Des hommes et des dieux | Diocèse de Troyes

Des hommes et des dieux

A la sortie du cinéma, l’émotion est palpable. Les spectateurs, dont beaucoup ont encore les larmes aux yeux, viennent de vivre une histoire magnifique et bouleversante d’amour et de mort comme l’Évangile. Ils viennent de voir « des hommes et des dieux » ce film de Xavier Beauvois qui met en scène le drame des moines de Tibhirine. Traité avec une grande sobriété, ce film, très fidèle dans son esprit, est certainement très proche de l’histoire de ces moines dont sept ont été assassinés et dont l’annonce de la mort a été officielle le 21 mai 1996. Le testament de Christian de Chergé, le prieur du monastère, écrit deux ans avant sa disparition, intitulé « Quand un A-Dieu s’envisage » a été ouvert après sa mort. Diffusé à l’époque dans La Croix du 28 mai 1996, et lu dans toutes les églises de France à la messe du dimanche suivant, il est aujourd’hui relayé de façon magistrale pour le monde entier. Ce film est totalement imprégné de beauté. Beauté des paysages, beauté des moines pleins de chaleur humaine, beauté des scènes de fraternité avec la population, beauté de la liturgie et des chants grégoriens ou polyphoniques. Un mystère reste cependant qui ne peut manquer de nous interpeller : pourquoi les moines sont ils restés ? Ils avaient été prévenus pourtant, d’une façon officielle, par les autorités de l’Etat algérien, et d’une façon plus sanglante par le massacre des ouvriers bosniaques d’une entreprise de travaux publics. Tout le long du film, ce sera la question récurrente posée à chaque chapitre : devons- nous partir, devons-nous rester ? Si, au début, plusieurs moines choisissent de partir, petit à petit, par un cheminement interne, leur nombre diminue et à la fin ils décident tous de rester. On se rappellera cette magnifique phrase du prieur qui répond à l’un des moines qui se demande s’il est nécessaire de donner sa vie sans raison : « Ta vie, tu l’as déjà donnée. » « Des hommes et des dieux » n’est pas seulement un beau film qu’on est content d’avoir vu, c’est un film qui rend meilleur « qui peut provoquer chez chaque spectateur un mouvement intérieur qui pousse à l’action » comme l’a dit Annick Chessel, la nièce d’un des moines. Nous partageons complètement ce point de vue en encourageant ceux de nos lecteurs qui ne l’ont pas encore vu, à aller le voir et baigner ainsi dans cette ferveur qui ne se dément pas pendant toute la projection. Fanchic Dupré la Tour ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube" n° 10 d’octobre 2010.
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