Le regard d'un prêtre : Attendre… | Diocèse de Troyes

Le regard d'un prêtre : Attendre…

Il n’y avait pas eu de messe de Noël à Brillecourt depuis 1967. Mais, depuis cette année-là, chaque nuit de Noël, une paroissienne habille son église de vêtements de fête : elle la fleurit, elle l’éclaire, elle l’habite de sa présence espérant que le fruit tant attendu finira par arriver. Ce fruit tant attendu a muri ce 24 décembre 2009. La nuit était au milieu de son cours que du ciel sont arrivés, tenez vous bien, deux prêtres. Alors les anges se sont mis à sonner, les vieux membres du clocher en ont vibré d’étonnement. L’église s’est remplie ; l’attente engendre la venue. C’est Noël ! Où allait donc ma mère avant l’aube en ce matin de juin alors qu’une journée harassante l’attendait ? Elle aimait monter au plus haut de notre champ aspirant à découvrir l’éblouissement de la naissance du roi soleil. C’est Noël chaque matin. Qui n’a connu cette joie anticipée de voir éclore la fleur patiemment couvée ou de deviner le dénouement d’une situation compliquée ? Quelle maman n’a pas tremblé de joie en accompagnant la maturation de son enfant ou en guettant le retour d’un fils prodigue ? Toute nouveauté est le fruit d’une longue et active germination. Ce qui se cueille trop tôt se fane aussi vite, tout est dans le désir persévérant et l’attente féconde. Mais qu’est-ce que l’attente ? En latin le verbe « attendere » veut dire tendre vers. Mais il est un autre mot synonyme : « expectare » qui veut dire regarder, fixer son regard vers, contempler. Dans ce second mot, l’attente n’est plus seulement un désir, elle est déjà en accomplissement. Elle est l’aube avant le jour ; elle est la main encore tendue mais déjà ouverte à l’accueil. Nous allons, une fois encore, connaître cette joie de l’adventus domini c’est-à-dire de la venue, chaque jour, nouvelle du « Soleil levant » qui vient nous visiter (Luc 1 ; 478). Comme le calendrier de l’Avent de nos enfants qui voit s’ouvrir chaque matin sa petite fenêtre, que chaque jour de ce temps voie s’ouvrir de plus en plus large notre cœur à celui qui vient. Qu’il en soit comme la mère qui met au monde chaque jour avec davantage d’intensité l’enfant attendu jusqu’à ce qu’elle le contemple admirative et chantante en ses deux mains ouvertes. Tel sera notre Avent. De même que la graine ne germe que si la terre obscure est le lieu de son éclosion, la Parole créatrice ne pourra revivre en nous l’incandescence de son incarnation que si nous savons l’accueillir dans nos vies encore ténébreuses. L’attente, si elle est réellement active, portera alors le nom d’Espérance. Ce mois de décembre sera d’autant plus fructifiant si nous le parcourons en tenant la main de celle que nous aimons nommer Notre Dame de la Sainte Espérance. Je crois, en effet, que Jésus n’a jamais fini de naître, Marie d’être sa mère et nous de devenir de plus en plus plus fils et frères. « Vivons dans la justice et la sainteté attendant la bienheureuse espérance et l’apparition de la gloire de notre sauveur le Christ Jésus. » (Lettre de Paul à Tite 2-13). Michel Gatouillat, prêtre ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube" n° 11 de novembre 2010.
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