Une Pâque d’espérance pour tous (Revue Eglise dans l'Aube d'avril 2017) | Diocèse de Troyes

Une Pâque d’espérance pour tous (Revue Eglise dans l'Aube d'avril 2017)

 

La fête de la Résurrection est le cœur et la source de notre foi. Dans un monde tourmenté, elle représente un repère de vie, là où abondent les signes de mort, une lumière, là où s’épaississent les ténèbres, une ouverture d’espérance, alors que les raisons de ne plus croire en l’avenir sont multiples.

Fêter Pâques, ce n’est donc pas simplement évoquer les évènements de la mort et de la Résurrection du Christ, de son ascension et de la venue de l’Esprit Saint. Un Père de l’Eglise ancienne, Isaac de Ninive, disait : « Le seul péché, c’est de rester insensible à la Résurrection ». Notre foi chrétienne se mesurera à notre capacité d’espérer pour notre monde et de communiquer à tous les hommes cette espérance.

La mort, une puissance dans nos vies

La mort est une dominante qui pèse sur tous les hommes, une véritable puissance qui inspire la peur et l’angoisse, et qui rend les hommes mauvais, soucieux d’eux-mêmes et de leur propre défense, égoïstes. En raison des menaces qui pèsent sur leur vie, souvent le désir de vie des hommes se fait haine, méconnaissance de l’autre, concurrence, rivalité, violence. L’angoisse peut tout défigurer même l’amour. Quand on parle de mort, il ne faut pas seulement penser à ce moment où la vie physique du corps humain s’éteint, mais également à tout autre moment de notre vie : la mort c’est aussi cette puissance qui réalise des incursions dans le quotidien des hommes et pour toutes sortes de raisons porte atteinte à la plénitude des relations et de la vie. C’est contre cette mort-là que Jésus a voulu lutter jusqu’à remporter la victoire. Cette lutte, nous, chrétiens, sommes invités à la mener avec lui. Jésus a montré qu’il avait une raison pour mourir : donner sa vie pour les autres. Mais dans le même temps, il a montré qu’il y avait une raison pour vivre : aimer. Et c’est pourquoi Dieu l’a ressuscité.

Que pouvons-nous espérer ?

Aujourd’hui comme hier, tous les hommes, même s’ils ne connaissent pas Dieu, se demandent : « Que pouvons-nous espérer ? ». Tous attendent, cherchent avec fatigue et parfois par des chemins égarés la bonne nouvelle de la vie plus forte que la mort, de l’amour plus fort que la haine et la violence.

Quelle réponse avons-nous à leur offrir pour aujourd’hui ? Une seule : le Christ ressuscité et vivant pour toujours. Quel récit pouvons-nous en faire dans le temps où nous sommes ? Il y a, aujourd’hui encore, des chrétiens capables de faire ce même récit qu’avaient fait les premiers disciples, témoins du Vivant : il y a à nouveau des martyrs ; il y a, à nouveau, des prophètes, il y a des témoins qui ne rougissent pas de l’Evangile, qui vivent la Résurrection dans leur histoire. Nous en connaissons tous, mais nous avons-nous-mêmes vocation à en être.

Ce qui signifie que nous saurons montrer la Résurrection dans le compagnonnage avec les hommes, que nous attesterons par nos réactions et nos attitudes que la vie est plus forte que la mort, en passant dans nos communautés du « je » au « nous », en pardonnant sans demander de réciproque, en vivant la joie de l’Evangile même dans les situations d’opposition, en montrant de la compassion pour toute créature en particulier les pauvres et ceux qui souffrent, en réalisant la justice, en acceptant de dépenser notre vie pour les autres.

C’est là que se situe le cœur de la foi chrétienne : croire l’incroyable, aimer le non-aimable, espérer contre toute espérance. La Pâque du Christ ouvre pour tous l’horizon d’une vie nouvelle. Qu’à travers nous, elle soit une Pâque d’espérance pour tous.

+ Marc Stenger
Evèque de Troyes


Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube" n° 4 d'avril 2017
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