Dossier œcuménisme : Le partage des dons spirituels | Diocèse de Troyes

Dossier œcuménisme : Le partage des dons spirituels

Une éclaircie œcuménique ! C’est le vœu de nouvel an qu’adresse aux Églises un ami pasteur de l’Église réformée de France. Le paysage œcuménique s’est-il obscurci ? Indéniablement. Il change aussi ! Et peut-être faut-il apercevoir derrière les obstacles et leur ombre projetée des éclaircies nouvelles sur le chemin d’espérance des Églises vers leur pleine communion. Deux exemples d’obscurcissements œcuméniques 1. De nombreux chrétiens pensent que la pleine communion visible sur un modèle d’unité organique des Eglises est une cause dépassée, nuisible même à notre témoignage dans le monde. Ils ne se comptent pas seulement dans la mouvance évangélique. En ces temps postmodernes de migrations et de mondialisation, l’unité chrétienne n’aurait à se vivre qu’à travers divers réseaux chrétiens dans la fluidité des relations entre personnes et groupes. De grandes conventions en sont l’expression visible en milieu urbain au rythme adapté au « public » atteint. Les mouvements « évangéliques » ne sont plus seulement, comme par le passé, des mouvements de réveils des institutions ecclésiales et des chrétiens censés être endormis dans la foi, mais l’Eglise universelle du Christ au sein d’un nouveau monde sous diverses formes « d’émergences évangéliques ». Nouvelles attentes spirituelles dans la société, nouvelle visibilité évangélique et populaire de l’Eglise ! A l’heure du numérique où l’adresse de communication par le net et le portable a priorité sur l’adresse postale d’habitation (Michel Serres), l’expression des liens d’unité change. Elle serait moins dans les relations de la communauté locale de quartier (paroisse) que dans les assemblées évènementielles assorties d’une vie de foi en « maisonnée » en semaine. 2. L’Eglise Catholique renoncerait aujourd’hui aux principes catholiques de l’œcuménisme selon Vatican II. On a souligné la convergence entre l’opinion du fameux théologien Hans Küng se plaignant d’un œcuménisme de retour ante-conciliaire et des commentaires de milieux conservateurs au contraire triomphants soit devant les efforts déployés par l’autorité de notre Eglise pour réduire le schisme lefebvriste, soit, par ailleurs, devant l’accueil réservé à des groupes d’anglicans traditionalistes en rupture avec leur Eglise et demandant leur pleine admission à l’Eglise Catholique selon une union sans absorption de leur patrimoine spirituel et liturgique. En réalité l’Eglise Catholique maintient son engagement œcuménique conciliaire en élaborant les modalités de ces restaurations de la communion. Nous la voyons simultanément à leur mise en œuvre toujours engagée dans l’ensemble des dialogues officiels en cours. Mieux, plusieurs Cardinaux – le Cardinal Kasper Président du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens, le Président de la Conférence épiscopale d’Angleterre et du pays de Galles et le Cardinal Ivan Dias, Préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples – ont participé à la Conférence de Lambeth en 2008, invités par l’Archevêque de Cantorbery afin de l’aider dans sa difficile recherche d’unité interne. De ces éclaircissements passons à la plus belle des éclaircies œcuméniques dans la vie de nos communautés locales : le partage des dons spirituels. Le partage des dons spirituels Les catholiques parlent d’échange des dons. Le directoire œcuménique de partage des ressources spirituelles, et l’on se souvient du texte du Groupe des Dombes nous invitant à des conversions ecclésiales en vue de l’Unité. En d’autres « espaces » et au COE, à Foi et Constitution, la réflexion est proposée en terme « d’œcuménisme réceptif ». Tout se tient et se complète sans se confondre. L’œcuménisme réceptif veut faire prendre conscience – comme la parabole de la paille dans l’œil du frère et de la poutre dans le mien – que recevoir de l’autre différent ce qu’il a de plus fidèle à l’Evangile crée peu à peu les conditions de réception des résultats des accords œcuméniques doctrinaux. Ce partage commence par le désir d’aller ensemble aux sources de la foi. Pour aller ensemble aux sources de la foi. Nos rencontres œcuméniques à Troyes sont l’occasion d’aller puiser ensemble à la Parole de Dieu sous la conduite de biblistes catholique, protestant – le pasteur Mentzel – ou orthodoxe. En cette année centrée sur la Parole de Dieu au Centre diocésain de Formation, nous avons aussi bénéficié d’un enseignement de Madame Duval-Poujol, exégète baptiste. De quoi réviser entre autres nos jugements parfois rapides sur des lectures de la Parole de Dieu à l’extérieur de notre Eglise. Madame Jeanlin, spécialiste d’AT et des Pères de l’Eglises à l’Institut Saint Serge, reviendra cette année. Elargissons : le prochain Forum œcuménique de la Fédération Protestante de France est consacré à « Notre rapport à l’Ecriture ». L’étude des Pères féconde actuellement le dialogue officiel Catholique-Pentecôtiste et était au programme de la dernière assemblée plénière de Foi et Constitution en octobre 2009. Pour le témoignage commun et la mission, la solidarité. Il ne s’agit pas comme le dénonce Jean-François Colosimo d’une « réduction de l’œcuménisme à un front commun moral, culturel, qui relève plus de l’alliance conjoncturelle que d’une recherche d’unité de foi », mais de cette diaconie en faveur des pauvres recommandée par saint Paul aux communautés chrétiennes apostoliques déjà divisées au nom de la foi pour la koinônia ou communion dans l’Amour. Des chrétiens de toutes appartenances s’engagent dans les associations importantes connues de nos Eglises ; il y a place cependant pour des projets communs modestes, inédits, dans les relations locales de paroisse à paroisse en amont et en complémentarité avec d’autres associations. Les dons et charismes sont pour l’unité dans l’amour. Nous nous efforçons entre protestants, catholiques et orthodoxes de laisser croître en nous la part de charité pastorale que le Seigneur nous octroie pour une sollicitude pastorale de nos Eglises entre elles. Les relations d’amitié y aident. Cela concerne en particulier les mariages et l’aide aux migrants. Il faudra insister un jour sur la pastorale des migrants devenue une dimension essentielle de la pastorale œcuménique locale. A la Chapelle-saint-Luc les Fils de la Charité accueillent depuis plusieurs mois l’assemblée dominicale d’une Eglise copte. D’autres chrétiens d’Orient les y rejoignent. Père Nicolas Derrey, délégué diocésain à l’oecuménisme ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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