Les européens doivent se ressaisir | Diocèse de Troyes

Les européens doivent se ressaisir

quels messages les Européens ont-ils envoyés au reste du monde en ce mois d’avril 2010, sinon ceux de l’impuissance de leurs gouvernements et de leur propre incapacité à regarder les choses en face ? L’interminable négociation au sujet du plan d’aide à la Grèce, les controverses françaises au sujet de la réforme du système des retraites, les pathétiques querelles linguistiques qui menacent l’existence même de la Belgique ! Pendant ce temps là, les Chinois mettaient la dernière main à leur pharaonique exposition universelle de Shanghai, illustrant tout à la fois la puissance du pays et le savoir faire du régime ! L’auto-flagellation européenne : Le moral des Européens n’est pas au beau fixe, c’est le moins que l’on puisse dire ! Nous semblons oublier que nous produisons chaque année trois fois plus de richesses que l’empire du milieu, que notre système de protection sociale est le plus avancé du monde, et que la liberté des citoyens européens est incomparable pour ne citer que ces quelques exemples. En même temps, nous pouvons constater que des voix s’élèvent pour mettre en cause les institutions européennes (le Conseil européen, la Commission, la Banque centrale européenne etc.), l’euro lui-même, dans le développement de la crise économique et financière actuelle. Il est vrai que le moment est délicat. Les marchés financiers ont souligné les similitudes que présentent le Portugal et l’Espagne avec la Grèce : le niveau très élevé de la dette, le déséquilibre des comptes publics, la faiblesse de la croissance handicapant le redressement nécessaire etc. La solvabilité de la Grèce a été mise en cause, l’obligeant à emprunter à des conditions ruineuses. A leur tour, Lisbonne et Madrid sont confrontés à une augmentation des taux d’intérêt exigés des investisseurs qui financent leurs déficits. La chancelière allemande, Angéla Merkel, redoutant le résultat des élections du 7 mai en Rhénanie-du-Nord-Westphalie qui menace la coalition politique qu’elle dirige et craignant que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe puisse être saisie sous le prétexte qu’une aide à la Grèce contreviendrait aux dispositions du traité de Maastricht, a renforcé ses exigences concernant les mesures d’assainissement à prendre par la Grèce, retardant d’autant la mise en place du plan d’aide dont ce pays a besoin, le retour au calme sur les marchés de capitaux et la stabilisation de la monnaie européenne. Que faire ? D’abord raison garder ! La situation de la zone euro n’est en rien comparable à celle des pays du Sud Est asiatique, à la fin des années 1990, qui a conduit à la crise que l’on sait, ni à la situation de faillite de l’Argentine en 2001. Tout en exigeant du gouvernement grec de sévères mesures d’assainissement financier, qu’ils pourraient, demain, imposer aux gouvernements portugais et espagnols, la Commission européenne et le FMI devraient avoir la sagesse d’imposer à ces pays des mesures de redressement moins drastiques que celles mises à la charge des pays du Sud Est asiatique et de l’Argentine dans le passé. Enfin, les Etats de la zone euro qui présentent une dette excessive et des budgets en déficit, notamment la France, doivent impérativement rétablir l’équilibre de leurs finances publiques si l’on veut éviter de subir l’effet de domino que l’on a vu en Asie du Sud Est. Retrouver l’esprit européen Dans le monde tel qu’il est, l’Europe n’existera qu’à la condition que ses peuples prennent en main leur destin, agissent ensemble dans le quotidien autour des valeurs de fraternité, de solidarité, d’équité entre les peuples, d’éthique économique et de respect de l’environnement. Il s’agit de sortir de la crise par le haut. Utopie diront certains ? Plutôt que de nous morfondre dans le pessimisme, et la crainte de l’avenir dont nous ne pouvons rien faire, choisissons l’optimisme des créateurs. Le 25 mars 1957, les cloches de Rome saluaient les traités signés dans la capitale italienne qui donnaient naissance à ce qui allait devenir l’Union européenne. Depuis, les papes n’ont cessé d’appeler les chrétiens à participer activement à la construction de l’Europe Unie dans le respect des valeurs évangéliques. Jean XXIII dans « Pacem in terris » écrivait qu’ « un pays pris isolément n’est absolument plus en mesure de subvenir convenablement à ses besoins » et Jean Paul II soulignait pour sa part que « seule une Europe Unie qui n’ignore pas mais redécouvre ses racines chrétiennes, pourra être à la hauteur des défis du troisième millénaire : la paix, le dialogue entre les cultures et les religions, la sauvegarde de la création ». Vous avez dit utopie ? François Bonicel Le 3 mai 2010 ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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