Carême ... le temps de la nostalgie ou le temps de la mémoire ? | Diocèse de Troyes

Carême ... le temps de la nostalgie ou le temps de la mémoire ?

Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve et à vin nouveau, outres neuves… Le carême, ce n’est pas quelques chose en moins mais quelque chose en plus ! Dernièrement, un psychologue parlait des jeunes des banlieues et disait devant le désarroi des parents, des éducateurs, des policiers, des jeunes eux-mêmes : « le drame, c’est que de plus en plus, aujourd’hui, un nombre croissant de personnes n’ont plus de mémoire… mémoire culturelle, mémoire spirituelle… alors on vit dans la nostalgie, la nostalgie du passé, celui dont on croit être les héritiers… la nostalgie de l’ailleurs celui dont on croit être issu ». L’Évangile nous invite à faire mémoire pour faire du neuf, pour nous tourner vers l’avenir ; il invite les disciples à faire mémoire de ce qu’ils ont vécu avec le Christ, de l’enseigne- ment qu’ils ont reçu de lui pour mieux préparer l’avenir en vivant bien le présent. Les hommes de la nostalgie sont des hommes du regret et le regret ne fait rien faire, cela culpabilise, cela démobilise, cela renferme sur le passé d’un monde révolu … Les hommes de la mémoire sont des hommes de l’avenir et se tourner vers l’avenir permet de vivre l’espérance en un monde meilleur et appelle à contribuer à le construire… Les hommes de la nostalgie protègent, conservent, congèlent : c’est l’intégrisme politique, intellectuel, spirituel qui fige tout, qui empêche tout mouvement, toute invention, toute création : être nostalgique n’est pas évangélique car cela nous situe dans une logique de mort ! Les hommes de la mémoire écoutent, inventent, réchauffent : ils peuvent construire parce qu’ils savent ce que sont leurs bases, leurs fondations, leurs capacités ; ils savent que le premier mot de tout c’est l’amour et qu’ils peuvent contribuer à faire que le dernier mot de tout soit l’amour ! Faire mémoire est évangélique car cela nous situe dans une logique de vie ! Tout ce que les disciples ont reçu du Christ, ils l’ont reçu non pas pour le garder pour eux-mêmes, à l’abri des autres mais pour le partager et pour l’annoncer au monde. C’est risqué mais c’est cela qui conduit au vrai bonheur. C’est que la force nécessaire pour être les témoins dont les hommes d’aujourd’hui ont besoin ne vient pas de nous : elle nous vient du Christ ! C’est bien ce que nous dit Paul, relisons le en ce début de carême : « Et si nous avons tant d’assurance devant Dieu et devant les hommes, grâce au Christ, ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle dont nous pourrions nous attribuer le mérite : notre capacité vient de Dieu, c’est lui qui nous a rendus capables d’être les ministres d’une alliance nouvelle ! » Si nous entrons dans ce carême avec tant d’assurance, c’est parce que nous savons bien qu’elle ne vient pas de nous mais que c’est le Christ qui nous l’offre et nous rend capables d’être les témoins d’une Nouvelle Alliance …. Une Nouvelle Alliance à vivre dans la nouveauté de nos vies, de notre amour, de notre foi… comme une Bonne et Belle Nouvelle ! Puisse ce temps de Carême nous aider à faire encore plus mémoire du Christ pour construire encore davantage, avec Lui, notre avenir et celui de nos frères… c’est ce « plus » qui nous conduira à Pâques. Père Dominique Roy ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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