Église et numérique (Revue Eglise dans l'Aube de juin 2017) | Diocèse de Troyes

Église et numérique (Revue Eglise dans l'Aube de juin 2017)

 

Notre radio RCF Aube/Haute-Marne est « passée au numérique ». Elle sera suivie très prochainement par les autres RCF de Champagne/Ardennes. Conséquence : avec un seul clic on pourra « basculer » l’émission produite par une de ces radios sur les autres. Du coup il deviendra plus facile de préparer des émissions en commun.

Mutualisation des richesses intellectuelles et techniques, rapprochement, solidarité active, disparition de beaucoup de frontières, ce sont quelques caractéristiques du nouveau paysage social issu du « passage au numérique ».

Simple clic

RCF n’est qu’un exemple. Le numérique change beaucoup de choses dans notre rapport au travail, dans nos communications. Et il s’agit de mesurer ses conséquences avec discernement. La question se pose aussi à notre Eglise. Beaucoup de diocèses ont créé des sites Internet, ont des comptes Tweeter ou Facebook. Le message du Christ est-il pour autant annoncé, la communion fraternelle est-elle pour autant assurée, le service du frère le plus pauvre est-il pour autant mieux honoré ?

Loin de moi l’idée de minimiser la valeur de ces nouveaux outils pour communiquer, pour rejoindre ceux dont l’Eglise est loin. Mais, en raison de sa mission, celle-ci est particulièrement requise de les utiliser à bon escient et de se redire clairement ses objectifs en réponse à l’envoi par le Christ de ceux qui sont ses disciples. Nous n’avons pas seulement à communiquer, nous avons à annoncer. Les nouveaux outils facilitent la communication immédiate. Il est important de veiller à ce que ce ne soit pas au détriment de la densité du message. La foi n’est pas simplement une émotion, elle appelle un approfondissement, une découverte progressive de ce Dieu qui vient à la rencontre de nos vies, une compréhension de l’Ecriture qui est notre source, une maturation des motions de l’Esprit Saint. Tout ceci ne se réalise pas par un simple clic, même si le clic facilite le témoignage et le partage, autrement dit l’annonce, même si un clic peut faciliter l’accès aux sources de la révélation.

Nous n’avons pas simplement à nous relier techniquement. La communion, au sens où l’entendent les chrétiens, requiert de la fraternité, de l’accueil et du respect mutuel, de l’écoute bienveillante et attentive de l’autre, de l’empathie. Une communication immédiate et sans entrave est favorable à l’expression de soi. Pour créer de la communion, pour « faire Eglise », il faut prendre le temps de se rencontrer, de s’estimer, de se retrouver dans la prière et le service du frère.

Le numérique et la mission de l’Eglise

L’Eglise doit aussi « passer au numérique », c’est évident. Mais les nouvelles facilités qui offrent les progrès technologiques avec les dérives qu’elles permettent l’interpellent, donc nous interpellent, sur la manière dont nous nous approprions les fondamentaux de la Révélation, et dont nous faisons nôtre l’impératif évangélique. Le pape François rappelle dans Laudato si que les nouvelles technologies peuvent avoir des effets déviants. Si elles amplifient les possibilités de l’individu et servent les intérêts de ceux qui en ont la maîtrise par toutes les possibilités qu’elles offrent, elles peuvent laisser sur le bord de la route les plus petits, les plus faibles, les moins doués et les moins chanceux. Et l’intérêt de ceux qui en ont la maîtrise ne débouche malheureusement pas toujours sur le bien commun.

Indéniablement le numérique peut aider à mieux diffuser le Bonne Nouvelle et à mieux en vivre. Mais l’Eglise par rapport à ces nouvelles technologies garde une fonction d’alerte en faveur de l’homme créé à l’image de Dieu.

 

+ Marc Stenger
Evèque de Troyes


Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube" n° 6 de juin  2017
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