Carême 2017 (Revue Eglise dans l'Aube de février 2017) | Diocèse de Troyes

Carême 2017 (Revue Eglise dans l'Aube de février 2017)

 

Le 1er mars, nous entrons dans le temps du Carême par la célébration du Mercredi des Cendres. Certes nous avons encore quelques semaines pour nous préparer à ce temps privilégié qui, pendant quarante jours, nous acheminera vers la fête de la Résurrection. Mais il n’est jamais trop tôt pour disposer notre cœur à nous libérer de toutes sortes de chaînes qui nous empêchent de nous tourner pleinement vers Dieu : la chaîne de l’avoir et du pouvoir, la chaîne de la crainte de l’autre, la chaîne de notre égoïsme, et j’en passe. Cette libération est d’ailleurs, un défi qui est exacerbé dans la perspective de la fête de la Résurrection, mais qui est là, constant, nous obligeant à nous secouer.

Frère Roger Schutz, l’ancien prieur de Taizé, disait volontiers que ces semaines qui nous mènent vers Pâques ne sont pas un temps d’austérité ni d’accablement, face à toutes nos culpabilités, mais au contraire un moment pour chanter la joie du pardon. Il voyait dans le Carême quarante jours pour nous permettre de redécouvrir de petits printemps dans nos existences.

Au début de l’Evangile de saint Matthieu, quand Jean-Baptiste proclame : « Repentez-vous », il veut dire « Tournez-vous vers Dieu ». Il nous appelle à nous tourner vers Dieu pour accueillir son pardon, pour renouveler notre vie intérieure grâce à ce pardon que le Christ est venu nous apporter de la part de son Père. Il ne s’agit donc pas de nous tourner vers nous-même dans une introspection ou un perfectionnisme illusoire, mais de chercher une communion avec Dieu et une communion avec les autres.

La communion avec Dieu est aujourd’hui un exercice difficile. Dans notre monde, beaucoup voient Dieu comme une limite à leur liberté. Ils doivent lutter seuls pour construire leur vie. Mais dans toute la tension, toute la violence qui déchirent notre monde, la question jaillit du besoin d’un absolu qui nous dépasse, une soif de quelque chose d’autre, de quelque chose de plus. Dans cette perspective, nous inscrivons pendant le Carême le jeûne, l’ascèse qui laissent la place pour une attente plus profonde que toutes les attentes superficielles de nos vies, une soif plus essentielle qui peut illuminer notre route.

Mais cela ne suffit pas. Il s’agit de savoir ce que nous suivons ou celui que nous suivons. Pour nous chrétiens, c’est clair, nous ne suivons pas un Dieu abstrait, nous suivons une personne, le Christ. Ce qui veut dire que dans notre marche, nous ne sommes pas seuls ; il nous accompagne et même nous précède. Le but de notre marche n’est pas d’embellir ce que nous sommes, mais avec ce que nous sommes de nous en remettre à ce Dieu qui fait miséricorde, d’entendre ses appels et d’essayer d’y répondre.

Invitation au partage

Le premier de ces appels c’est l’invitation au partage. Comment pouvons-nous nous épanouir vraiment si nous n’acceptons pas de renoncer par amour ?Partager c’est forcément se dire non à soi-même pour dire oui à l’autre qui va nous combler de joie au-delà de tout ce que nous aurions pu espérer. Lui dire « oui » oblige à dépasser toutes sortes d’obstacles, de clôtures, de barrières de culture et de société. C’est un grand défi au moment où nous sommes plutôt dans un temps où notre corps social exclut et rejette. Et c’est pourtant ce « oui » à l’autre qui donne sens à notre vie.

Viser la simplicité de vie

L’Evangile met aussi en valeur la simplicité de vie. Il nous appelle à un maintien de nos propres désirs pour parvenir à nous limiter non par contrainte, mais par choix. Cet appel prend beaucoup d’actualité aujourd’hui, non seulement au plan personnel, mais dans la vie des sociétés. La simplicité librement choisie permet de résister à la course au superflu chez les plus favorisés et de contribuer à la lutte contre la pauvreté imposée aux plus déshérités. Le Carême peut être un temps où nous osons réviser notre style de vie, non pour donner mauvaise conscience à ceux qui en feraient moins, mais en vue d’une solidarité avec les démunis.

Ce programme nous n’avons pas à attendre le Carême pour le mettre en œuvre. Mais le Carême est une opportunité pour le mettre au centre de notre vie. J’ose donc vous le proposer : commençons le Carême dès maintenant pour découvrir dès maintenant des « petits printemps » dans notre existence.

+ Marc Stenger
Evèque de Troyes


Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube" n° 2 de février 2017
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