Diaconat permanent | Diocèse de Troyes

Diaconat permanent

Le ministère de diacre permanent On précise diacre «permanent» pour distinguer du diacre qui se destine au presbytérat, lequel restera aussi diacre pour toute sa vie. Le ministère des diacres existe depuis les premiers temps de l’Église, mais depuis plusieurs siècles et jusqu’au Concile de Vatican II, le diaconat ne subsistait plus dans l’Église latine qu’au titre d’étape vers le ministère de prêtre. C’est ce concile qui l’a rétabli en tant que ministère exercé de manière permanente : les hommes qui reçoivent l’ordination comme diacres permanents sont appelés, sauf rares exceptions, à exercer le ministère diaconal toute leur vie. Le ministère est permanent mais il se concrétise par des missions particulières données pour un temps et révisables. Fin 2008, en France, il y avait 2 250 diacres ayant une mission. Dans l’Aube, nous sommes maintenant 20 bientôt 22, avec l’ordination de Etienne Molderez et Philippe Prunet le 30 octobre 2010. La première ordination a eu lieu en 1987 avec Raphaël Devolder et François Cacheux. Pourquoi le diacre est-il un ministre ordonné ?
On ne peut bien comprendre le diaconat qu’en s’appuyant sur sa dimension sacramentelle. Comme les prêtres (et les évêques) les diacres reçoivent le Sacrement de l’Ordre. Les ministres sont d’abord un don de Dieu fait à son Église. (cf. Ep 5, 21-33) « Comme ministère ordonné, le diaconat signifie et rappelle que l’Église n’est pas à elle-même son origine ni sa norme ultime ; elle se reçoit sans cesse du Christ, en vue du salut à proposer à tous les hommes. » Celui qui devient diacre, reçoit l’assistance de l’Esprit Saint, l’évêque lui impose les mains en vue du service. Car servir à l’image de Jésus ne résulte pas de la seule bonne volonté de l’homme et met en jeu plus que des bonnes relations entre les hommes : « Le service ne représente pas une simple qualité morale ; il fait partie de l’identité de l’Église et vient de Dieu1 et le « service » de Jésus va jusqu’au don ultime de sa vie ; c’est ce que signifie le geste du lavement des pieds (Jean 13, 1-15). Mais être au service ou diaconie, ne se résume pas seulement au diacre permanent ; une diaconie est assumée par des chrétiens au nom du Christ et de l’Église, le diacre étant le signe que le Christ est la source du service assumé par les chrétiens. Le diacre n’est jamais un super chrétien. Il n’est pas ordonné d’abord pour sa sanctification personnelle, mais pour la structuration et l’authentification de l’Église dans sa mission au cœur du monde. Il a à promouvoir la pleine responsabilité du témoignage des baptisés, à lutter contre tout esprit de ghetto, à croire en la capacité de chacun. Comme nombre d’entre nous arrivons à la retraite, nous sommes vigilants à ne pas nous limiter à des services ecclésiaux, mais à rester présents à la mission de l’Église dans le monde, dans l’Aube. Pour aider le diacre à bien remplir cette mission, des équipes (appelées équipes de mission) se mettent en route, composées de personnes capables d’écouter, de poser un regard. La mission de chacun est aussi soutenue par l’amitié et la prière de tous les frères diacres. Chacun a sa tâche, mais la sollicitude à l’égard des pauvres de vie et de l’Evangile nous est confiée collectivement au nom de l’Église. Etre solidaires des pesanteurs et de la grâce du ministère de chacun se manifeste dans les fraternités afin qu’aucun ne se sente isolé, qu’aucun ne travaille isolément. Pour partager nos soucis, nos joies, nos missions nous avons constitué des équipes de quatre avec les épouses qu’on appelle les « frats » qui d’ailleurs viennent d’être renouvelées lors de notre rencontre bilan de juin ; nous avons cinq frats qui se retrouvent cinq ou six fois dans l’année dans un temps de convivialité et qui changent tout les trois ans. L’interpellation :
En fonction des besoins pour la diaconie de l’Eglise diocésaine, c’est la communauté des croyants concrètement des espaces, des équipes pastorales ou des services qui sollicite des hommes pour le ministère diaconal. La prudence et la discrétion sont requises dans cette démarche, du fait qu’elle peut engager toute la vie de l’intéressé. Lorsqu’un homme est remarqué comme susceptible de convenir au diaconat, c’est le Comité Diocésain du diaconat qui est informé pour décider de l’opportunité de l’interpeller suivant les besoins. Si l’homme est marié, le sacrement de mariage ne devant en aucun cas souffrir d’une éventuelle ordination au diaconat et l’épouse devant se sentir pleinement consentante, c’est alors au couple qu’il s’agit de poser la question. Les enfants donnent leur avis et leurs questionnements. Après que l’intéressé ait été plus précisément informé du ministère diaconal et du cheminement requis, il sera invité à un discernement personnel préalable dans la prière, appuyé par un accompagnement spirituel. Le cheminement débute avec l’épouse bien-entendu, par trois années de discernement, dans un groupe de recherche (équipe d’accompagnement). C’est un lieu d’échange fraternel, de vérification et d’approfondissement de la vie spirituelle. Y sont apportés des éléments doctrinaux sur l’Eglise, les sacrements, les différentes vocations, les ministères, le diaconat … Cette période de discernement doit permettre de vérifier si le ministère diaconal paraît ou non correspondre à un appel du Seigneur. Pour les épouses, il s’agit de trouver la liberté spirituelle de dire oui ou non en connaissance de cause à la perspective de l’ordination. Par ailleurs, un accompagnement personnel par un conseiller spirituel est indispensable. A l’issue de ce discernement, confirmé par le Comité diocésain du Diaconat et l’équipe d’accompagnement, et s’il accepte (ainsi que son épouse, s’il y a lieu) de poursuivre, l’homme entre en formation. Dès ce moment ou un peu plus tard il va demander à l’évêque d’être « admis comme candidat » au diaconat. Diacres et prêtres
Les évêques et les prêtres ont la charge proprement pastorale de conduire les communautés ecclésiales, ce qui inclut la présidence de l’Eucharistie. On parle pour eux de ministère sacerdotal. Telle n’est pas la charge des diacres. Les évêques de France invitent les prêtres et les diacres à collaborer fraternellement et se soutenir mutuellement « à cause de l’unique sacrement de l’Ordre et de l’unique mission de l’Eglise : célébrer, prier ensemble, partager le souci de la mission. » Les diacres sont actuellement reconnus comme « ministres ordinaires du baptême (des enfants) et du mariage » ; cependant ils ne célèbrent ces sacrements que par délégation du prêtre, pasteur de la communauté. Dans de nombreux ensembles paroissiaux, les prêtres se rencontrent régulièrement avec les diacres dans un climat fraternel, afin de se soutenir mutuellement, de réfléchir ensemble aux questions pastorales et de prier. Malgré la position inconfortable d’un ministère qui se cherche toujours, qui tente d’être toujours plus présent à ceux qui sont aux marges de la considération sociale, aux marges des communautés chrétiennes, aux marges de l’expérience de Dieu, aux marges d’une vie sereine et équilibrée, je peux dire, je crois, au nom de tous les diacres que nous sommes heureux d’avoir été ordonnés et de partager sur nos différentes missions, dans la confiance, avec les prêtres de nos espaces, avec notre Evêque. Alain Moreau, diacre
Délégué diocésain du Comité diocésain du Diaconat ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube" n° 9 de septembre 2010.
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