y a l’Evangile. La Parole de Dieu est à notre portée. Si nous ne l’écoutons pas, les miracles ne nous aideront pas non plus. Le seul chemin véritable vers la foi n’est pas le miracle, c’est l’humble écoute de la Parole de Dieu et le regard attentif vers nos frères et sœurs qui souffrent.

Nos péchés d’omission, notre incapacité de voir la réalité, la nôtre et celle des autres, sont sans aucun doute les fautes les plus graves que nous commettons, celles que nous voulons ce soir déposer devant le Christ, lui dont le regard plein d’amour sur la Croix a embrassé toute l’humanité.

Pendant cette célébration, nous sommes invités à contempler le regard du Christ sur chacun de nous. Il débusque nos aveuglements. Son regard d’amour et de miséricorde peut nous faire découvrir les richesses de conversion qui sont en nous et en recevant son pardon, nous faire changer de vie. Accueillons donc le Christ eucharistie. Qu’il nous éclaire et nous réconcilie.

 

+ Marc Stenger
Evêque de Troyes

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