Billets dominicaux | Diocèse de Troyes

Billets dominicaux

Veillez donc !...

C’est l’invitation lancée par l’Evangile d’aujourd’hui :
il faut être prêt
pour le grand rendez-vous de la fin des temps, certes,
et de la fin de notre temps.

Mais il ne faut pas manquer non plus
les rendez-vous de chaque jour.
Le Christ est le compagnon de tous les instants,
l’Epoux présent et attentif,
pour qui accepte d’être disponible afin de le reconnaître.

Le téléphone sonne ... On frappe à la porte ...
Je reçois un courrier ...
Une personne sollicite une visite ...
Un voisin me demande un service ...
Dieu présent ! Invisible, mais présent !
« Dieu parle dans la vie des hommes »,
nous disent les Orientations de notre diocèse.

C’est dans la vie des femmes et des hommes,
la vie la plus banale, la plus quotidienne
que Dieu fixe ses rendez-vous.
Veillez donc !

Yves Maurice, 12 novembre 2017

 

Ils disent !...

Souvent, on fait ce reproche aux chrétiens :
ils professent des idées
certes très belles et très généreuses,
mais leur vie personnelle ou communautaire
donne un témoignage très différent !
Rude aiguillon sur le chemin de la conversion :
croire à l’Evangile et s’efforcer d’y conformer sa conduite !

Terrible croix aussi pour qui a la charge d’enseigner,
et qui, regardant sa vie, sait bien qu’il encourt ce reproche:
tu dis, et ne fais pas !
Prêtres, catéchistes, éducateurs, parents … en font l’expérience.
Rappelons-nous cette fulgurante parole de Jean Jaurès :
« On n’enseigne pas ce que l’on sait.
On n’enseigne pas ce que l’on veut.
On enseigne ce que l’on est.»

Ils disent ...
Quand l’enseignement de l’Eglise,
quand nos propres discours
sont en décalage avec les actes,
ou sont perçus comme un fardeau pesant,
demandons-nous s’ils ont bien la saveur de l’Evangile !

Yves Maurice, 5 novembre 2017

 

L’amour
à fleur de visages

Aimer Dieu, aimer son prochain !..
ces deux commandements sont semblables, dit Jésus.

L’amour de Dieu et l’amour du prochain
ne font pas nombre.
Ce que je donne à l’un n’est pas enlevé à l’autre.
Je peux vivre deux amours qui ne s’excluent pas.

Il y a une source unique de l’Amour,
mais deux fleuves différents

Cependant, le plus sûr chemin pour aimer Dieu …
l’assurance que nous ne nous gargarisons pas de mots
quand nous disons que nous aimons Dieu,
c’est d’aimer nos frères,
quels qu’ils soient ... sans les choisir.

Le Temple où Dieu désormais attend notre offrande,
c’est le Temple de l’Humanité
où Dieu se dit à fleur de visages.

Yves Maurice, 29 octobre 2017

Allez aux croisées des chemins !

Il envoya ses serviteurs
appeler à la noce les invités ...

Où est-il ce repas de noces du roi de la parabole ?
Où sont-elles ces viandes grasses évoquées par Esaïe ?
Où est-il ce Dieu qui nous fait la fête ?

Eh bien, ouvrons les yeux :
ce monde malade de ne plus savoir pourquoi il avance,
ces êtres malades de ne plus jamais entendre un « je t’aime »,
ces corps malades, affamés physiquement,
parfois torturés par la barbarie,
et nous-mêmes,
trop souvent malades du pouvoir, de l’avoir ...
voilà la salle des fêtes qu’il faut embellir !
voilà les proches qui attendent une invitation !

C’est là que l’amour doit faire son travail.
C’est là que Dieu nous demande de préparer la table.

La véritable fête ne commencera
que si personne n’est oublié.
Alors, sortons appeler.

Yves Maurice, 15 octobre 2017

La vigne de Dieu, c’est nous !

Au cours des siècles,
que de disputes entre nous
sur la manière de servir Dieu !

Au temps de Jésus aussi.
Tous, à leur manière, croyaient connaître Dieu,
sa volonté, ses commandements ...
prétendant posséder LA vérité sur Dieu …
Et ils étaient prêts à se battre pour elle.
Mais, tous, ils ignoraient l’essentiel :
Dieu était amoureux de sa vigne !

Sa vigne, c’est l’humanité tout entière,
sans exclusion ... c’est nous !
Sur cette terre,
nous ne sommes propriétaires de personne.

Au contraire, nous avons reçu cette mission :
permettre que chacun puisse produire du fruit …
le meilleur de lui-même ...
pour une grande vendange, au bénéfice de tous !...
Alors, ce sera la joie de Dieu,
le propriétaire de la vigne !

Yves Maurice, 8 octobre 2017

 

Scandale dans le Royaume ?

les publicains et les prostituées
vous précèdent dans le Royaume de Dieu.

Des pécheurs dans le Royaume ?
Des pécheurs pardonnés, bien sûr, et heureusement,
sinon nous resterions à la porte ;
car, qui d’entre nous est sans péché ?

 Jésus n’est pas en train de faire l’éloge du péché.
Mais, il redit, une fois de plus, sa miséricorde pour le pécheur,

Cette page d’Evangile est aussi une réponse
à tous ceux qui perdent courage, submergés par le scrupule,
ressassant leur indignité, ou leur peu de progrès spirituel.

 Pour Dieu, on n’est jamais trop bas, ou trop loin
pour qu’un retour à Lui soit impossible.
D’ailleurs, ce n’est pas nous qui allons vers Lui,
c’est Lui qui nous accompagne partout,
qui attend d’être accueilli, sans vouloir forcer la porte,
mais toujours à portée de cœur et de foi.
 
On ne lasse jamais la tendresse de Dieu.
Dans les vies les plus sombres,
il y a toujours une lumière allumée
qui dit le chemin vers les bras ouverts du Père.

Yves Maurice, 1er octobre 2017

Il n’est jamais trop tard !

Ne nous scandalisons pas !
Cette parabole des ouvriers de la dernière heure
n’est pas un discours social pour dire comment fixer les salaires.
C’est une parabole pour notre foi,
une parabole pour purifier notre regard sur Dieu.

Le maître du domaine sortit dès le matin.
Dieu sort au-devant de chacun de nous.
Dieu sort à notre recherche pour nous embaucher, tous.
Il n’y a pas d’heure. Il n’y a pas d’âge.
Il n’est jamais trop tard.

Il n’est jamais trop tard
pour se laisser embaucher par des projets pastoraux, sociaux ...
pour se laisser embaucher par l’amitié,
pour se laisser embaucher par le pardon, par la paix ...

Il n’est jamais trop tard parce que Dieu est bon.
Il existe des gens qui commencent leur vie à 60 ans.
D’autres qui découvrent Dieu à 70 ans.
Il en est qui se croyaient nuls, en dessous de tout,
et qui se découvrent chéris de Dieu, au premier rang.

Sans doute certains penseront-ils que cela n’est pas juste.
Mais, allons-nous reprocher à Dieu d’être bon,
d’être le Bon Dieu ?
 

Yves Maurice, 24 septembre 2017

 

Par – don !

Est-ce que je peux me dire chrétien
si j’entretiens la rancune,
la haine, le désir de vengeance ?

Pardonne-nous … comme nous pardonnons
répétons-nous dans le ‘Notre Père’.
Souvent, le pardon est une lente construction,
toujours recommencée.
C’est cela qui nous est demandé :
nous mettre, avec le Christ, sur le chemin du pardon …
même si ce chemin est long ... plein de retours et de détours.
Peu importe, du moment que je ne renonce pas à avancer …
ou même si je souffre de ne pas pouvoir avancer.
Si tu ne peux pas pardonner,
au moins, est-ce que tu souffres vraiment
de ne pas pouvoir le faire ?

Pardonner est l’acte des «forts», non des faibles.
Pardonner ... par-donner, c’est aimer.
Le pardon est richesse et liberté pour celui qui pardonne
et pour celui qui sait avoir besoin de pardon.
Difficile pardon ? Evidemment ! Alors,
demandons sans cesse à Dieu :
Apprends-nous à pardonner.

Yves Maurice, 17 septembre 2017

 

Je fais de toi un guetteur.

Je t’invite à garder ouverts pour les autres
les yeux et les oreilles de ton cœur,
au lieu de les boucher et de te replier sur toi-même
et te complaire dans une indifférence individualiste
en disant : ce n’est pas mon problème !

Oui, Je fais de toi un guetteur, dit Dieu au prophète Ezékiel.
C’est un devoir pour nous d’être attentifs, attentionnés.
Ne disons pas à Dieu : c’est ton fils ; c’est ta fille.
Mais écoutons-le nous dire : c’est ton frère ; c’est ta sœur !
Car tu es le gardien de ton frère (Gn 3,9).

L’Eglise n’est pas une structure de plus
dont la foi pourrait se passer.
Elle est le berceau de notre sainteté,
la famille où nous apprenons la valeur de la relation,
le vocabulaire de l’amour et du pardon.
Elle est la maison où nous nous découvrons
frères et sœurs.

L’Eglise est l’endroit (le seul ?) où nous pouvons grandir
en nous portant les uns les autres.

Yves Maurice, 10 septembre 2017

Oui, avec toi !

Quand une personne découvre que l’être aimé
est médicalement condamné,
elle le refuse et s’écrie : non, pas toi !

C’est ainsi que Pierre réagit
quand Jésus tente d’expliquer à ses amis
qu’il monte à Jérusalem pour y mourir :
Cela ne t’arrivera pas !

Mais Jésus ne peut que mourir
s’il y a des enfants, des femmes et des hommes
qui meurent.
Il a pris notre condition humaine. Il ne veut pas s’y soustraire.
Devant la mort,
nous serions tentés d’accuser Dieu d’impuissance ou d’injustice.
Vue des hommes !

Pour que la mort ne soit pas le dernier mot
d’un amour ou d’un combat,
Jésus manifeste la puissance et la justice de Dieu.
Il monte à Jérusalem pour monter vers le Père.
Et, au matin de Pâques
il entraîne toute l’humanité,
arrachée à l’enfer du mal et de la mort.
Oui, avec toi !

Yves Maurice, 3 septembre 2017

 

La pierre … et les clefs !...


Deux images offertes pour répondre à notre désir
de solidité et de sécurité.

Les récents événements d’attentats
rendent plus parlantes encore ces images.

L’être humain, pour vivre,
a besoin de se poser quelque part en toute sécurité.
Il a besoin de repères fixes, d’éléments stables …
Et, en même temps, s’il ne veut pas se fossiliser,
il a besoin d’épouser la vie qui, par définition,
est toujours en mouvement.

L’Eglise elle-même change.
Non pas le contenu de la foi,
mais la façon de la vivre et de l’annoncer.
Car, si les « clefs » lui ont été remises,
ce n’est pas pour s’enfermer, pour verrouiller,
mais pour ouvrir, accueillir, sortir !

La pierre … et les clefs !
Chrétiens, nous avons ce bonheur incroyable
de nous voir confier cette clef de l’existence :
l’amour fidèle et inconditionnel de Dieu, révélé en Jésus.

C’est une chance,
mais aussi une belle responsabilité pour tous les baptisés !

 Yves Maurice, 27 août 2017

Trop de peur … pas assez de foi !

Il y a de quoi avoir peur !
La barque tangue parce que les vents sont contraires.
Comme en chacune de nos vies
les vents sont parfois contraires.

Il suffit d’une parole : confiance !
Il n’y a que Jésus qui peut rassurer les disciples.
Pierre demande un signe : si c’est toi …
Et Jésus de répondre : Viens !

Viens ! Comme il était venu à sa suite
le jour où il avait été appelé alors qu’il lavait ses filets.

Mais la peur fait obstacle à la foi,
et parce que Pierre a peur, il s’enfonce.
Seigneur, sauve-moi !
Jésus ne lui reproche pas son manque de foi,
mais son peu de foi.

Jésus sait bien que lorsque l’espérance est facile,
ce n’est pas l’espérance.
L’espérance est faite pour les tempêtes.

Nous sommes sauvés
si nous croyons que tu nous dis :
Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur !

Yves Maurice, 13 août 2017

Sans domicile fixe

Ils sont bien, là, sur la montagne.
Jésus, éblouissant.
Moïse et Elie sont là, aussi.
Alors, Pierre parle de dresser trois tentes !

On avait rencontré Dieu au désert.
On l’avait suivi, en Exode, derrière l’Arche d’Alliance.
On avait voulu lui faire habiter un Temple.
Pourtant, les hommes de la Bible avaient signalé
que Dieu ne se laisse enfermer nulle part !
Il vous précède en Galilée ...
Les hommes ne pourront jamais faire à Dieu
de domicile fixe.
Il est le chemin.
Il est sur le chemin qui traverse la mort et la vie.

Donc, pas de domicile fixe pour Dieu.
Et pas davantage pour les chrétiens
que l’on appelait au début : les disciples de la Voie.
Nous sommes tous en voyage, en pèlerinage.
Et la transfiguration de Jésus nous en indique le terme.

Mais, auparavant, il nous faut descendre de la montagne,
et témoigner dans la fidélité active de ce que l’on a perçu.

Yves Maurice,6 août 2017

 

Chercheurs de Dieu !

Le Royaume des cieux est semblable à ...
Ainsi, le Royaume, c'est-à-dire le bonheur en Dieu
est une réalité précieuse et "cachée".
Il nous faut donc avoir une mentalité de chercheurs de Dieu.

La recherche est une activité qui demande du temps,
exige de la concentration, admet les tatonnements,
accepte l'abnégation.

Il en est de même pour le bonheur en Dieu.
Il faut sûrement du temps, de la patience,
du renoncement, l'établissement de priorité ...
Mais, à la clé de la découverte,
il y a cette joie
que personne ne pourra nous ravir !

Le trésor qui est en Dieu
mérite que l'on s'y investisse totalement
avec ardeur et sans regret.
La pauvreté évangélique exprime cette quête de l'essentiel.
Elle n'est pas un but, mais elle révèle
la qualité du trésor recherché,
Dieu lui-même,
sujet de toute passion supérieure.


  Yves Maurice, 30 juillet 2017

Notre champ de blé et d’ivraie.

Sur quoi portons-nous notre attention en priorité ?
Sur le bon grain,
ou sur l’ivraie qui n’a aucun avenir ?
Objectivement, nous ne sommes pas une Eglise de « purs ».
Une des définitions du concile Vatican II dit :
L’Eglise est divine en sa source, et humaine en son expérience !

Ni les personnes, ni les sociétés, ni l’Eglise
ne jouent une sorte de western
où les bons seraient tous d’un côté,
et les méchants, tous de l’autre.
Il n’y a pas d’un côté toute la vérité,
et de l’autre l’erreur totale.

Rien dans la vie n’est simple.
S’il faut dénoncer et combattre le mal
en nous et autour de nous,
autant qu’il nous est possible de le faire,
il nous faut d’abord nous aimer nous-mêmes,
et aimer les autres,
dans le respect du temps
qui est toujours un temps d’appel à la conversion.

 Yves Maurice, 23 juillet 2017

 

Cultivons notre jardin.

Même les jardiniers du dimanche
savent qu’on ne sème pas n’importe comment.
Il faut préparer la terre, la retourner, la faire respirer,
puis semer ou planter,
enlever les mauvaises herbes ...
Il faudra encore arroser, biner, tailler, surveiller... et patienter.

Apparemment, Dieu est un piètre jardinier !..
peu soucieux de la rentabilité, des résultats,
puisqu’il sème sa Parole à profusion, sur tous terrains,
sans prendre les précautions indispensables.

Nous sommes parfois, tour à tour, l’un de ces terrains,
cette personne insensible à la Parole,
ou la personne sans racines, la personne d’un moment,
ou celle pleine de bonne volonté
mais piégée par les soucis quotidiens et les attraits de ce monde ...
Il arrive que nous soyons aussi la bonne terre
où la Parole prend racine et porte du fruit.

Mais, pour cela, nous devons sans cesse faire notre jardin.
Quelle peine nous donnons-nous pour rendre notre terrain accueillant ?
Car, c’est la Parole elle-même qui nous transforme en terre fertile,
si nous faisons le travail nécessaire pour la recevoir.


 Yves Maurice, 16 juillet 2017

 

Tout-petits devant toi

Un roi assis sur un âne ! annonce le prophète Zacharie.
Mais, a-t-on jamais vu cela ?
Oui, bien sûr, en Jésus entrant triomphalement à Jérusalem.
Pas par démagogie,
mais pour révéler les valeurs d’un monde nouveau.

Alors, d’où vient ce malentendu quasi ancestral,
ce lien infernal entre Réussite et Puissance,
entre Salut et Force ?
Et ce malentendu continue dans nos sociétés,
et parfois dans nos Eglises.

Pourtant l’Apôtre Paul rappelait aux chrétiens de Rome
qu’ils n’étaient plus sous l’emprise de la chair,
c’est-à-dire sous l’emprise des puissances du monde,
mais sous l’emprise de l’Esprit
en se laissant guider par Dieu,
conduisant à de toutes autres victoires
que celles assurées par la violence,
les chars et les chevaux de combat.

Cela, seuls peuvent le comprendre et le vivre
celles et ceux qui acceptent d’être tout-petits
devant Dieu et devant leurs frères.

 Yves Maurice, 9 juillet 2017

Qui vous accueille m’accueille,
et celui qui m’accueille, accueille Celui qui m’a envoyé.

Ton Christ est Juif
ton scooter est japonais
ta pizza est italienne
et ton couscous algérien
ta démocratie est grecque
ton café est brésilien
ta montre est suisse
ta chemisette est hawaïenne
ton baladeur est coréen
tes vacances sont turques,
tunisiennes ou marocaines
tes chiffres sont arabes
ton écriture est latine …

et tu reproches à ton voisin
d’être … un étranger ?


texte envoyé par un jeune au journal «Phosphore»
en vue de la préparation des JMJ, en 1997

 

Proclamez-le sur les toits !

Que de voiles obscurcissent la vérité !
Le mensonge, bien sûr.
Mais aussi tant d’apparences qui cachent l’essentiel !

Jésus est venu déchirer le voile
pour que nous découvrions le mystère de Dieu.
Cela s’appelle « la révélation »
dont nous sommes les bénéficiaires.

En photographie,
ce n’est pas le bain du révélateur qui prend la photo,
mais c’est lui qui la fait apparaître
et la fixe sur le papier.

Il fallait que Jésus vienne,
qu’il parle notre langue,
qu’il pose des gestes humains que nous comprenions,
pour nous ouvrir les yeux et les oreilles,
afin que, recevant la Bonne Nouvelle,
nous la fixions dans notre vie
et la révélions, sans peur,
aux yeux et aux oreilles de ceux que nous côtoyons.

 Yves Maurice, 25 juin 2017

 

A table !...

C’est l’appel de la mère de famille à sa maisonnée,
à l’image de l’invitation incessante de Dieu à son peuple :
Pain azyme de la Pâque, cuit en toute hâte,
manne quotidienne dans le désert,
galette pour le prophète Elie marchant vers la montagne sainte,
pain partagé par Jésus à la foule dans le désert.

Oui, la table du pain est primordiale.
Mais l’homme ne se nourrit pas seulement de pain.
La Parole de Dieu est mangée par le prophète Ezékiel.
Jésus a pour nourriture la Parole du Père.

C’est cette Parole de Dieu
que Jésus veut partager en annonçant la Bonne Nouvelle.
La table du pain est inséparablement table de la Parole.

Vient alors l’heure du dernier repas.
Table du pain et du vin qu’une parole accompagne.
Jésus donne sa vie,vraie nourriture et vraie boisson.
Alors, la table de la Pâque devient la table du Royaume,
banquet où toute personne,
qu’elle que soit sa situation, est invitée.

 Yves Maurice, Fête du Corps et du Sang du Christ 2017

 

Trinité ... famille !

Si nous voulons nous risquer à parler de l’amour de Dieu,
alors il faut oser parler du couple et de la famille,
lieux où l’on s’aime, où l’on se pardonne,
où l’on s’embrasse.

Les Evangiles disent aussi que Dieu aime
comme une mère qui allaite son petit,
ou comme le père qui attend le retour de son fils.
Dieu est un père qui aime comme une mère !
L’enfant sera donc le « bien-aimé ».

C’est d’ailleurs le nom donné à Jésus
au fleuve du baptême, au Jourdain,
et sur la montagne de la transfiguration.

Qu’est-ce donc qui unit le Père et le Fils,
premier-aimé de tous les amis de Dieu ?
C’est le lien de l’amour,
comme on parle d’un lien de famille.
C’est le secret de l’amour qui a un nom :
l’Esprit, brise d’un sourire, braise d’une passion.

Quand Dieu aime, ils sont trois à aimer,
comme dans une famille de base :
le Père, le Fils et l’Esprit.

 

 Yves Maurice, Trinité 2017

Quand paix et pardon s’embrassent

Pour affronter les persécutions
les premières Communautés avaient besoin de croire
au souffle de l’Esprit
comme un violent coup de vent
et à la force du feu qui les anime
pour garder courage jusqu’au témoignage du martyre.

Aujourd’hui, pour vivre la foi au jour le jour,
il nous faut aussi écouter la brise légère
qui murmure le secret de l’Esprit.

Quand Jésus souffle sur ses disciples, au soir de Pâques,
il leur offre la paix, il leur donne le pardon.
La paix serait un rêve impossible sans le pardon.
Qui n’essaye pas de pardonner ne peut pas croire.

Le don de l’Esprit est pardon de Dieu
qui pacifie le cœur.
Il nous donne de pardonner à notre tour
pour témoigner du dynamisme de l’Esprit.

Quand paix et pardon s’embrassent,
c’est Pentecôte.

Yves Maurice, Pentecôte 2017

Consignes pour la mission.

L’Ascension, c’est plus qu’un départ, c’est un envoi.
Le chrétien est toujours en route.
C’est quelqu’un en chemin, avec des consignes :

De toutes les nations, faites des disciples,
Jésus ne donne pas à l’Eglise
la mission de coloniser le monde.
Il invite à changer la relation entre les hommes.

On ne peut pas choisir la nation de sa naissance.
Mais on peut choisir d’être disciples.
On n’est pas d’abord champenois, français ...
On est d’abord disciples de Celui qui nous dit :

Baptisez-les ...
C’est-à-dire, donnez-leur naissance.
Faites-les naître, non seulement au monde,
mais aussi à leur cœur.
Et le vrai battement de leur cœur, c’est Jésus.

Baptisez-les dans les grandes eaux de la charité.
Apprenez-leur à aimer
comme moi-même je vous ai aimés.

Yves Maurice, Ascension 2017

 

Le temps libéré

Le mois de mai
compte un certain nombre de jours de temps libéré.
Nous pouvons être « libérés »
mais, en serons-nous plus libres ?

Libres pour faire ce que nous disons
ne pas avoir le temps de faire :
lire, jardiner, bricoler, visiter,
prier, écrire, ouvrir la Bible, rendre visite ...

Notre liberté s’exerce dans les choix que nous faisons.
C’est à cette condition
que non seulement notre temps sera libéré,
mais nous aussi.

En ce mois de mai
que la tradition offre pour prier Marie
regardons-là dans sa pleine liberté,
du matin de l’Annonciation au matin de Pentecôte,
sans oublier cet après-midi passé au pied de la croix :
toujours un « oui » redit à Dieu,
précisément parce que Dieu voulait libérer l’humanité.

Yves Maurice, 6ème dimanche de Pâques 2017

Le chemin

Pour l’Evangile,
le chemin n’est pas une doctrine, c’est une personne,
c’est quelqu’un.
Quand Jésus nous dit : Viens !
il ne nous dit pas « où ».
C’est pourquoi la foi
ne peut être qu’un chemin de confiance.

Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, déclare Jésus.
L’alliance de ces 3 mots dit suffisamment
que la vérité ne peut pas être une tour où s’enfermer,
ni une citadelle à défendre.

La vérité est un chemin, c’est-à-dire un parcours,
un trajet, un passage ouvert.
Non seulement le rendez-vous de Jésus
est sur le chemin de notre vie,
mais c’est lui, Jésus, qui est notre chemin, qui est notre vie.

Même quand les jambes ne suivent plus,
les cœurs, eux, vont toujours devant.
Il n’y a pas d’âge pour marcher l’Evangile !

 Yves Maurice, 5ème dimanche de Pâques 2017

Je suis la porte !

Il y a celui qui tient la porte ouverte
pour la personne qui le suit ;
mais aussi la personne qui claque la porte
au conjoint infidèle, à la confiance trahie ...

On pourrait continuer ainsi, jusqu’aux Apôtres
qui verrouillent la porte du lieu où ils se terrent
depuis la mort de Jésus.

Combien de portes qui se ferment
par ignorance, par peur, par passion.

Le Ressuscité, lui, fait voler en éclats les portes closes :
la porte du tombeau que les disciples trouvent vide,
et avec elle les portes de l’égoïsme, de l’indifférence,
des préjugés, du racisme, de la xénophobie.

Il n’y a plus de porte dans le Royaume de Dieu
Jésus a ouvert le passage.
Il est maintenant la porte, le passeur,
le pasteur
qui ouvre l’accès au pâturage à toutes les brebis
pour qu’elles aient la vie, la vie en abondance !

Yves Maurice, 4ème dimanche de Pâques 2017

Cœurs brûlants !

Nous souffrons toutes et tous de voir chaque soir à la télé
des images de violences, d’attentats,
qu’elles viennent de loin ou de notre pays.

Nous souhaitons bien sûr que cessent les exclusions,
la mort de victimes innocentes, les conflits de toutes sortes.

Mais, la violence est aussi dans le cœur de l’homme
avant de se manifester dans ses paroles et ses actes.

Ainsi, par exemple, nous sommes violents
quand nous refusons l’autre différent,
dans ses origines, ses convictions, ses choix ...
quand nous refusons de faire une place à l’autre
parce qu’il est différent.

Nous sommes violents
lorsque nous refusons de faire le pas
qui solliciterait une réconciliation.

Les violents ne sont pas seulement ceux qui portent les armes,
mais aussi tous ceux qui endurcissent leur cœur.

Comme sur la route d’Emmaüs,
que la Parole de Jésus
rende nos cœurs tout brûlant en nous. 

Yves Maurice, 3ème dimanche de Pâques 2017

Que ça éclate !...

 

Dimanche de la tendresse de Dieu

Nos contemporains souffrent de voir des images de violence,
d’entendre des paroles de haine, d’exclusion.

Ils ont besoin que nous soyons des témoins
de conciliation, de réconciliation,
de tendresse, de pardon, de confiance.

Ne nous contentons pas de prier notre Dieu,
miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour.
Demandons-lui de lui ressembler
puisqu’il nous a créés à son image et à sa ressemblance.

Soyons donc prêts à pardonner,
à avoir un regard et une écoute bienveillants sur les autres,
à ralentir nos élans de colère,
et à être loyaux dans nos paroles et nos actes.

Etre croyant, décidément, c’est engageant !


Yves Maurice, 2ème dimanche de Pâques 2017

Que ça éclate !...

Comme éclate la joie
de ces couples qui se disent leur amour !
Comme éclate le bonheur de ces jeunes parents
qui viennent de donner la vie !
Comme éclate la santé
de cette personne enfin guérie !
Comme éclate la paix dans cette famille
après un long chemin de réconciliation !
Comme éclate la dignité
de la personne qui a retrouvé sa place dans la vie sociale !

A Pâques éclatent la Vie,
et la joie, et le bonheur, et la santé, et la paix, et la dignité !

Car, le tombeau qui était fait pour la mort,
est devenu matrice maternelle.
Il est ouvert ; il s’est vidé.
Il a accouché de l’espérance !
Il a accouché de la vie ! Il a accouché de l’amour !

Yves Maurice, Pâques 2017

Passionnés comme Toi !

Voilà, c’est fait, Seigneur !
Tu as franchi la porte, tu as pris la décision,
tu es entré dans ta semaine sainte.

Une semaine de don, une semaine de passage,
une semaine d’offrande, une semaine de vie partagée,
une semaine d’amour, une semaine de fidélité.

Aujourd’hui, c’est l’entrée en fête.
Demain ce sera le partage au seuil de la nuit.
Après, c’est l’éclatement sur la colline.
Puis, c’est le relèvement dans la vie,
la victoire sur la mort, sur toutes morts !

Elle est sainte aussi pour nous cette semaine.
Comment pourrions-nous te regarder dans ta Passion, Seigneur,
sans marcher à ta suite,
sans devenir saints à ton image,
c’est-à-dire passionnés comme Toi
pour faire vivre la terre des hommes ?


Yves Maurice, Rameaux 2017

 

Déliez-le !

Jésus dit : ‘déliez-le et laissez-le aller’ !
Le «re-suscité» ne sort pas seulement de la mort,
il en sort libre : déliez-le!
et capable de marcher sa vie :
laissez-le aller !
Il ne s’agit pas seulement de «ressusciter» les apparences :
la résurrection invente réellement une vie nouvelle.

Il est temps de « re-susciter » nos frères.
Il est urgent de les appeler à se lever,
à sortir de leurs tombeaux…
Mais cela ne suffira pas.
Il faudra encore leur ouvrir la liberté
et le goût de marcher leur vie,
à leur rythme, à leur manière.

La résurrection de Jésus n’est pas une aumône.
Ce n’est pas une pitié non plus.
C’est un nouveau matin ... la vie devant soi :
Déliez-les, et laissez-les aller !

Yves Maurice, 5ème dimanche de carême 2017

Il te suffit ...

Jésus vit sur son passage un homme aveugle ...
Jésus, il te suffit de passer,
et tu fais attention, au milieu de cette foule qui t’entoure,
à celui qui ne peut encore te voir.

Jésus, il te suffit de parler,
et tu éveilles à la confiance et à l’espérance
celui qui ne t’avait pourtant rien demandé.

Jésus, il te suffit de faire un geste,
un peu de boue,
qui rappelle la glaise
de la création de l’homme,
au matin du monde,
et celui qui était plongé dans l’obscurité de la mort
est re-créé.

Jésus, il te suffit d’accueillir celui qui était jeté dehors,
et tu révèles ta miséricorde
à celui qui était enfermé dans la nuit.

Jésus, il te suffit d’être toi,
et nous devenons ce que Dieu veut :
un peuple de lumière, un peuple de frères,
un peuple de vivants.

Yves Maurice, 4 ème dimanche de carême 2017

 

L’amour transfigure !

Il fut transfiguré devant eux
Ces mots tout simples font basculer les amis de Jésus
d’un monde de tristesse dans un monde de grande joie intérieure.

Ce moment-là, les disciples voudraient le garder, le figer.
Je vais dresser ici trois tentes.

Chacun fait l’expérience, dans sa vie,
de grands bonheurs qui le transportent au « 7ème ciel » !
Mais alors, comment les faire durer ces moments ?
On a alors envie de dire à ceux qui s’interrogent ainsi :
N’ayez pas peur ! Le bonheur, s’il est partagé,
se renouvelle et se prolonge de lui-même !

Pèlerins de la foi,
ces moments nous sont donnés, non pour nous installer,
mais pour nourrir nos convictions afin de poursuivre la route
et partager avec les autres cette découverte de l’amour de Dieu.

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour.

Parole d’amour, bien sûr.
Car, seul l’amour est transfigurant.


Yves Maurice, 2ème dimanche de carême 2017

 

Merci pour ce Carême

Merci pour ta Parole qui éclaire nos choix
afin de nous décider librement pour l’Evangile.
L’homme ne vit pas seulement de pain ...

Merci pour ton visage qui transparaît dans la banalité des jours.
Notre foi est alors éveillée pour accueillir ta présence.
Son visage devint brillant comme le soleil.

Merci pour ta Vie qui, pareille à une source jaillissante
coule en tous ceux qui te cherche en esprit et vérité.
Donne-moi à boire !

Merci pour ta lumière qui perce nos ténèbres
afin de nous révéler la grandeur de ton amour.
Je suis la lumière du monde !

Merci pour ton Fils qui fait traverser la mort
tous ceux qui croient en lui.
Je suis la résurrection et la vie.

Merci, Seigneur, pour ce temps de Carême.

Yves Maurice, 1er dimanche de carême 2017

 

 

 

Je ne t’oublierai pas !
dit Dieu.
Cela ne veut pas dire qu’il fait tout à ma place,
mais il m’assure de sa présence, de son accompagnement,
toujours, jusque dans la difficulté.

C’est l’essentiel pour nous : la confiance absolue en Dieu !
Alors que généralement
nous faisons plus confiance aux performances de nos ordinateurs,
à notre compte en banque ...
plus qu’à la générosité, la miséricorde de Dieu...

De cette confiance découle tout le reste :
le calme dans les épreuves inévitables,
le détachement de besoins matériels superflus ...
puisque je sais que je ne serai pas abandonné !

Je ne t’oublierai pas !
Y compris au moment de ta mort, nous dit Dieu.
Croyez-vous qu’il va nous laisser tomber
surtout à ce moment-là ? Non, non et non !

Je ne t’oublierai pas !
Tout est dit dans cette parole,
même l’assurance de notre résurrection !

 Yves Maurice, 26 février 2017

 

Toujours !... Jamais !...

Quelqu’un disait : quand on vit en couple,
c’est 7 fois par jour qu’il faut pardonner ...
A cause des chaussettes sales qui trainent,
de la vaisselle non rangée, de la cuisine trop salée,
du programme télé non remis à sa place, d’une course oubliée ...

Et si, pour prévenir ces pardons,
on mettait au cœur de nos relations la communication ?
La communication,
ce n’est pas d’abord le portable, les texto, les SMS ...
C’est la communication pour la communion des cœurs.
Parler pour se donner à l’autre.
Ecouter pour se recevoir de l’autre.
A ce niveau-là, on est toute sa vie en apprentissage.

Pour cela, essayons de bannir en certaines circonstances
les mots « toujours » et « jamais ».
Tu ne fais jamais la vaisselle.
Tu ne viens jamais avec moi faire les courses.
Tu es toujours en retard.
Avec toi, c’est toujours la même chose !....

Ce qui fait la différence dans la chanson
ce sont les mots, bien sûr,
mais aussi l’air sur lesquels on les dit.


Yves Maurice, 19 février 2017

 

Loi et liberté

Les lois civiles et les lois religieuses sont précieuses
pour donner une colonne vertébrale à l’homme.
Mais les commandements, même de Dieu,
deviennent un carcan,
si elles ne placent pas l’Homme en leur cœur.

Jésus n’est pas venu abolir, mais accomplir,
c’est-à-dire en mettant en avant l’esprit avant la lettre,
ou plus exactement, l’esprit au cœur de la lettre.

Le littéralisme des fondamentalistes de toutes les religions
d’hier et d’aujourd’hui,
et le légalisme des moralisateurs
qui se donnent bonne conscience par leur pratique,
tout en jugeant les autres,
sont des caricatures de la foi.

Aux yeux de la foi,
chaque visage
est plus qu’un commandement, plus qu’une loi,
c’est le visage même de Dieu.

Yves Maurice, 12 février 2017

 

SVP, passez-moi le sel !

Faites donc manger du beurre sans sel à des gens de l’Ouest.
Ils vous diront : cela n’a pas de goût !
Avant les congélateurs, comment conservait-on le lard ou la sardine,
sinon dans le sel ?

Vous êtes le sel de la terre.
Etre dans le monde le sel qui donne du goût, et qui conserve,
voilà une des missions que le Christ confie à ses disciples :
dans un monde souvent froid,
mettre la chaleur et la saveur de l’amour qui dure …
A quoi servirions-nous, si nous étions sans saveur,
témoins anémiés d’un Evangile fadasse ?

Le Christ veut des disciples debout, chaleureux, généreux,
rayonnants d’une joie et d’un amour venu d’en haut.

Le phare guide sûrement les bateaux, à condition d’être allumé,
et la moindre chandelle est un repère pour les lointains de la nuit,
à condition de n’être pas rangée dans une pièce aveugle.

Vous êtes la lumière du monde, dit le Christ à ses amis.
Si le monde broie du noir et se perd à la recherche d’un but,
allumez pour lui, par votre vie, la petite flamme de l’espérance.

Soudain, le sel et la lumière ne relèvent plus des tâches ménagères,
 mais du cœur !... pour vivre !

 Yves Maurice, 5 février 2017

 

Heureux ... Heureux ... Heureux !...

Cette liste est bien plus qu’une promesse de bonheur,
elle est un appel au bonheur.
Et c’est à nous tous que Jésus vient aujourd’hui lancer cet appel
en grimpant dans la montagne, là-haut,
assez haut pour que même le plus petit, le plus rejeté d’entre nous
puisse le voir, l’entendre … et se sentir concerné.

Il nous dit :
Heureux les pauvres … pas les fauchés,
mais ceux dont le cœur est libre !..
Heureux ceux qui pleurent
pas ceux qui pleurnichent, mais ceux qui crient !..
Heureux les doux … pas les mous,
mais les patients et les tolérants !..
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice …
pas ceux qui braillent, mais ceux qui luttent ! ..

Cette compréhension a le mérite
de nous dégager d’une certaine attitude passive
qui consisterait à attendre une récompense promise,
les mains jointes.
D’ailleurs, la première lecture de ce jour nous dit :
CHERCHEZ vous tous, les humbles du pays.

 Yves Maurice, 29 janvier 2017

Construire l’unité

Vous aussi, comme des pierres vivantes,
entrez dans la construction de la demeure spirituelle (1 P. 2, 5)

Ton Eglise, Seigneur, ressemble un peu à une maison.
Pour son édification, depuis des siècles
les catholiques apportent des pierres
pour la consolider et l’entretenir, lui donner de l’élan.

Une autre Eglise chrétienne, les Réformés
viennent retirer ces pierres pour placer les leurs,
persuadés, eux aussi,
qu’ils ont les meilleurs matériaux..

De même, l’Eglise chrétienne Orthodoxe.

Insensés !
Ce ne sont pas seulement les pierres
qui font tenir la demeure,
c’est aussi le ciment qui les unit.
Ce ciment,
c’est l’écoute, l’accueil, le respect de l’autre,
c’est l’amour.

Tous ensembles, vous êtes les pierres vivantes ...

Yves Maurice, 21 janvier 2017
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 

« A vous la grâce et la paix » (1 Co. 1, 3)

Le premier janvier, nous avons prié pour la paix.
Ces prochains jours, nous allons prier
pour l’unité avec tous nos frères chrétiens.

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale du migrant et du réfugié
pour laquelle le pape François a choisi
comme thème de réflexion et de prière :
« Mineurs migrants, vulnérables et sans voix ».

Nous ne pouvons que souhaiter
cette unité et cette paix entre tous les habitants de notre terre.
Seulement un vœu ?

Il est des paroles, des jugements et des gestes
qui accueillent et rassemblent.
Cela porte un nom : « réconciliation » !

Il est des mains tendues, des regards bienveillants,
des écoutes attentives et respectueuses.
Cela porte un nom : « pardon » !

L’unité et la paix,
on peut les souhaiter.
La réconciliation et le pardon,
on doit concrètement le décider.

Yves Maurice, 15 janvier 2017

L’étoile

Ni le pouvoir, fut-ce celui d’un roi,
ni le savoir religieux,
fut-ce celui des grands prêtres et des scribes,
ne peuvent « donner » la foi
nous dit l’étoile qui disparaît au-dessus de Jérusalem !

L’étoile est l’image de la foi :
un don que Dieu nous fait.
Elle est comme un signe dans la nuit,
le signe d’un Dieu
qui n’abandonne pas les hommes dans leurs ténèbres,
mais se plaît à les rassurer en leur rappelant sa fidélité.

Les mages, nous dit l’évangile,
se réjouirent d’une très grande joie …
Peut-être est-ce pour nous une invitation à considérer,
avec émerveillement,
toutes les étoiles qui ont guidé notre route vers le Christ ?
Combien y en a-t-il eu de ces événements,
de ces rencontres, de ces paroles
qui ont été comme des étoiles
à certaines périodes difficiles de notre vie !

Cette étoile, ne la gardons pas pour nous.
Partageons-la.


Yves Maurice, Epiphanie 2017

Don de la paix

La lecture du livre des Nombres de ce premier jour de l’An
nous présente la formule de bénédiction
utilisée dans l’Ancien Testament par le grand prêtre Aaron :
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage ...
Qu’il t’apporte la paix.

C’est beaucoup à travers son visage
qu’une personne révèle qui elle est.
C’est pourquoi tous les grands prophètes
et les grands mystiques
ont désiré voir la face de Dieu.
De Moïse il est dit que Dieu lui parlait
face à face comme à un ami.

Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage.
Le souhait est que celle ou celui
sur qui est prononcée cette bénédiction
soit enveloppé par la lumière qui jaillit de la face de Dieu.

Que la Mère de Dieu et notre mère,
obtienne que ses enfants sachent davantage
découvrir, construire et respecter
le don de la paix en 2017.

Yves Maurice, 1er janvier 2017

 

Mon Dieu,
le voilà donc ton visage !
C’est donc toi ce nouveau-né ?
Tu ressembles à tous les nouveau-nés,
je ne vois pas la différence.

C’est quand même étrange la vie !
Avant, c’était moi qui avais peur de Toi ;
Je me sentais toujours pris en faute.
Et maintenant, c’est Toi, ce petit enfant,
qu’il ne faut pas effrayer.

Mon Dieu,
je te prenais pour le père Fouettard,
Tu es un petit enfant.
Là sur la paille, dans cette nuit d’hiver,
j’ai perdu la peur. J’ai trouvé l’amour.


Yves Maurice, Noël 2016

 

 

Merci, Joseph !

La conception virginale, l’incarnation, la résurrection,
la présence divine sous les apparences du pain et du vin,
autant de concepts appelés “vérités de la foi ”
qui interrogent le croyant
cherchant à leur donner de la crédibilité.
“Ai-je fait le bon choix ? ”

C’est sûrement aussi la question de Joseph
dont pourtant aucun Evangile
ne nous rapporte une seule parole de lui.
Avec Marie, ai-je fait le bon choix ?
Cependant, sans tout comprendre sur le moment,
Joseph prit chez lui son épouse.

Merci, Joseph de nous faire comprendre
que la foi n’est pas de l’ordre expérimental,
fruit de notre capacité rationnelle.
Saint Augustin, pensait-il à Joseph quand il écrivait ceci :
Qu’y a-t-il d’étrange à ce que tu ne comprennes pas ?
Si tu comprends, ce n’est pas Dieu !
Crois et tu comprendras ;
la foi précède, l’intelligence suit.

Yves Maurice, 3ème dimanche de l'Avent 2016

 

Fragilité humaine ... et puissance de l’amour !

Il n’est pas facile d’admettre ses torts, ses erreurs.
Pourtant, ce serait reconnaître,
tout simplement, sa condition humaine.
Et alors, quel honneur !

Des parents ne se déshonorent pas
en reconnaissant devant leurs enfants qu’ils se sont trompés.
Au contraire, ils s’honorent !

Des enfants ne s’abaissent pas
en reconnaissant devant leurs parents leurs fautes.
Au contraire, ils se grandissent !

L’Eglise ne se rabaisse pas en reconnaissant ses erreurs du passé.
Au contraire, elle s’élève !

Des chrétiens ne s’attristent pas
en reconnaissant leur péché.
Au contraire, ils donnent à Dieu la joie de leur pardonner !

Si nous laissons Dieu manifester sa puissance
en nous accordant son pardon,
alors, notre fragilité se changera en force.
De fragiles, nous deviendrons forts, forts d’être aimés.

Sacrement du Pardon
Mercredi 14 décembre
Troyes, église Saint Nicolas, bd Victor Hugo, de 7h00 à 21h00

Yves Maurice, 3ème dimanche de l'Avent 2016

 

Changer la vie !

Réhabiliter, réaménager, se refaire une santé, se recycler ...
autant de mots qui expriment la nécessité constante
de changer, de restaurer la vie qui se dégrade.

La question est de savoir si nous avons aujourd’hui
des personnes qui « décoiffent »,
comme le faisait en son temps Jean, le baptiseur,
avec vigueur, sans mettre de gants, pour changer, sauver la vie ?

N’y a-t-il pas encore aujourd’hui des prophètes
qui se battent pour la cause de la paix,
pour les droits de l’homme,
qui luttent contre les myopathies, les mucoviscidoses, le VIH ..
Il y a aussi des appels au changement
qu’expriment certaines associations.
Elles attirent notre attention
sur des situations d’injustice, de violence, ou de détresse humaine.

Non, nous ne manquons pas de prophètes aujourd’hui.
Ils nous éveillent au changement. Convertissez-vous.
Par eux, la Parole de Dieu continue à nous atteindre.
Par eux, la Parole de Dieu peut nous retourner = nous convertir,
changer notre vie.

Et ça, c’est une Bonne Nouvelle !

Yves Maurice, 2ème dimanche de l'Avent 2016

 

Veillez !

C’est le maitre mot de l’Evangile de ce jour.
Veiller jusqu’à la venue du Fils de l’homme !
Jusqu’à quand ?
L’Evangile ne nous le dit pas.
Il ne donne pas davantage d’éléments
qui permettraient des calculs ou des pronostics.
Pas d’horoscopes, de cartomanciennes.
Ce sera l’inattendu !

Ce qui est sûr,
c’est que l’avènement du Fils de l’homme
ne va pas arriver dans un lieu saint,
balisé par une théologie, accompagné d’une procession.
Dieu sera toujours l’inattendu !

C’est comme avant le Déluge :
On mangeait et on buvait,
on prenait femme et on prenait mari.
C’était la vie de tous les jours.

Dieu vient vivre notre vie de tous les jours.
Une telle venue est tellement inattendue
que nous devons nous tenir prêts.
Veillez !

Yves Maurice, 1er dimanche de l'Avent 2016

 

Aujourd’hui

Saint Luc fait souvent retentir le mot « aujourd’hui »
pour annoncer que le Salut est arrivé dans notre maison.

Déjà, à Noël, aux bergers.
Aussi dans la synagogue de Nazareth.
Encore, quand il s’invite chez Zachée.
Et ce dimanche, pour l’un des deux malfaiteurs.

Sur la colline du Golgotha, les chefs ricanent ...
les soldats se moquent ... un malfaiteur injurie.
Jusqu’au bout, Jésus rencontrera l’opposition, l’incompréhension.
Son message était si dérangeant,
son témoignage si déroutant, son visage si défiguré.
Il faut que ce soit un malfaiteur qui reconnaisse en lui
le Roi d’un Royaume autre
où la seule défense est celle de l’amour,
où la seule force est la miséricorde.
Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.

Celui qui a été malfaiteur sur terre
devient bienfaiteur dans le Royaume.
C’est cela l’aujourd’hui du Salut.

Ça s’est passé sur la colline du Golgotha,
un certain vendredi qui continue dans notre histoire.

Yves Maurice, Christ-Roi 2016

 

La vie ... et après ?

Les Sadducéens que nous présentent Luc
ne croient pas plus à la vie éternelle
qu’ils n’accordent d’intérêt à la vie terrestre.
La seule chose qui les passionne, ce sont les « cas » !
juridiques, moraux ou religieux.

Mais, après ?
Y a-t-il quelque chose au-delà de la mort physique ?
La vie au-delà de la vie,
est-ce un leurre, une illusion rassurante ?

La réponse de Jésus est, au sens fort,
dé-routante.
Elle nous fait quitter la route du quotidien terrestre
pour nous faire exister autrement,
dans un “ailleurs”
où l’espace et le temps ne peuvent plus exercer leurs contraintes ...
comme Jésus, le vivant ... re-suscité !

La réponse de Jésus est un appel
à la foi au Dieu de la vie :
Dieu n’est pas le Dieu des morts,
mais des vivants.

Yves Maurice, 6 novembre 2016

Passage !

Pour parler des morts
nous avons plusieurs mots à notre disposition.
Retenons-en deux.

Ainsi, on parle des « défunts ».
Du latin de-functus : se démettre de sa fonction.
On ne disparait pas à tout jamais dans le néant.
On se démet seulement de ses activités de la terre.

On disait aussi (c’est plus rare aujourd’hui) les « trépassés »,
du verbe trépasser, faire le pas,
marcher en avant, dépasser en faisant un pas,
passer de cette vie terrestre à la Vie avec Dieu.
Faire le pas !

La vie terrestre n’est qu’un passage.
La mort est une pâque.
Ce mot signifie justement « passage ».
Cela, nous le savons
depuis que Jésus est passé de la mort à la vie.
Et il nous emporte avec lui dans ce passage.

C’est justement ce que nous célébrons aujourd’hui,
toutes celles et tous ceux, des pécheurs pardonnés,
qui sont passés dans la vie en Dieu.
Notre a-venir.

Yves Maurice, Toussaint 2016

 

Celui qui a tout ?...

Lorsqu’on est invité à une fête ou un anniversaire, casse-tête :
Que pourrait-on offrir comme cadeau à quelqu’un qui a tout ?

C’est le cas du pharisien de la parabole, et c’est son drame.
Il est sans doute très bien. Du moins, il le dit !
Et personne ne peut rien lui donner, pas même Dieu !

Les publicains, chargés de collecter les taxes pour l’occupant,
n’avaient pas bonne réputation, étant peu scrupuleux.
Or, c’est pourtant l’un deux que Jésus déclare juste.

Ce ne sont pas les “bonnes pratiques” du pharisien qui sont en cause,
mais sa suffisance.
Dieu ne lui refuse rien.
Mais lui se trouve comblé par lui-même.

Le publicain n’est pas un modèle, loin de là !
Mais il n’est pas enfermé dans son péché.
Acceptant la lumière de Dieu, il appelle, et Dieu répond.

Nous qui nous rassemblons le dimanche pour l’action de grâce,
cela ne nous donne pas de droit sur Dieu.
Nous ne sommes ni pires, ni meilleurs que les autres.
Seulement,nous croyons à la miséricorde du Père.

Yves Maurice, 23 octobre 2016

Savoir demander

Quand un enfant veut quelque chose,
il apprend vite la persévérance pour parvenir à ses fins
Ni les promesses, ni les menaces,
ne le détournent de ses : “Je veux !..”
L’expérience lui a appris que,
pour avoir la paix, ses parents finiront par céder.

Crier vers Dieu
sa souffrance, ses besoins, ses désirs ...
c’est la prière confiante d’un enfant vers son Père.
C’est célébrer
la bonté et la puissance d’amour miséricordieux de Dieu.

Encore faut-il avoir quelque chose “de vrai” à demander
et savoir à qui s’adresser !
Gavés de biens matériels, forts de notre suffisance,
nous n’avons parfois plus faim de la présence de Dieu,
pour nous et pour les autres.

En ce dimanche de prière pour la mission universelle,
nous devrions répéter sans cesse les demandes du “Notre Père”.
“Que ton Nom soit sanctifié,
que ton règne de miséricorde vienne ...”

Yves Maurice, 16 octobre 2016

 

Dieu, merci !

Apprendre à dire merci,
c’est souvent un des premiers signes d’éducation
que les parents veulent donner à leurs tout-petits.
Pourtant, dans nos relations, le “merci” ne va pas de soi.
Alors, que dire de nos relations avec Dieu !

Nous savons bien mettre Dieu à contribution
pour qu’il nous aide à résoudre les difficultés de la vie.
Mais, il nous semble moins naturel de savoir lui dire “merci” !
Un bienfait est si vite oublié !

Dix lépreux sont guéris.
Un seul, un étranger, vient exprimer son “merci” !

Peut-être sommes-nous trop habitués aux dons reçus,
au point de ne plus les voir comme des “dons”.

Pourtant, tout peut être occasion de louange et d’action de grâce :
la vie reçue, l’amitié partagée, et les joies quotidiennes,
la couleur, le parfum d’une fleur, la beauté d’un paysage ...
et, plus que tout, la certitude d’être les enfants bien-aimés
d’un Père ... unique !

Que notre vie soit louange et merci.
Et Dieu nous délivrera de toute lèpre, de l’égoïsme, du péché.
Et notre monde sera “terre solidaire”.

Yves Maurice, 9 octobre 2016

 

Foi … Confiance !

Seigneur, augmente en nous la foi !


Quand nous disons « Amen » à la fin des prières,
cela signifie :
c’est du solide ! Je peux dire ‘oui’ !

Imaginons un papa qui joue avec son enfant de 3 ans.
Il le met sur un mur de 2 mètres de haut,
et lui dit, les bras levés : Saute Camille !
L’enfant n’hésite pas une seconde, et saute dans les bras de son papa.
Le papa le récupère dans un grand éclat de rire.
L’enfant s’écrie : encore ! encore !
Si le papa ne se fatiguait pas
cela durerait tout l’après-midi.
Mettez maintenant le même Camille à 9 ans sur le mur.
Il va dire à son papa :
T’es sûr d’être assez costaud pour me rattraper ?
A 13 ans : T’es sûr que c’est drôle ?
Le même à 16 ans : Non, mais, tu m’as bien regardé ?...

Quel âge a notre confiance en Dieu ?
                                                                                                           Yves Maurice, 2 octobre 2016

 

A la baguette !

Jésus raconte cette parabole :
Un homme riche (…) faisait chaque jour des repas somptueux
Et portait des vêtements de luxe.
Devant son portail gisait un pauvre, nommé Lazare …
Devant son portail !... et l’homme riche ne l’a pas vu !
C’est seulement dans le séjour des morts que l’homme riche
vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.

N’est-ce pas un peu tard pour enfin voir Lazare,
alors que chaque jour il était à son portail, à 2 mètres de lui ?

Cette parabole me fait penser à ce conte chinois
que l’on trouve dans certains livres de caté :

Un jour, un mandarin mourut. Il arriva d’abord en enfer.
Il y vit beaucoup de personnes attablées devant des plats de riz.
Mais tous mouraient de faim,
car ils avaient des baguettes longues de 2 mètres.
Ils ne pouvaient donc pas s’en servir pour se nourrir.
Puis, il alla au ciel.
Là aussi, beaucoup de personnes devant des plats de riz.
Eux aussi avaient des baguettes longues de 2 mètres.
Mais ils se portaient bien, et ils étaient heureux
parce que chacun se servait de ses baguettes
pour nourrir la personne qui était en face de lui !

Yves Maurice, 25 septembre 2016

La vie … ou la bourse ?

A travers cette histoire du « gérant malhonnête »
Luc veut nous faire comprendre que, dans la foi,
l’essentiel tient en une seule question :
Qu’est-ce qui reste quand on a tout perdu ?

La pub envahit journaux, radios, télés ... pour conjuguer 2 verbes :
d’abord le verbe « avoir » :
avoir des biens, avoir de l’argent, avoir du pouvoir... et ça reste ?
et le verbe « paraître » :
paraître le meilleur, le plus fort, le plus beau ... et ça reste ?

La foi, elle n’a qu’un verbe à conjuguer :le verbe « être ».
Jésus nous dit d’abord que la foi, ce n’est pas comme l’argent.
Ce n’est pas quelque chose que l’on a, ou que l’on n’a pas,
que l’on gagne ou que l’on perd …
Croire, c’est être, c’est exister, c’est vivre.

Jésus vous dit aussi que ce que nous « avons », ce que nous possédons,
même si nous avons peu, doit nous servir à « être ».
Jésus nous dit encore que la richesse de Dieu
n’est pas comme celle des hommes ; ce n’est pas une propriété privée …
Dieu ne peut pas être cambriolé … puisque sa richesse est d’aimer…
et que tout homme a droit à cette richesse,
pour peu qu’il choisisse la vie plutôt que la bourse.


Yves Maurice, 18 septembre 2016

 

Avis de recherche !

Perdu … Retrouvé …
Voilà ce qui ponctue les 3 paraboles de ce jour,
avec ce message :
Dieu ne nous laisse pas tomber si nous sommes égarés.
Même, il nous cherche si nous avons perdu le contact avec lui.

Lorsqu’un jeune enfant s’échappe brusquement de ses parents
pour traverser la rue, deux réactions au moins sont possibles :
c’est soit la fessée qui se veut éducatrice,
soit le gros câlin pour se réjouir d’avoir échappé à l’accident.
L’enfant sauvé n’est-il pas plus important que l’erreur commise ?

Chacun de nous est appelé à faire tout ce qu’il peut
pour retrouver celui qui se perd.
Et il y a bien des manières de se perdre :
le découragement, la drogue, la rupture familiale …

Quand une personne, une famille, une Communauté
met sa priorité sur celui qui se perd
plutôt que de privilégier le « gros du troupeau »,
cette page d’Evangile continue d’être vécue.
Et la joie qui ponctue ces 3 paraboles,
éclate encore dans notre aujourd’hui.


Yves Maurice, 11 septembre 2016

Lâcher les valises !

Celui d’entre vous qui ne renonce pas
à tout ce qui lui appartient
ne peut pas être mon disciple !

Jésus propose à ses auditeurs d’être plus que des disciples ordinaires.
Il les invite à passer avec lui plus qu’une banale alliance.
Il les convie à une communion,
une commune-union.
Et celle-ci n’est de l’ordre ni de l’argent, ni des biens matériels.

On entre en communion avec l’autre
non par ce que l’on a, mais par ce que l’on est.
Il n’est de proximité réellement « unifiante »
qu’entre le “je” et le “tu”,
tous deux dépouillés de tout avoir extérieur.
C’est par leur intériorité
que les personnes s’unissent le plus fortement.

Quand des couples, des parents, ou des amis se retrouvent
sur le quai d’une gare,
ils lâchent valises et paquets pour s’embrasser.

Je lâche quoi
pour embrasser Celui en qui je crois ?

Yves Maurice, 4 septembre 2016

Abaissé ?... Elevé ?

Jésus part du jeu tragi-comique des
“pousse-toi de là que je m’y mette”
de ceux qui cherchent les meilleures places au cours d’un repas.
Et il prône une attitude plus humble.
Comprenons bien qu’il ne nous demande pas de nous écraser
alors qu’au contraire, il nous demande de faire fructifier nos talents.
Non. Mais, il y a la manière.
Une manière qui ne blesse pas l’autre, qui ne l’humilie pas.
Une manière qui le respecte ...
Plus, même ... une manière qui le valorise.

Le « m’as-tu vu » ne voit que lui, et il réduit l’autre à sa mesure.
Quel est le drame de l’orgueilleux ?
C’est l’enfermement sur lui-même.
Et dans “enfermement”, il y a “enfer” !

Un rabbin faisait faire à un disciple cette expérience.
Il lui donnait un morceau de verre et lui demandait :
Que vois-tu ? Vous, et les autres, répond le disciple.
Et maintenant, lui dit le rabbin,
enduis un côté du verre avec de l’argent. Maintenant, que vois-tu ?
Moi, rien que moi, répondit le disciple.
Eh bien, voilà ce que produit l’argent. Voilà ce que produit l’orgueil !

Yves Maurice, 28 août 2016

COMBIEN ?... Fausse question !

N’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ?
Réponse de Dieu au prophète Esaïe :
Je viens rassembler toutes les nations, de toute langue.

Puissions-nous élargir l’espace de nos tentes et de nos vies.
Puissions-nous cueillir, accueillir et recueillir, au-delà de toute frontière
les personnes et les événements qui surviennent sur nos chemins.
Puissions-nous chanter avec ceux qui rient,
pleurer avec ceux qui souffrent, agir avec ceux qui transforment,
marcher avec ceux qui se lèvent !...

Trop souvent, nous avons la tentation de réduire nos vies,
la tentation de nous tapir dans le recoin étroit de notre tranquillité …

Dieu, nous te le demandons : chaque jour, élargis-nous,
pour que vieillir ne soit ni s’endurcir, ni s’endormir,
mais sans cesse mûrir
avec la pluie et le soleil, avec la fleur et le fruit.
Plante-nous comme du blé nourrissant
qui pousse malgré l’ivraie, les orties ou les pierres.

Alors, d’où que nous soyons,
du nord ou du midi, de l’est ou de l’ouest,
c’est l’amour vrai, sans supputation de calcul,
qui nous donnera de passer la Porte étroite vers la vie réussie.

 Yves Maurice, 21 août 2016

La bourse ou la vie !

C’est le langage des gangsters.
C’est aussi celui des textes de ce dimanche
qui mettent l’homme en face d’un choix
dans la façon même de gérer ses biens, ses talents
tout son avoir, et tout son savoir.

Entasser…Rapporter … MA récolte, MON blé, MON grenier …
Allons ! Tu es fou, dit Dieu.
Contrairement aux apparences, il s’agit ici d’une parole d’amour.
A travers ces textes, on sent chez Dieu,
non pas des menaces, des condamnations,
mais comme une immense tristesse, une immense déception
de nous voir ainsi abîmés par les biens de la terre
qui devraient, au contraire,
être utilisés pour servir, partager, aimer,
et faire de nous des « riches en Dieu ».

Quelle actualité dans cette Parole de Dieu !
N’est-elle pas un grand appel à la solidarité,
lancé à tous ceux qui coupent les biens de la terre
de leur sens, de leur finalité ?
Car ce riche de la parabole semble ignorer
que les vrais greniers de ses récoltes sont, au fond,
les ventres affamés de ses frères humains.

Réussir dans la vie … ou réussir sa vie ?

Yves Maurice, 31 juillet 2016

 

Prière-parapluie

- Ferme ton parapluie !
La prière n’est pas un parapluie
qui te protègerait de ce que vit le commun des mortels.
- J’avais peur de me mouiller, Seigneur.
Je me croyais à l’abri sous ma prière-parapluie !
J’avais cru que toi aussi tu te tenais sous le parapluie,
Toi, le maître de l’Esprit.
Un p’tit coin d’parapluie … Un p’tit coin d’paradis,
c’était ma chance …

Ma chance ? J’ai ouvert les yeux.
Personne sous le parapluie, personne sauf moi,
un homme sec,
main crispée sur le manche de sa prière-parapluie.

Viens, Maître du vent et de l’Esprit.
Emporte au loin mon ridicule parapluie
et sa prière-parapluie.

Toi, le Dieu des sans-parapluies, pousse-moi dehors, dans le vent.
Mouille-moi, Seigneur !
Mais, en même temps, donne-moi la joie et la force
de ceux que tu trempes de l’Esprit …
cet Esprit qui nous fait dire : Notre Père …

Yves Maurice, 24 juillet 2016

 

 

L’urgent … ou l’essentiel ?

Marthe, Marthe !...

Un jour, un professeur fit faire l’expérience suivante à ses élèves.
Il avait amené un seau,
et dit à ses élèves de le remplir de grosses pierres.
- Est-il rempli ? -Oui, répondent les élèves.
- Apportez du gravier. Mettez-le dans le seau.
Est-il rempli ? - Oui.
- Vous pouvez encore y ajouter du sable !
 Le seau est-il rempli ? - Oui, vraiment, disent les élèves.
- Non, dit le professeur,
car vous pouvez encore y ajouter de l’eau.
 
La leçon de cette expérience ?
Dans la vie,
commencez toujours par placer les choses les plus importantes,
(lesquelles pour moi ?)
les autres trouveront toujours ensuite leur place.
Si vous faites le contraire,
si vous occupez votre vie d’un tas de préoccupations diverses,
vous ne trouverez plus de place pour l’essentiel.
L’urgent remplacera l’essentiel.

une seule chose est essentielle, dit Jésus !


 Yves Maurice, 17 juillet 2016

Les principes ou les personnes ?

Le docteur de la Loi, au début, lui, il sait.
Tu as répondu correctement, lui dit Jésus.
Et, finalement, il a tout compris :
C’est celui qui a fait preuve de pitié …
Il a compris que le prochain est celui qui s’approche de son frère.

Le prêtre et le lévite de la parabole connaissent la Loi
et le double commandement de l’amour.
En passant de l’autre côté de la route,
ils respectent la Loi qui interdisait de toucher le sang
sous peine d’impureté légale,
les privant de remplir leur fonction au Temple.
Le samaritain qui, lui, ne sait peut-être pas,
mais qui fait preuve de bonté,
c’est finalement lui qui met en pratique la Loi de Dieu.

Alors, c’est le samaritain qui aura la vie,
comme le promet Jésus,
dans la mesure où il fait ce que Dieu demande,
même si, en agissant ainsi,
il ne le sait pas qu’il accomplit cette volonté de Dieu !

Le samaritain a choisi d’aimer celui dont il s’est fait proche
plutôt que d’aimer la règle.
Alors, Jésus dit au docteur de la Loi :
Va, et toi aussi, fais de même !

Yves Maurice, 10 juillet 2016
 

Mission sans tapage.

Au retour de la mission des « 72 »
Jésus commente le rapport que lui font ses disciples :
« Ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ;
mais réjouissez-vous parce que vos noms
se trouvent inscrits dans les cieux ».

Pourquoi Jésus leur dit-il cela ?
Parce que, ces esprits – entendons ici les forces du Mal –
à qui sont-ils soumis, si ce n’est à Dieu lui-même ?
Les disciples que nous sommes
ne sont que des « serviteurs quelconques ».
Le grand acteur, c’est Dieu, par son Esprit.

Les disciples agissent un peu dans le brouillard :
ils ne voient qu’une partie des résultats,
et encore, pas toujours … et pas toujours l’essentiel !
Parce que l’essentiel se passe dans le cœur de chacun.
Les apparences ne disent pas tout.
Parents, éducateurs, animateurs le savent aussi.

Il faut partir en mission discrètement, sans équipement tapageur,
puisque le seul équipement valable, c’est la Paix de Dieu
qui nous est notamment confiée à chaque eucharistie :
Allez dans la paix du Christ …
pour que nous la portions au monde.
« Dites d’abord : Paix à cette maison ».

Yves Maurice, 3 juillet 2016

Quitte …

C’est le mot clé de l’histoire du salut :
depuis l’appel lancé à Abraham, jusqu’à celui adressé aux disciples.
C’est encore le mot clé aujourd’hui, pour nous …
pour réussir nos vies, pour réussir le monde …
Quitte ton père et ta mère ... Quitte tes habitudes …
Quitte ton égoïsme, ton individualisme, ton confort.

Il n’y a pas de vie sans séparation !..
Au commencement du monde,
Dieu sépare les ténèbres de la lumière, le solide du liquide ..
et la vie apparaît !..
A la naissance, il faut couper le cordon ombilical
pour que le bébé vive !..

Elisée, avant de partir,
a fait cuire ses bœufs avec le bois de son attelage.
Façon de « brûler ses vaisseaux » pour aller de l’avant !

Quitte !...
Cet appel n’est pas réservé aux prophètes, aux missionnaires,
aux «super-militants».
Il est aussi adressé à chacun de nous.
C’est à cette liberté-là que nous sommes appelés.
St Paul nous le rappelle.
C’est vital pour le monde : rester disponible.
Ne reprenez pas les chaînes de votre ancien esclavage.
Laissez-vous conduire par l’Esprit.

Yves Maurice, 26 juin 2016

Commentateur ?... Acteur ?...

Quand je pense à l’Eglise,
je la voudrais telle qu’elle n’est pas toujours :
attirante, engageante, percutante, militante,
variée, multicolore, universelle.
Bref, j’aimerais que l’Eglise
m’offre tout ce que je ne lui donne pas assez !

Seigneur, tu la connais mieux que moi, cette Eglise,
trop petite pour ta grandeur,
et trop grande pour notre petitesse ...
une Eglise mal aimée, et du coup, mal aimante,
une Eglise qui confond la fidélité avec la répétition.

Alors, mon Dieu, fais que je cesse de critiquer l’Eglise
pour me dispenser moi-même d’y travailler.
Fais que je quitte le banc de touche des conseilleurs
pour rejoindre le rang des acteurs et des célébrants.

Car ainsi, seulement,
je m’arrêterai d’observer de loin ton Eglise,
qui est notre Eglise,
pour y vivre avec les autres.
Et déjà le 26 juin
en cette grande fête diocésaine
célébrant l’infinie miséricorde de Dieu
pour chacun de nous.

Yves Maurice, 19 juin 2016

Lève-toi !

Il y a 9 ans sortait un livre :
Le Christ philosophe, de Frédéric LENOIR.
Le Christ reconnu comme un grand maître de sagesse ?
Nous ne pouvons que nous en réjouir !
Mais pour nous, chrétiens, il est bien plus que cela.

Qu’avons-nous d’original à transmettre de notre foi en Lui ?
Un savoir vivre ? C’est vrai !
Une morale dont l’intérêt a été expérimenté et validé?
C’est vrai aussi !
Une doctrine sociale à nulle autre pareille
qui a éclairé bien des décideurs économiques
au point même que certains ont travaillé
l’encyclique du pape : La charité dans la vérité ?
C’est également vrai !

Mais l’Eglise ne nous transmet pas seulement
des civilités, une éthique, un code du travail …

Elle donne une présence,
celle de Jésus qui est passé le premier
par toutes les difficultés que nous pouvons connaître.
Et la dernière difficulté qu’il a vaincue pour nous, c’est la mort.

Voilà ce qu’il a signifié à la veuve de Naïm, pleurant son fils unique.
Voilà ce dont nous devons témoigner à ceux qui nous entourent
par notre façon de vivre : Lève-toi !


Yves Maurice, 5 juin 2016

Trinité : Je t’aime !... Je suis aimé !

Le peintre croyant Andrei ROUBLEV a essayé de donner à voir
la relation d’amour qui existe
entre le Père, le Fils et l’Esprit,
et ceci dans un échange de regards :
Lorsque le Père et le fils se regardent,
chacun garde sa personnalité, et dévoile en même temps
la personnalité de l’autre ;
et cette relation d’amour fait exister l’Esprit
qui regarde le Père et le Fils,
eux-mêmes se laissant regarder
tout en regardant l’Esprit d’amour qui fait leur unité.

Bien souvent, il suffit d’un regard pour dire plein de choses !
Il suffit d’un regard pour redonner espoir, confiance, vie !
Il suffit d’un regard pour dire : Je t’aime !
et entendre dire, en écho : Je t’aime !

La Trinité est un échange de Je t’aime !
Chacun dit Je t’aime, et il peut ajouter je suis aimé !

Mystère, non pas parce qu’incompréhensible,
mais parce que, sans cesse, méritant d’être mieux compris.

Et la Trinité, n’est pas le seul mystère.
L’humanité l’est aussi, parce que créée à l’image de Dieu,
hommes et femmes, capables de dire : Je t’aime,
et capables de se dire : Je suis aimé !

Yves Maurice, Sainte Trinité 2016

 

Son Souffle est en vous !

Amis,
qu’êtes-vous venus célébrer aujourd’hui?
Un Dieu qui regarde de haut?
Un Dieu qui établit des lois, des commandements
quasiment impossibles à observer?
Un Dieu inaccessible et lointain?

Allons donc, amis !
Celui que vous célébrez aujourd’hui
est un Dieu de proximité.
Il est au milieu de vous, en vous.
Mais vous ne le voyez peut-être pas
parce que sa discrétion
est semblable à la brise
qui caresse la surface de la mer.
Il vous est aussi intime
que le souffle de votre respiration.
Son Souffle est en vous !

C’est un Dieu d’éternel amour.
Sous forme de langues de feu
il donne à profusion tout ce qui est en Lui :
la vie, la tendresse, la miséricorde.

Et ce qu’il propage dans le cœur de chacun,
et jusqu’aux extrémités de la terre,
fait lever un grand vent
d’espérance et de création!

Yves Maurice, Pentecôte 2016

Recette pour l’unité ?

Que tous soient un …pour que le monde croie
dit Jésus, au soir du Jeudi Saint.

Etre unis comme des pommes sur un pommier ?
Mais, dans cette situation chacune est pour soi
et le soleil pour tous !

Etre unis comme les fruits dans une corbeille ?
Il y a diversité, certes, mais dans la juxtaposition !

Etre unis comme les fruits dans la compote ?
Tout est mouliné : la peau, les pépins, la chair
en un jus uniforme, plein de vitamines.
Mais chacun y a perdu son originalité !

Etre unis comme la salade de fruits ?
Chacun reste lui-même : pomme, poire, banane, raisin …
Chacun bénéficie du goût propre de l’autre.
Mais à une condition :
accepter évangéliquement d’être coupé en deux, en quatre, en dix,
selon son poids, son importance, ses compétences,
pour que ce soit l’ensemble, sans supériorité,
qui donne appétit, qui donne envie …
Pour que le monde croie !

Yves Maurice, 7ème dimanche de Pâques 2016

Le ciel, notre destinée à tous !

Célébrer aujourd’hui le mystère de l’Ascension,
c’est proclamer que « le ciel »
est la destinée de toute personne.
Chacun vivra auprès de Dieu, notre Père,
puisque Jésus retourne vers le Père
et que c’est lui qui nous ouvre le chemin.

Célébrer aujourd’hui le mystère de l’Ascension,
c’est aussi nous engager
à annoncer à tous
cette merveilleuse nouvelle du Salut :
chacun est aimé pour lui-même,
chacun est attendu dans le cœur de Dieu.

Le Christ, une fois pour toutes (cf. lettre aux Hébreux)
nous a obtenu cette promesse d’éternité bienheureuse.

Si nous y croyons vraiment,
si nous avançons avec un cœur sincère,
dans la plénitude de la foi (Hébreux),
alors, oui, vraiment,
nous ne pouvons pas rester là à regarder le ciel.
Une bonne nouvelle,
ça se partage … ça s’annonce !

Yves Maurice, Ascension 2016

Bon jour !

Quand il annonce son départ,
Jésus sent l’angoisse monter dans le cœur de ses amis.
Aussi, il leur donne … sa paix !
Non pas la paix par les armes, comme le monde le fait.
Mais la paix qui relève d’un esprit d’amour.

La paix est un souci dans les relations interpersonnelles,
dans les relations familiales, professionnelles,
et dans les relations internationales.

Dans certains pays, on se salue par un souhait de paix
qui correspond à notre bonjour.
Ainsi, Shalom pour les Juifs, et Salam pour les Arabes.

Notre bonjour est aussi un souhait
de bonheur et de bien-être.
Si nous utilisions un peu plus consciemment ce mot,
bon jour,
il favoriserait une relation meilleure, facteur de paix !

Le premier souhait du Ressuscité, présent aux siens,
c’est de leur donner la paix.
La paix, mise en œuvre, jour après jour,
devient alors signe de sa Présence.

Yves Maurice, 6ème dimanche de Pâques 2016

 

Ouverture

Pâques, c’est « l’ouverture ».
Ouverture du tombeau
qui laisse se lever la vie nouvelle.
Ouverture des cœurs qui reconnaissent le Vivant.

Ouverture à toutes les Nations
de la porte de la foi (Ac).

Ouverture du ciel qui laisse entrevoir
la Jérusalem nouvelle (Ap).

Ouverture de l’amour évangélique
à tous les hommes (Jn).

Nos assemblées dominicales,
nos communautés chrétiennes,
nos vies de voisinage, de relation,
manifestent-elles cette ouverture
désirée par le Ressuscité
pour le bonheur de tous ?

C’est à cette qualité de « vivre-ensemble »,
parfois bien difficile à chercher et à construire
que l’on reconnaîtra
que nous sommes ses disciples.
                                 

Yves Maurice, 5ème dimanche de Pâques 2016

 

Au présent !

Sous le visage du bon berger,
Jésus vient de nous faire connaitre
la déclaration d’amour de Dieu aux hommes.

Jésus n’est pas venu donner des ordres.
Il ne dit pas :
les brebis doivent écouter ma voix.
Et pas davantage :
Il faut que mes brebis me suivent.
Les : On doit … il faut que …
ne sont pas du Royaume de Dieu.

Le Royaume de Dieu est au présent
et s’adresse à des personnes libres.
Nos brebis écoutent ma voix et elles me suivent.
Et Jésus d’ajouter :
Je les connais !

Je les connais puisque
personne ne peut les arracher de la main du Père,
et que le Père et moi, nous sommes UN.

Il ne s’agit pas là de la fidélité des hommes,
mais de la fidélité de Dieu.
Une fidélité sans condition, sans limite,
dont le seul repère est l’Amour.

Yves Maurice, 4ème dimanche de Pâques 2016

« Les enfants !... »

Longue nuit de pêche … infructueuse !!
Il y a des jours où nous sommes plongés dans le noir.
Tout nous paraît pesant, difficile, impossible …

Soudain, une silhouette sur le rivage ... et une voix:
« Les enfants !.. »
Celui qui les appelle garde confiance en eux:
« Auriez-vous un peu de poisson ?.. ». Il veut avoir besoin d’eux.

Une voix, une présence, un geste… nous rejoint,
nous faisant comprendre que nous comptons pour quelqu’un!..

Non, ils n’ont rien.
C’est le vide dans la barque… et dans leur cœur ?
« Jetez le filet ... »
Il faut changer de bord, voir autrement, prendre initiative.
Et voilà le filet plein à craquer.
L’aube envahit l’horizon. La lumière apaise les inquiets.

Repartir !... Recommencer !
L’oiseau fait son nid sans songer à l’automne.
La vie est espérance et recommencement.

Près du feu de braise, sur la rive de nos vies, il y a toujours Quelqu’un,
prêt à partager le poisson et le pain,
prêt à nous poser – sans jamais désespérer –
la seule question qui vaille : « M’aimes-tu ? »
M’aimes-tu, moi, en aimant l’autre ?

 Yves Maurice, 3ème dimanche de Pâques 2016

 

C’est de la nuit que naît le jour

Toute la tristesse est là.
Chaque mot vient rajouter un peu plus au malheur :
c’est la mort de Jésus.
Et la peur a verrouillé les portes.

Vous avez sûrement vécu ces jours où rien ne va plus.
Certains se retrouvent actuellement en ces situations :
des épreuves de toutes sortes
qui font tomber sur nous la nuit de la peur :
échecs, solitude, maladie, deuil…
Il n’y a plus rien à attendre... Il n’y a que les larmes et le désespoir.

Et pourtant, merveilleuse chanson d’espérance
que cette page d’Evangile !
C’est quand nous avons fermé la porte à Jésus, aux autres,
que Jésus entre et se tient là.
C’est au moment où l’on doute le plus de lui que Jésus arrive.
C’est de la nuit que naît le jour.
C’est dans l’hiver que le printemps commence..
C’est quand il n’y a plus d’espoir que l’espérance se lève.

Les verrous sont tirés ... la porte est hermétiquement close.
Et pourtant, Jésus est là. Il n’est pas en dehors de nous.
Il est en nous !
Et il se présente : La paix soit avec vous !
Jésus n’est ni accusation, ni reproche, ni condamnation
à l’égard de ceux qui l’ont pourtant trahi, abandonné.
Il est la Paix : La paix soit avec vous.
Et il nous demande, aujourd’hui, d’en être les artisans.

Yves Maurice, 2ème dimanche de Pâques 2016

Le prix de la passion

Les Evangiles de ce jour
évoquent le triomphe populaire de Jésus
qui précède de peu son procès et sa mort.
Acclamé comme un roi, puis rejeté comme un malfaiteur,
Jésus n’échappe pas
aux forces de vie et de mort qui habitent toute société.

La liberté, la justice, le respect de l’homme, coûte que coûte !
Ces valeurs, qui passionnent tant de femmes et d’hommes,,
peuvent conduire au procès.
Il arrive même que la mort soit le prix de cette passion.
La passion !
L’autre nom de l’amour,est aussi, parfois, l’autre nom de la mort.

Partout, aujourd’hui, des femmes, des hommes, des groupes
souffrent et meurent,
passionnés de liberté, de justice, de respect de l’homme,
de tout homme.
Ils vivent dans leur chair la même passion que Jésus.
Ils risquent de se perdre
pour une cause plus grande que leur propre vie.

Et, malgré les apparences,
c’est une Bonne Nouvelle.

Yves Maurice, Rameaux 2016

 

Gravé dans la pierre

Aux scribes et aux pharisiens qui présentent à Jésus
une femme surprise en flagrant délit d’adultère
et qui mérite, de ce fait, la lapidation selon la loi de Moïse,
Jésus se met à écrire sur la terre, et déclare :
Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter la pierre.

Pierre et Jean, amis de toujours, marchent dans le désert.
Pour un peu d’eau, ils se disputent,
et Pierre frappe Jean.
Jean, sans rien dire, écrit sur le sable :
« Aujourd’hui mon meilleur ami m’a frappé».

Ils continuent à marcher,
puis trouvent une oasis dans laquelle ils décident de se baigner.
Mais Jean manque de se noyer et Pierre le sauve.
Quand il reprend tous ses esprits, Jean grave sur la pierre:
« Aujourd’hui,mon meilleur ami m’a sauvé la vie».

Pierre lui demande alors :
«Quand je t’ai frappé, tu as écrit sur le sable,
et maintenant, tu as gravé sur la pierre. Pourquoi ? »
Jean lui répond :
«Si quelqu’un te blesse, écris sur le sable.
Les vents du pardon et de la miséricorde peuvent alors l’effacer.
Mais si quelqu’un fait quelque chose de bon pour toi,
grave-le sur la pierre,et aucun vent ne pourra l’effacer».

Yves Maurice, 5ème dimanche de Carême 2016

 

 

Théologie enfantine de la réconciliation.

Laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Démarche pas aussi facile que ne le laisse supposer St Paul.
Pour nous aider à vivre ce sacrement de la miséricorde de Dieu,
laissons-nous guider par les erreurs de vocabulaire d’enfants,
eux aussi, parfois guidés par l’Esprit Saint.

Des parents racontent à leur enfant l’histoire de Zachée,
petit en taille, mais grand en malhonnêteté.
Le lendemain, les parents s’assurent de ce que l’enfant a retenu.
- Et alors, qu’a fait Zachée après l’invitation de Jésus?
- Eh bien, il a grandi !
Vivre le sacrement du pardon, c’est grandir, en effet !

Avant de recevoir l’absolution,
nous sommes parfois invités à dire l’acte de contrition.
Moi, dit un autre enfant, quand je me confesse
je dis mon acte de construction !
Reconnaître son péché, son manque d’amour,
c’est, en effet, se laisser construire par un Autre, peu à peu.

Enfin, un dernier enfant dit résolument son acte de « construction » :
Je prends la ferme révolution, avec votre sainte grâce,
de ne plus vous offenser …

Et oui, si nous réalisions un peu plus
quelle révolution cela représente pour nous de se confesser,
nous irions plus souvent nous jeter au cou
de ce Père qui nous attend pour nous couvrir de baisers.

Yves Maurice, 4ème dimanche de Carême 2016

 

L’homme comme le figuier

L’homme est un peu comme ce figuier
planté au milieu d’une vigne :
Peut-être que, pendant des années, il ne donne aucun fruit.
Mais Dieu, comme le vigneron,
prend patience et continue à espérer en lui.

Il va même plus loin :
il donne à l’homme les moyens de se convertir,
comme le vigneron
qui bêche autour de son figuier pour y mettre du fumier.

Ainsi Jésus,
non seulement appelle à la conversion,
mais il propose à l’homme le chemin à emprunter
pour aimer Dieu et aimer ses frères.

La patience de Dieu
n’est donc pas une attitude passive,
mais une sollicitude pour que l’homme vive.
Patience et confiance sont liées.

Dieu croit toujours en l’homme,
quoi qu’il arrive.
Notre conversion, pendant ce temps de Carême,
c’est prendre les moyens de correspondre à cet amour
dont nous sommes aimés, sans conditions.

 Yves Maurice, 3ème dimanche de Carême 2016

Contemplation

Comme Pierre, Jean et Jacques
qui étaient accablés de sommeil,
notre assoupissement spirituel nous empêche souvent
de discerner la présence vivante, lumineuse de Jésus.

La « contemplation » chrétienne n’est pas l’extase,
mais une école où nous apprenons
à regarder notre vie, les personnes, les événements, la Création,
en un mot, notre histoire,
dans la révélation de la mort et la résurrection de Jésus.

La contemplation chrétienne n’est jamais une fuite du monde.
Faisons trois tentes, dit Pierre.
Et Luc de commenter : il ne savait pas ce qu’il disait !
La contemplation chrétienne
est un approfondissement du temps présent.

La foi, don de l’Esprit, est une nouvelle capacité de « voir ».
Celui qui, dans la prière,
a longuement contemplé le visage du Christ,
à la fois défiguré et transfiguré,
pressent en toute personne,
même la plus déformée par la maladie ou le péché,
sa face lumineuse
déjà éclairée par le Christ de Pâques.

C’est leur face lumineuse que nous avons vocation
à révéler à tous nos frères.

 Yves Maurice, 2ème dimanche de Carême 2016

 

Faire des choix

La publicité a bien compris qu’offrir des tentations,
c’était offrir des choix.
On soupçonne encore trop la tentation
de n’être que la porte du péché …
Alors que les trois tentations de Jésus sont pour lui
l’occasion de manifester sa condition humaine.

Lui aussi, comme chacune et chacun de nous,
est contraint de faire des choix.
Il ne peut pas tout vouloir.
C’est clair que Jésus a fait des choix.

Le choix du refus de la possession,
pas seulement des biens, mais surtout du prochain.
La possession de l’autre n’est pas compatible avec l’amour !

Le choix du refus de la domination
pour se faire le serviteur de tous.
L’esprit de supériorité n’est pas compatible avec l’amour !

Le choix du refus du paraître
au service de l’être, être vrai, être soi.
Le faux-semblant n’est pas compatible avec l’amour !

En un mot, Jésus veut nous entraîner
dans le choix qu’il a fait pour lui-même :
le choix de l’amour.

 Yves Maurice, 1er dimanche de Carême 2016

Confiance … risque … solidarité !

Quand nous sommes découragés, fatigués par le travail accompli,
quand le résultat a été quasiment nul,
- nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre -
il nous arrive peut-être de rebondir
en faisant confiance à la parole d’un autre.
La confiance en quelqu’un est un élément essentiel à toute relation
pour une action efficace, féconde.

Nous savons bien aussi que rien d’extraordinaire ne se fait
sans prendre de risques : Avance au large !
Quittez les rives où vous avez pied pour l’insécurité du large.
Avancez en eau profonde, symbole des forces du mal.
N’ayez pas peur de les affronter
puisqu’« Il » a marché sur ces eaux profondes !
La vraie vie, ça fait toujours prendre des risques !

Enfin, «équipe» vient de «esquif» … petit bateau ...
dans lequel tous les marins
doivent se mettre d’accordsur le cap à prendre …
et donc coordonner leurs mouvements.
Pour avancer, la solidarité de l’équipe se révèle indispensable.
L’appui des autres peut permettre de mieux s’en sortir.

Trois éléments :
la confiance, le risque et l’appui des autres.
S’ils sont réunis, soyons-en sûr,
ils vont réaliser, aujourd’hui encore,
des pêches miraculeuses.


Yves Maurice, 7 février 2016

 

N’est-ce pas là le fils de Joseph ?

Cette interrogation dit la difficulté
d’accueillir l’Esprit de Dieu dans une parole d’homme.
Comment peut-il être des nôtres
et avoir une parole différente ?

Ne peut-il pas faire comme tout le monde ?
Encore une expression qui exprime cette difficulté
d’une personne, d’un groupe d’accepter la différence !

Et le goût du merveilleux est tel
qu’il s’accommode mal de la logique de l’incarnation.
C’est pourtant bien ce mystère que nous avons célébré à Noël :
l’infini de Dieu est au cœur de l’homme.

L’interrogation des Nazaréens nous questionne aussi sur le rejet.
Accueil et rejet, deux mots traversés par la foi.
C’est la constante d’une Bonne Nouvelle
qui appelle à l’ouverturede toutes sortes de « frontières »,
mais qui peut aussi, dans le respect de nos libertés,
provoquer le rejet.

Vraiment, ces réactions dans la synagogue de Nazareth
nous interrogent sur notre capacité d’accueil
à la nouveauté de l’Esprit.

Yves Maurice, 31 janvier 2016

 

L’Aujourd’hui de Dieu

Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture
Aujourd’hui, mot-clé qui nous dit l’actualité de l’Evangile.
C’est avec cette Parole
que nous sommes invités à regarder notre vie,
et la vie du monde.

Quand nous trouvons le mot juste
pour libérer quelqu’un d’une situation difficile,
quand nous apportons l’espérance
là où s’installe le découragement, l’oppression,
quand nous éclairons la personne
qui marche dans le noir …
quelque chose de l’action de Jésus
se réalise par nos mains, par notre cœur.

Avec la Parole de Dieu
on ne contemple pas un passé révolu,
pas plus qu’on ne rêve d’un avenir extraordinaire.
On vit le temps présent.

Et il nous appartient, pour notre part
de faire en sorte que cette Parole
soit un accomplissement en actes.

Yves Maurice, 24 janvier 2016

 

 

Quelles épousailles !

A Cana, c’est Jean qui le dit lui-même,
il s’agit d’un signe, et même du premier signe,
non seulement par sa place dans la vie de Jésus,
mais surtout par son contenu et son sens,
car le mariage n’est pas celui qu’on croit !

Quel couple ! Quelles épousailles ! La joie de Dieu !
En Jésus, l’humanité tant aimée a enfin dit oui.
Mais, répondre aussi totalement Oui à la tendresse de Dieu
conduira Jésus à la croix, dans la fidélité totale.
C’est là que se concluront les noces inaugurées à Cana.

Comme le vin avait coulé à Cana,
coulera au Golgotha le sang de l’alliance nouvelle et éternelle.
Et l’eucharistie en demeure le Signe.

Enfin, c’est Marie qui attire l’attention sur ce qui se passe.
Elle pressent le mystère.
Comme à la crèche, elle a le sens des événements.
Nourrie des promesses faites à Israël et au monde,
elle est la première croyante..

Et elle continue de dire
aux invités aux Noces d’aujourd’hui :
Faites tout ce qu’il vous dira.

Yves Maurice, 17 janvier 2016

 

Baptisés, greffons de Dieu

Je suis la vigne, dit Jésus, et vous êtes les sarments.
Le jour de notre baptême,
nous avons été greffés sur le Christ.

La greffe, c’est quelque chose de fascinant.
Il y a le porte-greffe et le greffon.
Mais, à la différence de cette comparaison arboricole,
dans le baptême,
c’est le porte-greffe qui change la nature du greffon.
A partir de la greffe réalisée par le baptême,
le cœur de l’homme est irrigué par l’Esprit de Jésus,
par sa sève d’amour et de lumière.

La greffe suppose deux blessures :
l’une au greffon, l’autre au porte-greffe.
Elle suppose aussi que les deux blessures
soient placées l’une sur l’autre.
Tout le mystère est là !
Il y a la blessure de la passion de Dieu en Jésus,
qui est à notre recherche.
Et il y a la blessure de notre passion, de notre vie.
Un cœur blessé contre un cœur qui cherche la vie.
C’est ainsi que la greffe de Dieu
veut prendre dans notre humanité,
et dont nous, baptisés,
nous devons concrètement témoigner. 

Yves Maurice, Baptême de Jésus 2016

 

« Famille étoile »

Ces jours-ci, le bonheur est au cœur de nos souhaits.
En ce début d’année,
je voudrais pointer mon doigt sur une étoile.

Les stars de nos sociétés attirent l’attention.
Elles font rêver
sans toujours donner le pouvoir d’avancer.

Mais l’étoile dont je parle est tellement proche
que certains ne la voient même pas :
c’est l’étoile de la famille.

Les médias attirent régulièrement l’attention sur cette réalité.
La vie personnelle, sociale et religieuse
trouve là un lieu de naissance et de croissance.

L’enjeu est important,
car il s’agit de grandir et de (re)découvrir le sens de la vie.
Il s’agit aussi de (re)découvrir Dieu au cœur de tout amour.

Je vous souhaite d’avoir les yeux tournés vers cette étoile
pour reprendre la route, comme les mages,
car ce sens de la vie
s’enrichit en se mettant en route.

Oui, que brille l’ « étoile famille »
pour chacune et chacun de vous.

Yves Maurice, Epiphanie 2016

 

Mettre un enfant au monde

Etonnant ! En voulant fêter la Sainte famille
l’Eglise nous met sous les yeux
la fugue d’un adolescent, Jésus, qui va sur ses 13 ans !
Croissance … Autonomie … et liens familiaux !
Vos enfants ne sont pas vos enfants(Khalil GIBRAN).

C’est vrai que les époux qui présentent
leur amour, leur foyer devant l’autel,
font une démarche de pauvres.
Ils signifient qu’ils ne sont pas propriétaires de cet amour,
mais gérants, pour le service du monde.

C’est également vrai des parents
qui présentent leur enfant au baptême.
Là encore, ils font acte de désappropriation,
et devront respecter les appels d’un « Autre ».

« Ne saviez-vous pas
qu’il me faut être chez mon Père ? »

Une icône représente Marie à la crèche,
tournant le dos à son petit,
dans un geste de désappropriation, elle aussi.
Il n’est pas à elle. Il est au monde.

N’est-ce pas, finalement, le sens de l’expression :
Mettre un enfant au monde ?

Yves Maurice, Sainte famille 2015

 

Pas encore ?

Tous les matins, un rabbin ouvrait sa fenêtre,
regardait dehors, et la refermait en disant :
« Pas encore ! »
Un enfant qui assistait à cette scène quotidienne
lui dit un jour : « Quelle drôle d’habitude
d’ouvrir et de fermer votre fenêtre chaque jour,
en disant : « pas encore ! ».
Pourquoi faites-vous cela ?
Le rabbin répondit:
Tous les matins, j’espère que la promesse de Dieu va se réaliser.
Que le Messie est arrivé.
Mais, tous les matins, je vois passer les mêmes gens,
avec les mêmes visages tristes.
Alors, je me dis :
Non, décidément, le Messie n’est pas encore arrivé !

Chers amis, il ne tient qu’à nous de faire mentir
toutes les sortes de rabbins d’aujourd’hui :
Qu’en nous croisant, ils ne puissent pas dire :
« Pas encore ! ».

Yves Maurice, Noël 2015

Visitation … visite !

Quand je rends visite à quelqu’un,
je sors de chez moi, je sors aussi de moi-même,
de mes centres d’intérêt, de mes préoccupations,
pour rejoindre un autre, tel qu’il est, tel qu’il se dit.

Et quand la personne visitée déclare :
Que me vaut ta visite ? Comment ai-je ce bonheur ?...
traduisez : Qu’est-ce que je vaux pour avoir une telle visite ?

Faire une visite peut révéler
à une personne âgée, isolée,
au prisonnier, au malade
la valeur unique et mystérieuse de la vie, de SA vie.

La rencontre peut aussi susciter la joie chez l’autre.
Et l’amour qui nous met en route
dans nos montagnes de Judée
peut réveiller l’amour chez la personne visitée.

Par cette visitation de Marie à Elisabeth
une Bonne Nouvelle s’annonce.
Et par nos visites ?

En ce temps qui précède Noël,
nous attendons
que Dieu fasse un signe à l’humanité.
Et si ce signe passait aussi par nous ?

Yves Maurice, 4ème dimanche de l'Avent 2015

 

 

Soyez toujours dans la joie !

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur,
écrit saint Paul aux Philippiens

Avec ton cadeau,
tu peux te donner bonne conscience
et essayer de compenser tous tes oublis.

Avec ton cadeau,
tu peux racheter ta liberté,
et tu seras «quitte» envers l’autre.

Avec ton cadeau,
tu peux enchaîner l’autre, l’obliger.
Tu peux même l’épater, l’humilier,
lui faire sentir ta supériorité.

Avec ton cadeau,
tu n’as toujours pas encore vraiment donné la joie !

La joie ne coûte pas d’argent, elle coûte ton cœur.
Vois celui, celle qui te réjouit
avec un baiser donné, une main tendue,
sans arrière-pensée.
Celui qui ne veut pas donner un peu de lui-même
ne devrait jamais faire de cadeaux !
La vraie joie, tu ne peux l’acheter,
car elle te coûte tout entier.

 

Yves Maurice, 3ème dimanche de l'Avent 2015

 

Chantier !

Le Jean Baptiste d’aujourd’hui nous dit :
L’an trois de la présidence de M. Hollande,
M. Obama étant président des Etats Unis,
le grand-prêtre étant François ...
la Parole “tomba” sur un pauvre homme complètement inconnu
qui vivait dans un petit village ...
Et c’est de lui qu’est sortie cette promesse :
« Tout être vivant verra le salut de Dieu »!
Dieu parle dans notre aujourd’hui.

Quand tout va mal, que vous avez peur, ne comptez pas d’abord
sur les grands de ce monde ou de l’Eglise.

Mais, préparez le chemin du Seigneur, là où vous vivez,
en abattant les murs d’incompréhension, voire de méfiance,
renforcés par les événements tragiques récents …
en comblant les fossés creusés
entre générations, ethnies, religions …
en rasant les montagnes de peurs et de préjugés,
qui empêchent de voir l’autre tel qu’il est vraiment.

Il faut dégager le terrain
pour faire advenir une vie nouvelle de communication,
de rapprochement, et de paix, déjà en famille,
et dans nos relations les plus quotidiennes.

A travers ce travail de reconstruction, Dieu vient.
N’attendons pas ! Préparons son chemin.

 

Yves Maurice, 2ème dimanche de l'Avent 2015

 

Alerte générale !

« Redressez-vous et relevez la tête ».
Jésus veut des personnes debout, lucides, courageuses.
Les événements tragiques que nous vivons
nous appellent à faire face, quoi qu’il arrive.
Jésus veut nous donner l’énergie
de créer, de recréer … en toutes circonstances …

Les bouleversements cosmiques dont parle l’Evangile
bouillonnent en nous, aujourd’hui encore,
devant tant de violences gratuites, meurtrières.

En toutes saisons de l’histoire,
catastrophes, terrorisme et guerres rappellent
que« la création gémit dans les douleurs de l’enfantement ».
Sans cesse, chaque jour, le Fils de l’homme vient,
dans la nuée à la fois obscure et lumineuse.

Plutôt que de spéculer vainement sur la date de la fin DU monde,
il nous est proposé de travailler à la fin d’UN monde
d’indifférence, de xénophobie, de racisme …
pour qu’adviennent
« les cieux nouveaux et la terre nouvelle » … chaque jour.

Prenons au sérieux ces impératifs de Jésus :
« Restez éveillés et priez en tout temps »
« Redressez-vous et relevez la tête ».
Alerte générale !

Yves Maurice, 1er dimanche de l'Avent 2015

Victoire de la vie !

Abomination, cataclysme à Paris.
Terrorisme pseudo-religieux criminel.
Et tempête dans nos vies, dans notre tête, dans notre cœur.
C’est la dignité de l’homme, c’est sa liberté
que l’on veut assassiner.

Où est-il ce royaume d’amour et de vérité
que l’Eglise nous fait célébrer aujourd’hui ?

Les repères de la Vie peuvent disparaître un moment,
des périodes peuvent être extrêmement douloureuses.
Pourtant, croyons fermement que Dieu façonne en nous
une espérance fondamentale :
en Lui, la victoire de la vie est assurée.

En même temps, cette espérance fondamentale
nous fait un devoir de lutter, là où nous sommes,
avec les possibilités qui sont les nôtres,
contre toutes sortes de fanatisme, de violence, d’exclusion,
contre tous les non-respects de la vie sous toutes ses formes,
mais aussi
contre toutes les tentations de la peur de l’autre,
contre toutes les tentations de généralisation, d’amalgame, ou de repli.

Apprenons à confier le passé à la miséricorde de Dieu,
le présent à sa fidèle présence assurée,
et le futur à sa Providence toujours acquise.

Et qu’ainsi, le futur espéré activement
donne sens au présent que nous vivons.


Yves Maurice, Christ-roi 2015

 

Maranatha !

Le soleil s’obscurcira … les étoiles tomberont …
Ces expressions reprennent le prophète Esaïe (13,10 / 34,4)
qui n’annonçaient pas une catastrophe,
mais bien la libération d’Israël.
Et donc, contrairement aux apparences,
il s’agit d’un message d’espérance et de salut.
Apprenons à lire les signes, comme celui du figuier !

Ces expressions nous avertissent aussi
que tout ce qui n’est pas Dieu disparaîtra,
ou reprendra sa juste place.
Tout ce que nous prenons pour le soleil ou les étoiles de nos vies,
à la place de Dieu,
s’obscurcira, tombera, disparaîtra.
Lorsque le Seigneur reviendra,
sa beauté resplendissante éclipsera
tout ce qui attire nos regards et captive nos désirs.

On comprend, dès lors, la prière des premiers chrétiens :
Maranatha ! Viens, Seigneur Jésus.

Mais sa venue n’est pas seulement pour la fin des temps.
C’est maintenant et quotidiennement qu’il vient à nous,
par les événements, à travers nos rencontres …
Qu’il nous donne de l’accueillir sans tarder
dans la foi, avec joie et amour.

 Yves Maurice, 15 novembre 2015

 

Le cœur dans la main

Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra ...
On croirait entendre les paroles d’une fée ou d’un magicien
dans un conte pour enfants !

Pourtant, c’est la parole même de Dieu
s’adressant à une pauvre veuve de Sarepta
qui donne de son nécessaire à un inconnu, Elie.
Dans l’Evangile, c’est encore d’une veuve indigente dont il s’agit.
Jésus attire l’attention sur la beauté du don d’une pauvre,
capable de tout donner, de tout risquer
même ce qui lui était nécessaire pour vivre.

Il n’est pas besoin d’avoir les mains pleines pour donner en vérité.
Au Tibet on dit :
Le cœur doit avoir des mains, et les mains doivent avoir un cœur.


Ce qui saute aux yeux,ce n’est pas toujours le plus important !
Jésus,lui, porte un autre regard sur la vie.
Il voit le geste d’offrande, sans ostentation, de cette pauvre.
Ce qu’elle dépose est apparemment insignifiant : deux piécettes.
Mais Jésus voit la personne, et la montre,
elle qui va au bout de ses ressources.
Voilà le cœur de la foi
qu’un regard superficiel ne peut saisir.

Si nous portons sur les événements et les personnes
cet autre regard qui touche l’essentiel,
la Bonne Nouvelle pourra être mieux vécue et annoncée.

 Yves Maurice, 8 novembre 2015

La foule !...

Une caractéristique du bonheur évangélique
c’est qu’il est pour tous, accordé à tous.
A la vue de la foule …écrit Matthieu … Heureux ceux qui …
Le don de Dieu, la grâce, n’est pas un privilège
que l’on garderait égoïstement pour soi.
C’est un cadeau destiné au bien de la Communauté,
un don qui concerne le Corps tout entier.

Voilà pourquoi cette image grandiose du Salut,
décrite par l’Apocalypse
est encore celle d’une foule en joie
que nul ne pouvait dénombrer.

C’est toute l’humanité, enfin réconciliée,
que le Christ veut rassembler.
C’est à tous les hommes qu’il offre le bonheur.

En effet, aucune béatitude ne pose d’exclusive
institutionnelle, culturelle, cultuelle ou religieuse.
Le bonheur est pour tous ceux qui sont pauvres de cœur,
pacifiques, miséricordieux, pardonnants, épris de justice …

Le bonheur est pour tous ceux qui aiment,
pour tous ceux qui aiment comme Jésus aime.

Yves Maurice, Toussaint 2015

 

Un aveugle … qui voit clair !

Bartimée crie pour attirer l’attention de Jésus.
Il crie tellement qu’il agace les gens autour de lui.
Et pourtant, bien que ne voyant pas la présence corporelle de Jésus,
cet aveugle voit bien plus loin
que les voyants qui veulent le faire taire.
Alors que la foule parle de Jésus de Nazareth,
lui l’appelle Fils de David,
ce qui, pour les Juifs, correspond au Messie attendu.
Et c’est bien pourquoi Jésus ne lui dit pas :
Va, tu es guéri !
Mais bien : Va, ta foi t’a sauvé !

Bartimée a retrouvé la lumière extérieure,
mais c’est la lumière intérieure
qui va désormais illuminer le chemin de sa vie.
L’homme suivait Jésus sur le chemin.

Qui parmi nous est aveugle ? Et qui est voyant ?
Nous nous arrêtons si souvent à la surface des choses,
à un regard superficiel
qui nous fait passer à côté de la profondeur des autres.
De là naissent les préjugés,, les tensions, les refus. .
C’est le regard de la foule sur l’aveugle.
Bartimée nous rappelle qu’il y a un autre regard,
celui de dieu sur nous, sur les autres, sur les événements.

Saint Paul souhaite pour les Ephésiens … et pour nous-mêmes :
Puisse Dieu illuminer les yeux de votre cœur.

 

Yves Maurice, 25.10.2015

Evangéliser, c’est quoi ?

« Le Seigneur nous a envoyé annoncer l’Evangile à tous les hommes, écrit Saint François d’Assise. Mais, sais-tu ce que cela veut dire Evangéliser ? Evangéliser une personne, c’est lui dire : ‘Toi aussi, tu es aimée de Dieu’. Et pas seulement le lui dire, mais le penser réellement. Et pas seulement le penser, mais se comporter avec cette personne de telle manière que cette personne en soit persuadée. C’est cela lui annoncer la Bonne Nouvelle. Et tu ne peux le faire qu’en lui offrant ton amitié … »

La tâche est délicate.
Le monde des hommes est un immense champ de lutte
pour la richesse et le pouvoir.
Et trop de souffrances et d’atrocités
leur cachent le vrai visage de Dieu.

Il ne faut surtout pas qu’en allant à leur rencontre
nous apparaissions comme d’autres compétiteurs.
Nous devons être au milieu de nos frères
des serviteurs pacifiés de Celui qui s’est fait notre Serviteur
- ‘celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur’ -,
des personnes sans convoitise et sans mépris,
capables de devenir réellement leurs amis.

C’est notre amitié qu’ils attendent,
une amitié qui leur permette de comprendre
qu’ils sont aimés de Dieu,
tels qu’ils sont.

Yves Maurice, 18.10.2015

 

L’argent ne fait pas un trésor

Toutes les personnes qui travaillent dans des secteurs
où le pourboire fait partie des habitudes, vous le diront :
vous avez bien plus de chance de recevoir un pourboire
d’une personne de condition modeste
que d’une personne riche ...

Un jour, un homme ayant fait, lui aussi, cette constatation,
alla voir un Rabbi, et il lui dit :
“Rabbi, je ne comprends pas : si on va chez un pauvre,
il vous accueille avec sympathie et vous aide de son mieux.
Mais, si on va chez un riche,
souvent il ne vous regarde même pas.
Que se passe-t-il donc avec l’argent ?”

Le Rabbi lui répondit :
“Viens, approche-toi de la fenêtre. Que vois-tu ?”
“Je vois une femme avec son enfant,
et un homme qui pousse une charrette pour aller au marché ».
“Bien”, rajouta le Rabbi.
“Maintenant, mets-toi devant le miroir. Que vois-tu ?”
“Eh bien,Rabbi, que dois-je voir ? Je ne vois que moi-même ».
“Justement ! conclut le Rabbi.
La fenêtre et le miroir sont tous deux faits de verre.
Il suffit de rajouter un tout petit peu d’argent à l’un
pour que déjà tu ne vois plus que toi !”

Yves Maurice, 11.10.2015

 

Loué sois-tu !

Frère RUFIN, accompagnant saint François d’Assise
dans ses voyages d’évangélisation, tout en l’admirant beaucoup,
était un peu las de l’entendre dire, sans arrêt :
Béni sois-tu, Seigneur, pour la campagne que tu as faite si belle.
Béni sois-tu pour le gazouillis des oiseaux.
Béni sois-tu pour le murmure des torrents …
Et frère RUFIN, pour imiter son modèle,
bien que fatigué de ces litanies, ajoutait, mais sans conviction :
Oh oui, loué sois-tu !

Un jour, une tourterelle venant à passer,
laissa tomber ce que vous devinez juste sur la tête de saint François.
Et frère RUFIN de se dire en lui-même :
On va bien voir si tu continues à louer le Seigneur !
C’est alors qu’il entendait saint François dire :
Béni sois-tu, Seigneur, de ne pas avoir donné des ailes aux vaches !

Ce n’est pas une question de tempérament optimiste.
La louange est une décision.
Heureux le peuple qui connait la louange ! (psaume 89).
Chaque semaine, Dieu nous donne 168 heures.
Ne pouvons-nous pas en réserver au moins une
pour le louer, Lui qui se dit dans la beauté de sa Création ?

Yves Maurice, 4.10.2015 

 

Sectarisme !

Jean dit à Jésus :
Maitre, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom.
Nous l’avons empêché, car il n’est pas des nôtres !

Les Apôtres ont du mal à suivre Jésus
sur le chemin de l’humilité et de la douceur.
Dimanche dernier, ils discutaient entre eux
pour savoir qui était le plus grand !
Et Jésus les a invités à être serviteurs de tous.
Ont-ils compris le message ? La conversion n’est pas facile !
Leur comportement reste celui du pouvoir,
de l’exclusion aussi : nous avons voulu l’empêcher …
Empêcher de faire le bien : chasser les esprits mauvais !
Le motif invoqué ? Il n’est pas des nôtres !
L’intégrisme religieux ne date pas d’aujourd’hui.

Et nous ? Ne croyons-nous pas trop facilement
que nos idées, nos choix, nos actions sont les meilleurs ?...
que, plus que les autres, nous avons les lumières de l’Esprit ?...
Preuve et conséquence
que nous ne sommes pas alors inspirés par l’Esprit :
Nous devenons sourds et aveugles,
nous n’entendons pas ce que les autres disent,
nous ne voyons pas ce qu’ils font.

Que le Seigneur nous donne son regard
pour que nous puissions voir, nous réjouir et rendre grâce
de tout ce qui est beau et bon en chacun,
y compris en ceux qui ne sont pas de notre bord !
                                                                                                                  c

 

 

Accueillir !

Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci,
c’est moi qu’il accueille, dit Jésus.

Pour les contemporains de Jésus
l’enfant est celui que l’on n’écoute pas,
celui qui n’est l’objet d’aucune considération.
Aussi, en raison même de sa faiblesse
l’enfant apparaît dans la Bible comme le privilégié de Dieu.

Le tout-petit, par nature, et pas par choix,
fragilisé,
dépend totalement de ses parents pour tout,
donc pour sa survie.

Eh bien, nous dit Jésus,sont accueillis dans le Royaume
les tout-petits, les pauvres, les fragilisés,
mais aussi celles et ceux qui ont le sens des autres,
qui vivent concrètement la solidarité.
J’étais un étranger et vous m’avez accueilli.

Comme cette page d’Evangile
éclaire notre actualité dramatique
quand Jésus, à sa manière, nous rappelle
qu’on ne se sauve pas les uns sans les autres !


Yves Maurice, 20.09.2015

Mardi prochain, 22 septembre, à 20h30, dans la salle paroissiale de St Julien les Villas, comme notre évêque, Mgr Marc STENGER nous y encourage, rencontre avec toutes celles et tous ceux qui veulent apporter une réponse concrète, à hauteur de leurs possibilités pour accueillir ponctuellement des réfugiés en demande d’asile en situation régulière. Les réponses peuvent être variées.

 

 

Je suis le chemin

Chemin faisant, Jésus interroge ses disciples…
Jésus est en route. Jésus est en marche.
Et c’est en chemin
que Jésus pose la question de son identité :
Pour vous, qui suis-je ?

L’identité de Jésus n’est donc pas une définition,
un extrait de naissance, voire une carte de séjour.
L’identité de Jésus est un chemin, une révélation.

Mais, au dire des gens,
les réponses sont des réponses enfermantes.
Jésus est identifié à des modèles connus :
Jean le Baptiste, Elie, ou l’un des prophètes …

Enfermantes aussi et terribles nos réflexions :
Untel, untelle, je connais … je connais bien !...
Toute personne est un mystère.
Lorsque je crois connaître quelqu’un,
je décris peut-être son passé … ou mon désir,
mais je ne peux l’enfermer dans une définition.

Jésus lui-même dépasse tout ce que les hommes
peuvent dire de lui depuis des siècles.
Il y a toujours un décalage entre le sondage et la réalité.

C’est ce qui nous invite à le chercher sans cesse,
à nous mettre toujours en chemin, à sa suite, nous aussi.
                                                                                                                       Yves Maurice, 13.09.2015

 

 

Se mettre sur écoute !

Ecouter l’autre,
c’est le plus beau cadeau que nous puissions lui faire.
Mais c’est aussi quelque chose de très difficile.
Les statistiques disent que nous n’écoutons que 17 secondes
avant de dire : c’est comme moi … ou : on en a parlé à la télé …

Nous avons tous des tendances qui nous empêchent d’écouter :
tendance à porter un jugement, à approuver, à sanctionner :
Tu devrais … Tu n’aurais pas dû …
Tendance à aller trop rapidement aux explications :
S’il t’arrive cela, c’est parce que …
Tendance à soutenir sans discernement :
Ce n’est pas grave … Je comprends … Je suis passé par là …
Tendance à trouver des solutions expéditives :
Il faudrait que tu fasses comme ceci ou comme cela …

Pour écouter l’autre, il faut marcher à son pas.
C’est un cœur à cœur qui permet à l’écouté
de se sentir exister, de se sentir reconnu.

Une visiteuse d’aumônerie d’hôpital
venait régulièrement écouter une heure une malade.
Elle ne disait pas un mot,
sauf pour reformuler, poser une petite question pour éclaircir.
Au moment où elle part, la malade lui dit :
Merci pour tout ce que vous m’avez dit !

Notre écoute en dit plus long que nos discours.

Yves Maurice, 6.09.2015

Couver la Parole.

Mettez la Parole en pratique.
Ne vous contentez pas de l’écouter.
Saint Jacques nous invite ainsi à croire
 à la force agissante de la Parole.
Peut-être nous disons-nous :
Méditer la Parole, la reprendre sans cesse, patiemment ?
Mais j’en connais des passages par cœur !
Et puis, j’ai plein de distractions en la lisant.

Eh bien, regardez une poule couver, sans bouger,
pendant que les autres picorent, se baladent, chantent avec le coq.
Une poule qui couve, qu’est-ce qu’elle fait ?
Immobile, elle communique sa chaleur aux œufs.
Elle pourrait se dire :
Mais, qu’est-ce que je fiche ici sur ces œufs !
Pourtant, au bout d’une vingtaine de jours, elle comprend,
elle ressent les effets de la vie ; elle voit apparaitre des poussins.
Couver transforme des œufs en poussins.
Couver donne la vie, la fait chanter.

Cela nous permet-il de mieux comprendre l’effet de la Parole ?
Quand nous méditons la Parole, en prenant tout notre temps,
assidûment, patiemment, nous couvons.
Et alors, par la Parole
nous recevons la chaleur de l’Esprit.
La Parole attire l’Esprit
qui nous transforme de lecteurs attentifs
en lecteurs pleins de vie, agissants.
                                                                                                         

Yves Maurice, 30.08.2015

 

Histoire de valise

Vous connaissez peut-être ce court-métrage
où l’on voit Charlot préparer précipitamment un départ,
cherchant à tout caser dans une valise trop petite.
Il range le mieux possible, il appuie, il entasse.
Pour la fermer, finalement, il monte sur la valise.
Mais, il se trouve que beaucoup de choses dépassent.
Alors, Charlot prend une paire de ciseaux
et coupe, sans hésitation, manches, cols de chandails
cravates, pantalons … tout ce qui déborde.

C’est aussi une tentation dans le domaine de la foi.
Nous enfermons volontiers
ce que nous croyons comprendre de Dieu
dans les valises étroites de nos raisonnements.
Et nous sommes tentés de couper, nous aussi,
tout ce que nous ne comprenons pas bien,
tout ce qui nous dérange dans notre petite vie.
Ce qu’il dit là est intolérable.
On ne peut pas continuer à l’écouter !

Mais on n’entre pas dans la Parole de Dieu
comme dans un supermarché,
en choisissant seulement ce qu’il nous plaît.
Fils de l’homme, mange ce livre (Ezékiel 3,1), dit Dieu.
Mais, comme Pierre répondons-nous :
Tu as les paroles de la vie éternelle ?

Yves Maurice, 23.08.2015

 

Fais-moi un Signe !

A ce que nous appelons souvent « miracles »,
Jean préfère le mot « signes ».
La nuance est importante : qui dit « signe »
exclut qu’il s’agit d’une démonstration de force ou de magie
qui s’imposerait au spectateur
le contraignant à l’admiration ou à l’adhésion.
Un « signe » ne peut être qu’un geste discret, perçu et compris
seulement par celui qui s’y trouve disposé, accordé.

En effet, pour Jean, 3 attitudes sont possibles
devant les signes posés par Jésus.
Et, de fait, on les retrouve dans son Evangile.

D’abord, il y a l’aveuglement, plus ou moins volontaire,
de qui refuse même de les voir (cf. par exemple Jean ch. 9).

Puis, c’est la myopie
de qui ne voit pas plus loin que la matérialité du signe,
et s’y arrête au lieu d’aller jusqu’au signifié.
C’est ainsi la réaction de la foule devant « l’affaire des pains ».

Enfin, c’est l’attitude des croyants qui, à partir du signe,
savent reconnaitre ce qu’il indique.

Seigneur, fais-moi un signe
qui me permette de passer du pain des moissons terrestres
au pain du ciel pour le savourer et en vivre …
Seigneur, fais-moi un signe
qui me fasse passer de la rive où les pains se multiplient,
à la rive où c’est le pain de l’amour qui se multiplie.

Yves Maurice, 2.08.2015

 

 

Où est le jeune à la besace ?

Quand j’ai dit à ma mère que je partais écouter le Prophète,
elle m’a donné de quoi pique-niquer pour au moins 3 ou 4 jours !
Aujourd’hui, il me reste 2 poissons et 5 pains.
Il faut les manger, sinon ils vont passer avec cette chaleur.
 
Suis-je vraiment le seul à avoir quelque chose à me mettre sous la dent ?
J’en ai largement assez pour moi tout seul.
Mais ça m’embête de manger au nez et à la barbe des autres.
D’un autre côté, si je partage, il n’y en aura pas pour tout le monde.
Il y a une foule énorme : 5.000 hommes, dit-on.
 
J’ai pu me glisser juste devant le Prophète.
Près de lui, on se sent bien. On a chaud au cœur.
En l’écoutant, on pense qu’on est capable d’aimer tout le monde.
 
Jean, un ami de Jésus, a remarqué que j’avais des provisions.
Il m’a demandé si je voulais bien les donner.
J’ai dit oui tout de suite.
Et vous savez ce qui s’est passé ? Incroyable !
Il y a eu du pain et des poissons pour tout le monde …
même qu’il y a eu des restes en pagaille !
 
Le vrai miracle de Jésus n’est pas de changer les pierres en pain.
Cela, il l’avait déjà refusé quand il a été tenté …
ni non plus de multiplier mes pains et mes poissons.
Jésus n’est pas prof de maths !
Le vrai miracle, c’est de changer le cœur de toute cette foule...
C’est de faire des cœurs « partageux » …
C’est de faire en sorte que toutes  les besaces pleines se retournent
au bénéfice de tous …
Car, en réalité, je n’étais pas le seul à avoir quelques provisions.
Et ça, c’est un vrai miracle
qui peut toujours se reproduire pour répondre à toutes sortes de faims !..

                                                                                                                                                                                                                                                                                   Yves Maurice, 26.07.2015

 

Reposez-vous un peu !

Sans doute sommes-nous privilégiés
de pouvoir bénéficier de « congés payés », de retraites ...
Mais, pour beaucoup, cela signifie plus évasion que repos.
Venez à l’écart … et reposez-vous un peu,
dit Jésus aux Apôtres revenus de mission.

Nous avons besoin de cette distance à prendre
par rapport à notre vie trépidante, stressante,
pour nous reposer.
Mais, savons-nous nous reposer
sans télé, sans tablette, sans portable, sans vidéo ?...
Osons-nous nous retrouver face au silence,
face à nous-même, face à Dieu ?

Se reposer, se re-cueillir, cette invitation s’adresse à tous,
et peut même se vivre chez soi.
Notamment en prenant un temps de silence,
puis en priant avec le psaume 22
qui nous recrée, nous re-suscite :
le Seigneur est mon berger … je ne manque de rien …
Il me fait reposer …

Que nous partions ou non en vacances,
prenons le temps, cette semaine, de nous reposer en Dieu ;
un temps où nous mettrons volontairement à l’écart
nos activités – certes nécessaires – du jour,
un temps de rupture dans le rythme habituel,
un temps offert à Celui qui se donne inlassablement,
et qui, toujours, nous attend.

 Yves Maurice, 19.07.2015

 

Détachés pour la mission

Quand j’étais enfant, tous les dix ans, l’hiver,
il y avait le temps de la Mission, pendant un mois, dans la paroisse.

Un soir, un père capucin, bure marron et cordon blanc à la taille,
monte en chaire, vociférant les commandements de Dieu et de l’Eglise.
Emporté par sa pieuse passion, il gesticule tellement
que le pendant de son cordon blanc passe pardessus la balustrade.
Voyant cela, un enfant apeuré, que je connais bien, dit à sa maman :
Maman, vite, on part, il s’est détaché !

Ce brave capucin ne voulait peut-être pas nous faire peur.
Il n’empêche que les missionnaires ont trop souvent présenté
un Dieu coléreux, qui punit, se venge, menace du feu de l’enfer !

Jésus nous dit que le maître mot de celui qui annonce l’Evangile
c’est le service :
Il faut beaucoup d’amitié, de désintéressement, d’attention,
de respect, de patience, d’inventivité
pour faire entendre l’Evangile et peut-être y donner goût.

Certains réagissent en pensant à la goutte d’eau dans la mer :
Que vous mettiez ou non cette goutte d’eau dans la mer,
son niveau ne changera pas !

Ne croyez-vous pas qu’il est préférable d’être
de la spiritualité de l’étincelle :
Une petite étincelle suffit à allumer un immense brasier ...
le feu de l’Amour !

 Yves Maurice, 12.07.2015

 

 

Le tube de peinture.

Si on me répète : Dieu est amour !
Je le crois, puisque c’est Jésus, le premier, qui l’a dit.
Mais, je peux le croire
sans pour autant comprendre ce que cela signifie vraiment pour moi.
Prenons un exemple concret.
 
J’ai un tube de peinture rouge.
Si j’ouvre le tube tout doucement, et si j’appuie avec délicatesse,
il en sortira de la peinture rouge.
Si le bouchon résiste un peu, que je force en grimaçant,
il finira par en sortir de la peinture rouge.
Si je m’énerve au point de prendre un marteau
pour taper sur le tube qui résiste toujours,
tout sera éclaboussé de peinture rouge…
 
Il en est de même de Dieu !..
Si tu parles à Dieu avec amour et douceur,
Dieu t’aime.
Si tu cries après Dieu : pourquoi ces guerres, ces famines,
cette épreuve qui m’arrive, ce deuil qui me touche …
Dieu t’aime.
Si tu le refuses dans ta vie, si tu le cloues sur la croix,
Dieu ne cesse de t’aimer.
Quoi que tu fasses, Dieu t’aime comme un Père.
 
« Fils d’homme je t’envoie .. tu leur diras :
ainsi parle le Seigneur Dieu .. »
Dieu t’a créé unique, et il t’aime … d’un amour inconditionnel …
 
Nous tous qui avons été constitués prophètes par notre baptême,
nous avons mission de répéter sans cesse à ceux qui nous entourent :
Dieu t’aime.  
                                                                                                        
      Yves Maurice, 5.07.2015
 

 

Il y a compter … et compter sur !...

Cette femme de l’Evangile me fait penser
que rien ne peut nous éloigner durablement de Dieu.
Malgré la « foule » d’obstacles qui se présentent,
il faut oser et faire confiance à Dieu.

Une chrétienne se présente à la porte du Paradis, toute intimidée.
Saint Pierre la reçoit. Essayant de la rassurer, il lui dit :
Pour entrer au ciel, il faut cent points.
Alors, elle énumère :
J’ai toujours été fidèle à mon mari.
J’ai élevé chrétiennement mes enfants;
je n’ai pas bien tout réussi, mais j’ai fait tout ce que j’ai pu.
J’ai été catéchiste pendant 20 ans.
J’ai fait partie du Secours Catholique;
j’ai donné un coup de main aux Resto du Cœur.
J’ai essayé de supporter les personnes que je côtoyais:
mon curé, mes voisins difficiles ...
Quand enfin elle s’arrête, Saint Pierre lui dit : dix points.

Estomaquée, elle continue :
Ah oui ! J’ai aussi fait tout ce que j’ai pu pour mes vieux parents.
J’ai pardonné à mon frère qui me faisait la tête : questions d’héritage.
J’ai été régulièrement à la messe les dimanches et fêtes,
sauf après mes trois accouchements …
Saint Pierre lui dit : Vous êtes à vingt points !

Découragée, elle se demande
comment elle va trouver plus pour arriver à cent points !
Alors, les larmes aux yeux, elle dit : Mais, si c’est comme ça,
je ne peux compter que sur la miséricorde de Dieu!
Saint Pierre s’exclame alors :
Cent points !

 

 Yves Maurice, 28.06.2015

 

Silence, tais-toi !

Maître, nous sommes perdus, cela ne te fait rien ?
crient les Apôtres à Jésus, au cœur de la tempête.

Dans notre barque malmenée
par la maladie ou l’automne de nos vies,
par l’obscurité du deuil à supporter,
par les remous et les tsunamis des crises socio-économiques,
par la persécution de croyants aujourd’hui encore
et le déracinement de populations entières,
par les injustices qui créent des clivages,
par la pauvreté qui s’installe et prend de multiples visages,
par les manques de dialogue
et l’éclatement parfois dans nos familles …
oui, dans notre barque malmenée,
le Christ est présent et ordonne à tout ce qui nous cabosse :
Silence, tais-toi !

Mais, croyons-nous vraiment qu’il nous donne de participer
aux mille raisons d’espérer qu’il nous envoie ?

Yves Maurice, 21.06.2015

 

« Il en est du règne de Dieu
comme d’un homme qui … »

Le règne de Dieu se raconte, comme une histoire.
Il ne s’apprend pas comme un cours de morale
émaillé de permis et surtout de défendus.
il n’e s’apprend pas non plus comme une récitation
apprise par cœur, à défaut de l’être par le cœur.

Ton règne se raconte comme la vie se raconte,
comme les bons moments se racontent,
comme les belles choses se racontent.

Parce que ton règne est une histoire, notre histoire,
qui se développe là où se développe la vie,
même si nous ne savons pas comment,
une histoire que Tu nous apprends à reconnaître
dans tout ce qui est beau et bon,
et qui ne fait pas de bruit,
et qui s’accueille dans la confiance et la patience.

Ainsi s’exprime Marie Noël dans cette belle prière :

Mon Dieu, source sans fond de la nature humaine
Je laisse en m’endormant couler mon cœur en vous
comme un vase tombé dans l’eau de la fontaine
et que vous remplissez de vous-même sans nous.

Yves Maurice, 14.06.2015

PrésenceSréelleS


Rabindranâh TAGOREraconte cette légende (très résumée) :

Un homme, très pauvre va de porte en porte, mendier sa nourriture
et reçoit des grains de blé.
A la fin de ses journées, son petit sac est loin d’être rempli.
Un jour, il aperçoit un carrosse tiré par 4 chevaux :
Ah ! Pourvu que ce prince me voit et s’arrête !..
S’il voulait bien me donner quelque chose !


Le carrosse s’arrête.
Un homme au regard plein de bonté
fait signe au mendiant d’approcher et lui dit : donne-moi ton blé.
Le malheureux hésite, puis retire un grain de blé de son sac, et le donne.
Le soir rentrant chez lui, plus triste que jamais, il vide son sac.
Quelle ne fut pas sa surprise d’apercevoir un petit grain d’or ! un!..
Ah ! Si seulement j’avais accepté de lui donner tout le contenu de mon sac !

Croyez-vous qu’avec cette légende, nous soyons loin de l’eucharistie ?
Pas du tout !

A la messe, le Seigneur nous demande de lui offrir nos grains de blé,
notre pain quotidien ... toute notre vie
pour la transfigurer, pour la diviniser cette vie qui vaut de l’or !
Mais, qu’est-ce que nous offrons,
qu’est-ce que nous apportons de nous à la messe ?

A la messe, le pain offert représente toute notre vie apportée
pour que, par l’action de l’Esprit,
il nous revienne en communion,
faisant de notre vie une présence réelle du Christ.
Deviens ce que tu as reçu, écrit St Augustin.

Voilà l’extraordinaire que nous continuons de vivre
en sortant de la messe.

Yves Maurice, Fête du Corps et du Sang du Christ 20152015

« Allez !... »

Allez ! … Faites des disciples.
Il s’agit de faire des disciples, et faire des disciples,
ce n’est pas recruter de la main d’œuvre,
ou chercher des adhérents.

D’abord, il s’agit d’aller.
Aller, c’est partir, c’est quitter.
C’est être libre.
Aller, c’est le contraire d’être enfermé dans sa vérité
et prisonnier de ses principes.

Aller, c’est devant
et ce n’est pas en marche arrière.
Aller, c’est accepter de se dépouiller de son confort
pour aller vers l’autre,
ce qui est toujours une aventure.
Aller, c’est un signe de confiance.
Va, c’est une décision.

De toutes les nations …
Il n’y a plus de limites, plus de préalables
plus de conditions d’admission :
Dieu s’offre à toutes les nations.
Toute l’humanité est vouée à l’amour.

Va !
le seul commandement, c’est d’aimer !

Yves Maurice, Trinité 2015

 

La parole est à la Défense !

Dans un procès,
l’avocat de la défense est là pour prêter sa voix
à celui qui est sans voix.
Il essaye de trouver les mots de celui qui les cherche.

Jésus connaît ses Apôtres.
Il connaît leurs limites, leurs peurs, leur timidité …
Il sait aussi qu’ils rencontreront des détracteurs,
comme lui-même en a rencontré.
C’est alors qu’il leur promet le Défenseur,
L’Esprit de Vérité, précise-t-il.
Cet Esprit ne sera pas à côté d’eux, mais en eux.
Il les animera, les fortifiera, les sanctifiera.
Il leur soufflera les mots qu’il faut dire
et qui feront écho aux paroles prononcées par Jésus.
Paul ira jusqu’à dire :
Ce n’est plus moi qui vis,
c’est le Christ qui vit en moi.

Oui, l’Esprit Saint, l’Esprit du Ressuscité,
anime aujourd’hui encore son Eglise, et chacun de nous.
Alors, pourquoi aurions-nous peur ?
De quoi aurions-nous peur …
puisque la parole est à la Défense ?

Encore faut-il prier ce Défenseur,
et lui donner toute sa place en notre vie.

 Yves Maurice, Pentecôte 2015

 

Unité … et joie !

- Vous devez être inquiet monsieur l’abbé,me dit un jour un homme.
- Ah bon ! Et pourquoi ?
- La religion est en perte de vitesse. Les églises se vident.
Les prêtres son âgés et de plus en plus rares….
Question de tempérament ?
Je lui dis ne pas partager son pessimisme.
Dès le début de son existence, la vie n’a pas été facile
pour la fragile Eglise naissante.
Et pourtant, elle est toujours présente
et maintenant, sur tous les continents.

Question de tempérament ou question de foi ?
Une foi qui s’appuie sur la prière du Christ pour nous,
à la veille de sa mort, prière qui contient deux demandes :
l’unité :
Que tous soient un, comme le Père et moi sommes un.
Une communauté paroissiale qui ne cultiverait pas
la qualité de ses liens, l’accueil,,
ne pourrait pas avoir l’efficacité missionnaire,
quelle que soit la valeur de son organisation
et de ses responsables pastoraux.
la joie :
Qu’ils aient en eux ma joie !
Un chrétien authentique
ne peut que laisser transpirer la joie du Christ,
même si, comme tout le monde,
il n’est pas épargné par des épreuves.
Une Communauté chrétienne ouverte
et joyeuse quand elle se rassemble
attestera que croire est un vrai bonheur
et donnera raison au sens étymologique du mot «Evangile» :
Bonne Nouvelle.

Yves Maurice, 17.05.2015

 

Aimer … et c’est tout !

Saint Augustin distingue trois degrés dans l’acte d’aimer :

Aimer être aimé.
Dites-moi, quelle est la personne qui n’aimerait pas cela ?
Il faudrait être bien malhonnête pour prétendre le contraire.
Mais la vie nous a appris aussi que l’amour
ce doit être autre chose que cette satisfaction personnelle.

Aimer aimer.
C’est prendre du plaisir à aimer les autres.
Cette fois, on se quitte un peu soi-même.On est toute générosité.
Mon Dieu, que c’est bien de faire une bonne action,
de soulager une détresse, de se dévouer...
parfois d’aller jusqu’à jouer au pélican qui se laisse dévorer !
Mais, attention !
Tout excès en ce domaine peut être une manière détournée
de s’aimer soi-même, voire de dominer l’autre !

Aimer…. C’est tout !
Aimer l’autre pour lui-même … pas d’abord pour lui faire du bien.
Pas pour faire grandir notre vertu !
Non. Car, finalement, on n’aime pas pour …….
On aime.
C’est le sommet de la gratuité.

Avouons-le. On n’y arrive pas souvent.
Un seul, assumant notre humanité, s’est livré au pur amour,
Jésus.

Aimer,
un mot qui résume tout l’Evangile.

Yves Maurice, 10.05.2015

 

Porter du fruit

Qu’est-ce qu’on attend d’une vigne, sinon de porter du fruit ?
Mais le vigneron sait bien que cela ne se fait pas tout seul.
Il faut nettoyer, entretenir, traiter ...
 
C’est le premier enseignement de Jésus :
Qui demeure en moi, celui-là porte beaucoup de fruits.
Nous sommes, nous aussi, appelés à porter du fruit.
C’est même pour cela que nous existons.
 
Nous savons aussi que la vigne ne produit bien que si elle est taillée.
Et la taille, ça fait mal !
Mais, nous savons aussi que c’est indispensable pour un meilleur rendement.
 
Et pour nous renouveler nous-mêmes,
nous savons que nous devons tailler, élaguer,
« laisser tomber», comme on dit ... ou «rompre», parfois ...
et tout cela pour un bien supérieur.  
C’est aussi le sens de cette parabole de la vigne.
 
Enfin, dans la vie quotidienne, des expressions comme :
«être branché», ou au contraire, «le courant ne passe plus»
sont autant de manières de dire l’importance du lien.
La vie ne se développe que par un échange entre les personnes.
 
Un clin d’œil que Jésus adresse à chacun de nous :
branche-toi sur moi, sur une communauté de foi,
sur un réseau d’amis, demeure
pour grandir et porter du fruit.
 
L’homme vivant et créateur fait le bonheur de Dieu !

                                                                                                                               
Yves Maurice, 3.05.2015
 

 

Le bon passeur !

Je suis le bon pasteur, le vrai berger…
C’est vrai, on ne dit plus guère : Voilà un bon berger.
On dira plus volontiers :
J’ai un bon prof, un bon chef d’atelier, de bons parents …

Le « bon » responsable, à quelque niveau que ce soit,
paie de sa personne, prend des risques, s’expose …
Parfois, à l’arrière d’un poids lourd, on peut lire :
Je roule pour vous.

Je peux me demander si, là où je suis,
je roule pour moi ou pour les autres.
Ma responsabilité, c’est seulement ‘mon affaire’,
ou bien, ma responsabilité,
c’est un service qui m’engage par rapport aux autres ?

Avec Jésus, la preuve est faite.
Il a payé de sa personne jusqu’à en mourir.
Quand il se présente comme le Bon Pasteur,
il se propose en modèle et révèle aussi notre mission :
Quand une communauté de foi,
au lieu d’exclure, rassemble,
quand elle accueille les personnes telles qu’elles sont,
elle est l’icône du Bon Pasteur.

Nous ne sommes pas Jésus.
Nous n’avons pas à nous proposer comme modèle.
Mais si, au moins, notre responsabilité
c’était d’être de bons passeurs ?

Yves Maurice, 26.04.2015

 

A vous d’en être les témoins

Il faudra du temps aux disciples
pour ouvrir les yeux de la foi.
Cette rencontre d’aujourd’hui avec le ressuscité
les fera devenir de vrais croyants,
même s’ils sont saisis de frayeur et de crainte,
et même si, dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire
et restaient saisis d’étonnement.

Jésus ne leur fait aucun reproche,
il les connait si bien !
S’il les a choisis,
il les a choisis avec leur élan de générosité,
mais aussi avec leurs hésitations,
voire leur lâcheté.
Et il les fait cheminer vers la reconnaissance
du vrai Messie annoncé par les prophètes,
mais sans omettre ses souffrances, sa mort, sa résurrection
et la conversion pour le pardon des péchés.

Et le Christ fait de ses Apôtres
que nous sommes devenus,
ses témoins, même craintifs, même étonnés :
à notre tour d’aider ceux qui nous entourent
- même s’ils n’osent pas y croire -
à reconnaître le Ressuscité.

 Yves Maurice, 19.04.2015

 

LA PAIX !..

Je trouve que nous sommes très contemporains
des disciples du soir de Pâques.
Thomas doute de la résurrection de Jésus ...
et la peur tenaille les disciples,
au point de les pousser à s’enfermer.

Aujourd’hui comme hier, l’enfermement
est un produit de l’angoisse et de la peur.
C’est la peur qui conduit à se protéger, à mettre des limites à notre accueil.
C’est la peur qui durcit les positions entre partenaires sociaux ou politiques.
C’est la peur qui empêche de prendre la parole, ou qui fait fuir la réalité.
La peur : «Je ne vais pas y arriver».
La peur : «Nous ne trouverons jamais de solution ».
La peur n’évite pas le danger ; elle y précipite.

Les premiers mots du Ressuscité ? « La PAIX soit avec vous ».
Pour lui, la vie n’est pas la peur.
Et nous aussi, nous pensons que la peur ce n’est pas une vie.
Pourquoi on vit ? Pour l’amour, et non pour la peur.
Voilà une parole de Jésus qui est une Bonne nouvelle !
Et Jésus ajoute :
«De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie».
Nous ?.. Envoyés ?..Oui, mais pour quoi faire ?
Pour porter la paix !
Face aux violences du monde qui trouvent leur origine dans la peur,
apporter la paix autour de nous, au nom du Ressuscité,
voilà une de nos missions essentielles.

Yves Maurice, 12.04.2015

 

Un roi !... quel roi ?...

Ils attendaient un roi, un chef militaire, un baroudeur …
Et le voilà, soudain, qu’il se présente sur un ânon,
le petit d’une ânesse … un âne quoi !
Alors qu’on attendait un étalon de race, un cheval de guerre !

Ce signe disait le choix de Jésus :
ni armes blanches ou à feu, encore moins l’artillerie lourde …
mais la paix.
Son règne serait pacifique.

Les gens de l’ombre et de la revanche ont vite compris le message :
finis les rêves hégémoniques.
Ou alors, il fallait changer de leader …

Dans le bruissement des rameaux de printemps,
la croix se dressait déjà, la mort et la vie étaient à nos portes.
C’est étrange qu’il faille parfois du sang innocent,
pour que vienne peut-être la paix !

Le sang des chrétiens ou d’autres minorités religieuses
coule aujourd’hui encore de par le monde,
dans le Moyen-Orient et ailleurs.

Mais, si tu le veux, toi, où que tu sois,
tu peux brandir le rameau de la paix.
Ensemble, nous serons plus forts que la Haine.
Le Seigneur, juché sur son ânon, nous fait signe.
Alors, passons aux actes … aux actes de la Paix.

Yves Maurice, 29.03.2015

 

Un grain … d’amour

Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul …
Je conclurai une alliance nouvelle.

Aimer... non pas aider, mais aimer.
Non pas seulement donner, mais aussi accepter de recevoir.
Non pas seulement accepter de recevoir,
mais aussi donner du plaisir.
Aimer... non pas tant éprouver de grandes émotions,
que choisir de durer et goûter la fidélité.

Aimer … non pas seulement affaire de sentiments,
mais aussi de volonté.
Aimer... non pas d’abord une action, un geste,
mais une disponibilité de tout l’être.

M’aimer moi-même suffisamment
pour que l’invitation qui m’est faite
à aimer le prochain comme moi-même ait du sens...

Aimer... non pas travailler à son compte, en solitaire,
mais œuvrer avec d’autres, en solidaires.

Aimer ceux que Dieu me donne pour compagnons de route.
Aimer celui, celle qui frappe à la porte de mon cœur et de ma vie.

Aimer... car cela seul nous fait connaître Dieu.
Aimer … car cela seul nous configure à l’image de Dieu.
Aimer... car cela seul rend éternel.

 

Yves Maurice, 22.03.2015

Il faut !...

Aussi faut-il que le Fils de l’Homme soit élevé …

Combien de fois tu as employé cette expression
pour exprimer le sens de ta vie parmi nous :
A 12 ans : il faut que je sois chez mon Père (Luc 2,49)
Plus tard : il faut que je travaille
aux œuvres de Celui qui m’a envoyé (Jean 9,4).
Devant les perspectives de la Passion :
Il faut que le Fils de l’Homme soit livré …
qu’il soit crucifié et qu’il ressuscite(Luc 24,7)...

Comment expliquer cet acharnement à « falloir » ?
Il n’y a qu’un mot :
L’amour de ton Père, et l’amour pour nous tous !
Cet amour te fera accepter toutes les exigences :
Ayant aimé les siens … il les aima jusqu’au bout (Jean 13,1).

Aussi faut-il que le Fils de l’Homme soit élevé …
Par ta croix et ta résurrection, tu es élevé,
nous entrainant à ta suite,
délivrés des liens qui nous maintenaient en esclavage.

Tu nous élèves avec toi.
Tu nous remets debout, en état de marche, à ta suite.

Aide-nous, Seigneur, à te suivre
sur ce chemin de l’amour, du don de soi.
Aide-nous à dire, avec toi :
Il faut… que j’aime jusqu’au bout !

Yves Maurice, 15.03.2015

Le nouveau temple.

Jésus monta à Jérusalem…
Devoir de tout bon Juif pour la Pâque.
Rêve des exilés, dispersés dans le monde.
C’est encore le désir de tout vrai croyant,
juif, chrétien ou musulman.

Il ne s’agit pas d’un voyage touristique.
Monter à Jérusalem, est une démarche spirituelle ;
c’est aller vers Dieu.

Le Carême vient nous rappeler
que notre vie est une montée vers Jérusalem,
en marche vers le Père, avec Jésus pour guide.
Et comme pour toute marche,
il est nécessaire de ne pas se surcharger de choses inutiles.

Justement, Jésus chassa tous les vendeurs du Temple.
Nous sommes, aujourd’hui,
les pierres vivantes de ce Temple (1P.2,5).
Alors, Jésus, viens faire en nous
le travail de nettoyage que tu as fait à Jérusalem.
Il y a bien des choses qui nous encombrent
et font de notre cœur
une maison de trafic !...

Que ce cœur soit toujours une maison de prière,
le Temple du Dieu vivant (2Co.6,16),
pour sa gloire et le bonheur des hommes.

Yves Maurice, 8.03.2015

Regards transfigurés

Jésus, transfiguré,
apparaît en sa véritable identité
devant ses amis, Pierre, Jacques et Jean.

Comme le marin, au petit matin,
dans les premiers rayons du soleil levant,
nous sommes invités à écouter la lumière
pour changer notre regard sur ceux qui nous entourent.

A ce propos, écoutez ce que dit ce vieux sage d’Orient
à ses élèves que nous sommes :

A quoi peut-on reconnaître, demande-t-il,
le moment où la nuit s’achève
et où le jour commence ?
Est-ce lorsqu’on peut distinguer de loin
un chien d’un mouton ?
Non, dit le sage.
Est-ce quand on peut distinguer un dattier d’un figuier ?
Non, dit encore le sage.
Mais alors, demandent les élèves, quand est-ce donc ?

Le sage répond :
On reconnait le moment où la nuit s’achève et où le jour commence
lorsque, regardant le visage de n’importe quel homme,
tu reconnais ton frère ou ta sœur.
Tant que tu n’as pas fait cette reconnaissance,
il fait encore nuit dans ton cœur !

 Yves Maurice, 1.03.2015

 

« Aussitôt, l’Esprit le poussa au désert »

Le mot est fort : « aussitôt » après le baptême,
c’est le temps du désert...
Pas le moindre délai.
Et « aussitôt » après le temps du désert,
c’est l’appel à la conversion
et le temps de l’annonce dans la Galilée mécréante.

Nous aussi, baptisés, l’Esprit nous pousse au désert
en ce temps de Carême,
le temps de se laisser convertir
pour mieux approfondir notre relation à Dieu,
notre relation aux autres.

Cet « aussitôt » de notre temps de désert
c’est aussi pour vivre
cet « aussitôt » de nos Galilée d’aujourd’hui.
L’Esprit nous « pousse ».
Il faut y aller, tout de suite.

C’est tout au long de notre vie
que nous sommes appelés
à nous laisser guider par l’Esprit
pour accomplir la mission que le Père nous a confiée.
Alors, un objectif de Carême ?
Laissons-nous bousculer par l’Esprit.

« Je vais l’entraîner au désert, dit Dieu,
et là, je lui parlerai cœur à cœur ».

Yves Maurice, 22.02.2015

 

 

L’amour guérit toute lèpre

A force de mettre de côté les «lépreux» de tous genres,
on en fait des marginaux.
Le mot lui-même est devenu adjectif … que l’on dit «qualificatif» !

Jésus a l’audace de toucher l’intouchable.
Cela se passe au 6ème dimanche appartenant au temps «ordinaire».

Ordinaire, dites-vous ? Ordinaire de toucher les reclus ?
Ordinaire de rendre neuf cet homme abimé ?
Allons donc !... tout est extraordinaire en ce dimanche.
Rien n’est comme d’habitude. Rien n’est fait selon les règles.
Jésus touche ce lépreux, et c’est défendu.
Jésus l’envoie prendre place dans la communauté des vivants,
et c’est défendu.

C’est le signe évident d’un monde nouveau qui naît.
C’est redonner visage d’homme malgré tous les interdits :
aux recalés de partout,
aux chômeurs, aux immigrés, aux divorcés, aux sidéens …

Quelle chance pour ce lépreux que de revivre.
C’est sûrement pour cela qu’il ne tient pas en place
et qu’il court répandre la nouvelle
bouleversant la tranquillité des bien-pensants.

L’amour peut encore aujourd’hui «guérir» toute lèpre.
L’amour fait des miracles.

Yves Maurice, 15.02.2015

 

Se lever … et servir !

Quand la belle-mère de Simon-Pierre a appris
que son gendre avait abandonné ses filets
et même quitté sa famille
pour suivre un beau parleur inconnu,
elle a eu un gros choc.
Et quand, en plus on lui a dit
que ce Jésus allait venir à la maison,
alors là, elle en a été « malade ».
Et elle s’est alitée.

Il arrive, s’approche, la touche. Pas de paroles !
Mais, quand Il la saisit par la main,
elle a soudain compris.
Et sa colère intérieure s’est évanouie.
Alors, elle se lève, cuisine et sert.
C’est moi le Seigneur ton Dieu
qui saisit ta main droite et qui te dis :
Ne crains pas !... (Esaïe, 41,13).

Nous aussi,
nous avons parfois peur que Jésus
bouscule nos habitudes, nos sécurités.
Nous voudrions qu’il nous laisse tranquille
dans notre « maison ».
Mais, il s’approche, sans un mot,
 nous touche au cœur.

Et alors,
on se lève ?... et on sert ?...

                                                                                                Yves Maurice, 8.02.2015

 

… mais délivre-nous du Mal !...

Jésus commence son combat contre les forces du Mal
en Galilée, carrefour de populations d’origines diverses
et qui ne trouvera son aboutissement total
que dans sa mort et sa résurrection.
Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?...

Jésus frappe juste. L’enjeu est capital.
Es-tu venu pour nous perdre ?

C’est vrai.
Jésus et sa Bonne Nouvelle
mettent un monde en péril :
le monde des tout-puissants et de l’argent roi,
le monde de l’individualisme, du sectarisme, de l’exclusion,
le monde de la violence et de l’injustice …

Aucune vraie libération,
quelle soit politique, économique ou sociale,
ne pourra jamais faire l’économie de l’Evangile
qui nous montre où se cache
le véritable ennemi de l’homme,
de l’homme en société.

La Bonne Nouvelle
c’est que Jésus est vainqueur du Mal
et qu’il attend de nous
que nous soyons les témoins, visibles, actifs, de sa Victoire.

Yves Maurice, 1.02.2015

 

Pêcheurs d’hommes

Quatre hommes, en un éclair,
laissent tout tomber de leur vie professionnelle et familiale
pour suivre Jésus qui leur dit :
Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.

A première vue, la formule est choquante.
Mais, comprenons bien.
Pêcher des hommes, ce n’est pas pêcher des poissons.
Quand on sort des poissons de l’eau, ils meurent.

Le langage de l’Evangile veut dire, au contraire,
que sortir des hommes de l’eau,
c’est les sortir du Mal et de la mort dont la mer est le lieu symbolique.
Etre pêcheurs d’hommes c’est donc les sortir de l’emprise du Mal.

Venez à ma suite !...
Si c’est vraiment cela être pêcheurs d’hommes,
qui peut dire : cela n’est pas pour moi !

Quand je sors quelqu’un de la galère, quelle qu’elle soit,
quand j’aide quelqu’un à ne pas sombrer
quelle que soit la forme du péril,
je suis pêcheur d’hommes.

Jésus est venu nous délivrer du Mal,
comme nous le demandons dans le Notre Père,
et il veut nous associer à son projet.

Puisse cette page d’Evangile nous réveiller et nous révéler
pêcheurs d’hommes.

 Yves Maurice, 25.01.2015

 

 

Où demeures-tu ?

Quand est-ce que tu viens à la maison ?
La personne qui pose la question
sait bien que c’est une manière de révéler ce qu’elle vit.
Aller à la maison permet de mieux se connaître.
Aux disciples qui demandent : Où demeures-tu ?
Jésus répond ; VENEZ et vous verrez !

Connaître un intérieur,
 c’est aussi connaître la personne qui habite cet intérieur.
Et en quittant la maison,
ce n’est pas de la maison dont on parle,
mais de la rencontre.
Dans l’Evangile d’aujourd’hui, les disciples ont retenu l’heure,
comme pour exprimer que, l’essentiel, c’est la rencontre.

Après la rencontre de Jésus,
Simon devient Pierre.
La rencontre le change. Il est quelqu’un pour Jésus.

« Chrétien »,
c’est le nom reçu d’un désir,
c’est le nom reçu d’une rencontre.
Christ, chrétien,
mon nom vient de la rencontre de Quelqu’un.
Est-ce vrai pour chacun d’entre nous ?
Et est-ce que cette rencontre nous change ?

                                                                                                           Yves Maurice, 18.01.2015

 

Baptême et solidarité

Au moment du rite du baptême, tout s’enclenche,
mais rien n’est gagné.
C’est un peu comme un étranger qui se fait naturaliser :
ce n’est pas le jour où il reçoit sa carte d’identité
qu’il réagit comme un citoyen de longue date.
De même, le rite du baptême
nous reconnaît comme fils, fille de Dieu.
Mais nous n’avons pas immédiatement
la manière de vivre en fils ou fille de Dieu.

La manière de vivre en fils, fille de Dieu ?
Jésus nous le dit par son baptême :
Dieu, en Jésus, ne vient pas à Noël « visiter » la terre,
comme le chantait un vieux cantique.
Il vient prendre, à part entière, la condition humaine.
Cette plongée dans les eaux du Jourdain, le bain des pécheurs,
est d’abord un geste de solidarité.
Lui, le « sans péché »,
se rend solidaire des pécheurs que nous sommes
et rétablit ainsi notre relation avec Dieu :
Jésus vit les cieux se déchirer !

Notre baptême, à la suite de celui de Jésus,
nous rend solidaires de nos frères.
Comme l’ont dit autrefois les évêques français à Lourdes :
la solidarité n’est pas un « à côté ».
Elle est constitutive de notre être chrétien.

                                                                                                                                  Yves Maurice, 11.01.2015
 

Lever les yeux !

Ces mages nous sont bien sympathiques :
les traditionnelles parties de galettes
suscitent beaucoup de convivialité,
et c’est déjà une bonne chose.

Plus profondément, ils donnent à Noël
son ouverture universelle :
l’enfant de la crèche accueille tout le monde,
d’où qu’il vienne, quel que soit le parcours.

Et puis, ces mages nous rappellent
l’importance de l’adoration et de l’offrande.

Ils nous redisent aussi
que le chrétien est un être en route, en chemin,
jamais arrivé, toujours déplacé,
déplacement psychologique, sociologique, spirituel.

Mais, avant ce déplacement,
ils ont vu se lever son étoile,
et ils ont levé les yeux.

Lever les yeux,
c’est peut-être ce qui nous fait défaut, souvent,
et nous entraine au pessimisme, au découragement.

Que cette fête de l’Epiphanie éclaire notre vie,
qu’elle nous fasse relever la tête
et repartir par un autre chemin.

Yves Maurice, 4.01.2015

 

Reine du « oui »

Marie, on parle de toi comme d’une Reine,  d’une déesse,
d’une femme presque inaccessible,
tout au moins difficile à imiter.
Et moi, je veux d’abord voir en toi celle qui a dit « oui ».

Je suis ébloui par le respect de Dieu
qui  demande ton acquiescement,
ébloui aussi par ta réponse confiante,
ton abandon total entre ses mains.

Comment a-t-il eu cette idée insolite
de passer par ton « oui »
pour venir sur terre nous parler
de son amour inconditionnel pour tous.
Il faut être fou, fou d’amour
pour agir de façon si déraisonnable..

Et j’admire aussi ton adhésion, sans restriction,
au projet de Dieu sur toi.
Tu ne calcules pas en fonction
des réactions de ton entourage,
de la peine légitime que pourrait ressentir Joseph,
des conséquences désastreuses
que risque d’entrainer ta situation de maman-célibataire.

Tu as dit « oui » tout simplement ce jour de l’annonce,
mais « oui » aussi tous les jours de ta vie.  

T’admirer … seulement ?
ou t’imiter … aussi ?

                                                                                                                             Yves Maurice, 21.12.2014

 

 

Soyez toujours dans la joie,
nous dit l’Apôtre Paul, ce dimanche.

La joie,
elle se devine dans le regard émerveillé des enfants s’éveillant à la vie.
Elle pointe dans chaque histoire d’amour qui commence et se développe.
Elle vibre dans des vies de partage.
Elle coule dans le bonheur d’être ensemble.
Joie de Dieu !

Comme une étoile lumineuse,
elle nous surprend dans nos nuits que nous pensions sans espoir.
Elle déborde là où nous ne l’attendions pas.
Elle est étonnante et étonnamment authentique
chez certains malades et handicapés.
Joie de Dieu !

.Joie du travail bien fait, chacun selon son talent,
sa vocation, sa mission.

Si on faisait un sondage sur ce qui caractérise les chrétiens,
je ne suis pas du tout certain
que la joie apparaîtrait en première position !!!
Etonnant de la part de ceux qui disent croire
en la résurrection du Christ, et en la leur.
Savez-vous que la joie est mentionnée
plus de 80 fois dans le Nouveau Testament ?

La joie !
Chrétiens, dépositaires de la Bonne Nouvelle,
nous avons la mission, prioritaire,
d’être des acteurs de joie !
                                                                                                        Yves Maurice, 14.12.2014

 

                                                                                                  

Désir de bonheur !

Parfois déçus, blessés, blasés, meurtris,
avons-nous encore le courage de croire au bonheur ?...
de l’attendre, de le désirer, de nous battre pour sa réalisation,
de faire un vrai travail de déblaiement, de nivellement en nous
pour sa venue ?...

Tracez droit dans les terres arides une route …
Que tout ravin soit comblé,
toute montagne et toute colline abaissées …

Quête utopique ?... Rêve inaccessible ?...
Et pourquoi ne pas attendre activement ce cadeau promis
par Celui qui a mis en nous ce désir fou ?

Le bonheur n’est pas de posséder beaucoup,
mais d’espérer et d’aimer beaucoup !

Le vrai bonheur ne se love pas d’abord, et pas nécessairement,
dans le tout bien-être et la satisfaction immédiate.
Il se glisse déjà dans le désir
et dans la tension, pleine d’espérance.

Ce temps de l’Avent qui nous est offert,
temps de déblaiement sur notre route,
est précieux pour le re-découvrir.

Yves Maurice, 7.12.2014

 

Il te faut veiller

C’est l’Avent, avec un «E».
C’est pas un truc qui arrive « avant »,
Ce n’est pas le temps qui est avant Noël,
où les magasins sont ouverts le Dimanche. Non !
L’Avent, ça veut dire l’arrivée. Il y a quelqu’un qui arrive, qui vient.


Il n’arrive pas non plus comme un cheveu sur la soupe,
Il arrive vers nous. Il vient en nous.

Dieu annonce son arrivée.


On l’avait un peu laissé de côté,
Avec un emploi du temps chargé, les soucis, le travail, la maison,

le temps passé sur Facebook, les tweets, les consoles …
Il s’annonce, il nous dit :

J’arrive chez toi, dans ton monde, dans ta maison, dans ton fourbi.
Je me ferai tout petit, mais laisse-moi une place ! 


Je lui réponds alors : Oui, tu peux venir.
Je n’ai pas eu trop le temps ces derniers jours,
mais je vais faire un peu de ménage dans ma vie,
réorganiser mon emploi du temps pour toi,
prendre du temps pour Te parler
.


Il dit : Il te faut veiller,
car je pourrais arriver à l’improviste et te trouver endormi

 

Dieu arrive… Une nouvelle fois…
Et je suis rempli de foi, de joie, de Toi !

 

                                                                                                         Yves Maurice, 30.11.2014

Du bon côté !...

La parabole du « jugement dernier » nous apprend
que le Roi fera un tri dans l’humanité :
les uns seront placés à sa droite, les autres, à sa gauche.
Et chacun sera très étonné de se trouver ainsi rangé !

Pourtant, nous-mêmes, nous savons si bien ranger les gens,
selon leurs origines, leur fortune, leur culture, leur apparence !...
et surtout, selon le comportement
qu’ils ont envers nous !

Ce classement ne nous gêne vraiment
que lorsque ce sont les autres qui l’opèrent à notre égard.

Le Roi nous révèle aujourd’hui
que la seule ligne de démarcation décisive
ne sera manifestée qu’au dernier jour,
et que le critère du tracé
sera celui-là seul du poids d’amour vécu au quotidien.
En attendant, on peut toujours changer de côté !

Mais comment faire pour se trouver du bon côté ?
Le Roi nous livre le secret :
Traiter tous les autres comme si c’était le Christ lui-même.

Souvent, nous disons des autres :
Lui, c’est lui !... Moi, c’est moi !
Le Christ-Roi nous dit :
Moi, c’est lui !... Lui, c’est moi !

Yves Maurice, 23.11.2014

 

La cruche fêlée.

Autre version de la parabole des « talents »,
où l’important est de savoir ce que nous faisons
avec ce que nous avons, avec ce que nous sommes.

Un vendeur d’eau, chaque matin, se rend à la rivière,
remplit ses deux cruches d’eau et part vers la ville
distribuer l’eau à ses clients.
Une des cruches, fissurée, perd de l’eau ;
L’autre, toute neuve, pleine d’eau, rapporte plus d’argent.
La pauvre fissurée se sent inférieure :
Tu sais, dit-elle au vendeur d’eau,
je suis consciente de mes limites.
Tu perds de l’argent avec moi, car je suis à moitié vide
quand nous arrivons à la ville. Pardon !

Quelque temps plus tard, en route vers la rivière,
notre porteur d’eau dit à la cruche fissurée :
- Regarde le bord de la route.
- C’est joli, c’est plein de fleurs, dit la cruche.
- Mais, c’est toi qui, chaque matin, arrose le bord de la route !
J’ai acheté un paquet de graine de fleurs,
je les ai semées le long de la route,
et toi, sans le savoir, tu les arroses chaque jour.

Ne l’oublions jamais.
Nous sommes tous un peu fêlés.
Mais Dieu, si nous le lui demandons,
sait faire des merveilles avec nos faiblesses.

                                                                                                          
Yves Maurice, 16.11.2014

 

 

L’amour traverse la mort

De même que sans élan on ne franchit pas un obstacle,
de même, sans amour, nous dit Jésus,
on ne franchit pas la mort, toute mort.

Au fond, si l’ «enfer» veut dire quelque chose,
je crois que c’est cela : une vie sans amour…
une vie tellement refermée sur elle-même,
qu’elle ne débouche sur rien.
Elle n’attend rien, elle n’espère rien.
Elle s’éteint un jour sans avoir allumé le moindre feu !

Alors, ne gâchons pas ce temps précieux
qui nous est offert pour aimer.
Cela seul nous fait expérimenter le « passage » ouvert par Jésus.

La personne qui, durant sa vie, a su aimer les autres,
n’a rien à craindre de la mort, si pénible soit-elle.
Sa vie qui était déjà passage, l’emmène plus loin.
L’aventure continue, autrement sans doute,
mais – et c’est bien là l’essentiel –
toujours avec Jésus !

Alors, notre mort sera-t-elle impasse ou passage ?
C’est bien sûr à notre vie d’y répondre.
Mais c’est aussi Dieu seul
qui saura repérer et rassembler tous nos gestes d’amour
pour les épanouir en éternité.

                                                
  Yves Maurice, 02.11.2014

 

Les saints ? Ça existe encore !

Les saints ?
Des pécheurs pardonnés.
Foule immense que nul ne peut dénombrer !

Oui, des familles unies et des enfants qui s’aiment,
ça existe encore !

Oui, dans les quartiers, les villages,
des gens toujours prêts à ouvrir leur porte,
ça existe encore !

Oui, des personnes qui font taire rumeurs et rancœurs,
qui osent risquer les premiers pas de la réconciliation,
ça existe encore !

Oui, des gens qui enterrent la hache de leurs guéguerres
pour faire grandir la paix,
ça existe encore !

Oui, des personnes qui mettent leur joie à partager
leur avoir et leur savoir,
ça existe encore !

Oui, des Communautés chrétiennes
tolérantes, accueillantes, fraternelles, chaleureuses,
ça existe encore !

Oui, des saints qui vivent ainsi les Béatitudes,
ça existe encore au jour le jour.

                                                                          Yves Maurice, 01.11.2014


Dieu … et les Autres !


« Rendez à Dieu ce qui est à Dieu. »
C’est vrai que depuis notre baptême
nous portons sur nous une marque, une effigie,
autre que la marque sur une pièce de monnaie.
nous portons la marque de Dieu
à l’image duquel nous avons été créés.

En l’aimant vraiment, la question n’est plus :
qu’est-ce qui est permis ?... Qu’est-ce qui est défendu ?...
Nous essayons de lui donner le meilleur de nous-mêmes.

Mais ce Dieu que nous accueillons nous renvoie vers les autres :
« Rendez à César ce qui est à César … »
Hé oui, c’est notre devoir de nous investir
dans le social, le politique, le familial …
C’est un devoir pour nous de participer
à la construction d’un monde plus juste, plus fraternel,
plus respectueux de l’environnement …
C’est dans ce monde, tel qu’il est,
que nous avons à témoigner de l’Evangile.

Par notre baptême et notre confirmation,
nous avons été marqué du sceau de l’Esprit,
cet Esprit de dieu qui est éminemment un Esprit missionnaire.

En renvoyant à Dieu ce qui lui revient,
nous sommes automatiquement renvoyés vers les autres.

                                                                                                           Yves Maurice, 19.10.2014

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