Année sacerdotale : Prado : Témoignage | Diocèse de Troyes

Année sacerdotale : Prado : Témoignage

C’est une revue toujours posée sur son bureau en bois qui m’a interpellée il y a vingt ans. Le prêtre de mon enfance était pradosien. C’est bien plus tard que j’ai su de sa bouche et compris ce que ce nom recouvrait.




Je suis prêtre du Prado depuis juin 2008 par un engagement temporaire célébré dans la petite église Saint Joseph des Vassaules à Troyes. Mon caractère exigeant et soucieux d’authenticité évangélique alors que je discernais un appel au ministère presbytéral avec le Service des Vocations de mon diocèse m’a conduit tout droit vers Lyon. J’ai découvert Jésus Christ à la fin de l’adolescence, ce qui explique que mon tempérament d’alors soit proche de celui de Nathanaël dans l’Evangile selon Saint Jean (Cf., 1, 47) En premier lieu, ma vocation pradosienne signifie l’épaisseur d’une histoire faite d’odeurs de béton sali, de couleurs de peaux brunies par le soleil du Maghreb et la passion du travail manuel portée par quelques figures tutélaires de mon adolescence aux Trévois à Troyes.

.Je ne suis ni issu d’une famille pauvre, ni originaire du Maghreb ni même manuel. Mais les facéties de l’Esprit Saint m’en ont rapproché jusqu’à me retrouver plongé dans l’appel à vivre l’Incarnation du Verbe de Dieu. Je sens en moi l’attrait pour la pauvreté et le compagnonnage des pauvres. C’est avec ces matériaux que le Père Chevrier et la grâce qu’il a reçue à côté de la crèche de Noël 1856 m’ont pétri pour faire de moi un disciple en devenir. Au Prado, nous accordons une grande valeur aux trois conseils évangéliques : la pauvreté, l’obéissance et la chasteté. Souvent ces conseils sont dans ma prière et me servent de repères pour reprendre ma vie spirituelle ou bien encore pour contempler Jésus, l’Envoyé du Père. La pauvreté évangélique signifie pour moi s’appuyer sur la Parole du Seigneur et sur la vie des hommes pour ne pas surplomber le peuple qui m’est confié. L’obéissance évangélique commence par consentir aux aléas de l’existence en passant par le poids de l’avis des autres et de mes responsables dans les orientations à prendre pour rejoindre finalement la liberté de celui qui fait activement confiance en son Eglise. La chasteté évangélique plonge ses racines dans mon célibat choisi et dans le Bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. Je dois confier que la pauvreté me taraude. Je ne suis pas pauvre et je côtoie finalement peu les pauvres. Pourtant ils sont là. J’attends toujours le moment où mon ministère deviendra ce pour quoi mon Eglise a reconnu une vocation. A moins que… A moins que, prêtre du XXIe siècle, cette vocation ait à s’épanouir pleinement dans la pauvreté de plus en plus grande de l’Eglise elle-même ? Pour conclure, il y a un mot que j’aime bien : familier. Je veux bien devenir familier du Christ, l’Envoyé du Père avec l’aide de l’Esprit.

Père Guillaume Langlois

---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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