L’Amérique de Barak Obama et nous les Européens | Diocèse de Troyes

L’Amérique de Barak Obama et nous les Européens

Barak Obama l’a emporté de belle façon. Son investiture a été marquée en Amérique par de massives et véritables manifestations d’enthousiasme. De ce côté-ci de l’Atlantique, la victoire d’Obama a été saluée plus discrètement mais l’engouement pour le nouveau président américain est manifeste. Les Européens se sont révélés atteints d’une véritable obamania. Que peut-on penser de ce phénomène ? Que peut-on attendre de Barak Obama ? Que devraient faire les Européens dans ce nouveau contexte ? Pourquoi une telle « obamania »? « Yes we can ! ». Les Européens comme les Américains, sont en plein désarroi ; la crise économique, par sa violence et sa soudaineté, nous a plongés dans une grande inquiétude face à l’avenir. Et cet homme nouveau, cet Afro- Américain, nous dit que nous pouvons nous en sortir. Il nous l’a dit avec des mots simples et forts : « Yes we can ! » tout au long d’une campagne magnifique qui l’a conduit à la tête de la nation américaine qui, certes affaiblie, n’en demeure pas moins la plus puissante du monde. Nous l’avons cru, nous attendons de lui qu’il nous délivre de nos peurs, qu’il mette un terme aux comportements scandaleux des banquiers de Wall Street et d’ailleurs, qu’il mette fin à des conflits sans issue, qu’il s’attaque au problème du réchauffement climatique, qu’il lutte contre la pauvreté au sein de son pays et à l’échelle du monde, qu’il remette le monde en ordre de marche, en un mot qu’il nous rende l’espoir en un monde meilleur. Avons-nous bien compris le message de Barak Obama ? A coup sûr, cet homme croit en lui-même, en son destin, en sa capacité à mobiliser ses concitoyens. L’itinéraire singulier d’Obama, son charisme, la force de son discours, venant après les années calamiteuses de l’administration Bush, ont conduit à concentrer notre regard sur lui, comme si nous pouvions nous en remettre à lui. Ce serait se tromper gravement et ne pas comprendre ni qui est cet homme, ni le sens de son message. S’adressant au peuple américain, Obama lui a affirmé que c’est avec l’ensemble des citoyens qu’il sera possible de rebâtir une nation plus forte et plus juste. Au plan international, il en est de même et ce serait une grave erreur de s’en remettre aux seuls Etats-Unis pour organiser le monde et construire la paix. Ne soyons pas naïfs, Obama n’est pas européen même si certains des thèmes de sa campagne nous étaient familiers. Le nouveau président est un pur produit de l’histoire américaine, un vrai patriote américain, le symbole du mythe américain qui veut qu’aux Etats-Unis tout soit possible, que l’avenir de chaque citoyen est totalement ouvert, puisqu’un Afro-Américain peut accéder aux plus hautes fonctions. De plus, chacun a pu noter que l’équipe qui entoure le nouveau président américain n’a pas caché que la nouvelle administration défendra d’abord les intérêts économiques et stratégiques des seuls Etats-Unis. L’entourage d’Obama a certes évoqué les mérites du multilatéralisme mais cela ne signifie pas que les Etats-Unis soient devenus subitement des adeptes d’un monde multipolaire ! Il est clair que le peuple américain attend de son président qu’il lui rende la fierté d’être la première nation du monde, qu’il rétablisse le leadership de l’Amérique face aux nouvelles puissances émergentes qui, telle la Chine, sont perçues par les citoyens américains comme autant de menaces pour l’avenir. Les Européens sont-ils prêts à coopérer avec le nouveau président américain ? Pour Hillary Clinton, le nouveau Secrétaire d’Etat américain, la politique étrangère des Etats-Unis, qu’elle doit mettre en œuvre, repose sur la volonté de construire une « puissance intelligente ». Face à cette Amérique qui veut redevenir « intelligente », il serait temps que l’Europe le redevienne également. Cela suppose de remplir au moins deux conditions : en premier lieu que les Européens sachent réduire leurs divergences, qu’ils cessent de jouer au cavalier seul, chacun voulant tirer la couverture à lui et qu’ils se fixent des objectifs réalistes communs. En second lieu, qu’ils sachent se libérer du « suivisme » dont ils ont trop souvent fait preuve à l’égard des Etats- Unis dans le passé. Nos dirigeants sauront-ils s’inspirer du message qu’Obama a adressé à ses concitoyens et nous convaincre que c’est avec l’ensemble des peuples européens qu’il sera possible de construire une Union européenne forte qui puisse devenir un véritable partenaire des Etats-Unis ? Il s’agit de reconstruire une communauté de destin entre les Européens. Le monde a besoin que l’Union européenne soit forte et coopère avec les Etats-Unis dans un rapport d’égalité. François Bonicel Le 25 janvier 2009

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