Église, charismes, alp (Revue Eglise dans l'Aube d'octobre 2017) | Diocèse de Troyes

Église, charismes, alp (Revue Eglise dans l'Aube d'octobre 2017)

 

Le dossier qui est au cœur de ce numéro d’ « Église dans l’Aube » sur les ALP  (animateur laïque en pastorale) nous oblige tous à nous poser la question de notre propre engagement d’Eglise.

L’  « embauche » des ALP, qu’ils soient salariés ou bénévoles, repose sans doute sur un besoin d’annonce de l’Évangile, mais aussi sur la reconnaissance d’un charisme particulier chez ceux que nous sollicitons.

Charismes

En regardant le beau travail que font ces ALP, nous devons prendre conscience que leur charisme n’est pas un charisme pour faire ce que les prêtres ne peuvent plus faire, mais pour correspondre à une faim et à une soif du peuple de Dieu, et qu’il nous renvoie à nos propres charismes, ceux que l’Esprit a déposés en nous. Pour beaucoup de réalités qui relèvent de la mission de l’Église, nous avons tendance à déléguer à d’autres l’engagement nécessaire. Je pense par exemple à la manière dont nous nous défaussons des soucis du pauvre qui dit habiter toute l’Église aux délégués et bénévoles du Secours Catholique. Nous en oublions de « chercher » quel est le charisme qui nous a été donné et à quelle mission il nous provoque.

Or il est de notre responsabilité baptismale de faire l’effort d’écouter l’Esprit qui nous dit le trésor que nous sommes pour le bien de toute l’Église, et qui nous stimule à nous engager.

Soyons réalistes. Tous n’ont pas l’habitude de ce discernement. Tous n’ont pas la même conscience des exigences de l’évangélisation aujourd’hui. Ayons donc le souci de nous entraider, de nous éclairer mutuellement, de nous aider les uns les autres à prendre notre place dans l’Église.

Ce que l’Esprit, celui de la Pentecôte, celui qui était au cœur de la célébration de la confirmation de 47 jeunes de l’Agglomération troyenne, nous dit aussi, c’est que ces charismes nous sont donnés non pas pour gérer l’existant, mais pour être missionnaires, pour aller vers ceux qui ne sont pas au centre, mais aux périphéries, ne sentant pas l’Église proche d’eux, ou ceux qui sont au centre sans être partie prenante de la vie ecclésiale. Nous sommes quatre ans après le Synode où cette orientation d’ « aller vers » nous était apparue comme le cœur de notre vie d’Eglise. Il est important que les ALP puissent aussi nous dire comment ils sont missionnaires. Leur expérience d’acteurs essentiels du quotidien de la transmission de l’Évangile peut à cet égard nous être précieuse à tous.

Un monde qui se transforme, un Evangile qui demeure

Le grand défi à relever aujourd’hui, c’est que notre Eglise se fasse interlocutrice du monde d’aujourd’hui dans ses mutations comme elle a voulu chercher à l’être davantage à Vatican II. Une époque ne ressemble pas nécessairement à l’autre. Nous devons porter le souci de cette adaptation qui n’est pas abandon de l’essentiel, mais service de l’homme dans le questionnement que provoquent les transformations que nous vivons, afin qu’il puisse y lire la Bonne Nouvelle de l’Évangile.

+ Marc Stenger
Evèque de Troyes


Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube" n° 10 d'octobre 2017
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