Les relations entre l’Union européenne et Israël | Diocèse de Troyes

Les relations entre l’Union européenne et Israël

Lors de la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948, les Etats européens, encore sous le coup de la révélation du crime d’exception, la Shoah, commis sur leur sol, se sont déclarés favorables au nouvel Etat. Durant 25 ans, les Etats européens soutinrent généralement les résolutions, le plus souvent favorables à Israël, adoptées par les Nations Unies. Cependant, depuis 35 ans, des difficultés sont souvent survenues entre l’UE et Israël. Comment s’est manifesté ce changement ? Quelle est la situation actuelle des relations entre l’UE et l’Etat juif ? Tels sont les thèmes abordés dans cette chronique. La dégradation progressive des relations entre l’UE et Israël : Si les opinions européennes ont massivement choisi le parti d’Israël en octobre 1973, lors de l’attaque des troupes égyptiennes et syriennes pendant les fêtes de Yom Kippour, un certain désenchantement s’installa progressivement au fur et à mesure que les gouvernements européens prirent des positions contraires aux souhaits du gouvernement israélien : – vote à l’ONU, en 1974, en faveur de la reconnaissance du droit des Palestiniens à l’indépendance et à l’autodétermination, – lors de l’invasion du Sud Liban par Israël (mars 1978), – lors de la proclamation de Jérusalem « capitale d’Israël » (juillet 1980), – lors de l’invasion du Liban (juin 1982), – à partir de la première intifada (décembre 1987). Depuis, l’UE a manifesté régulièrement son soutien à des négociations devant mener à la création d’un Etat palestinien. En 1994, l’UE participa activement au programme d’aide internationale au peuple palestinien, en en devenant, depuis, le premier contributeur. En mars 1999, les chefs d’Etat des pays membres de l’UE, réunis à Berlin, affirmèrent solennellement « le droit permanent et sans restriction des Palestiniens à l’autodétermination, incluant la possibilité d’un Etat ». Un certain réchauffement se produisit lors de l’accession d’Ehud Barak au pouvoir en mai 1999, mais s’interrompra en septembre 2000 lors de la visite de Ariel Sharon à l’Esplanade des Mosquées qui déclencha la deuxième intifada. Le gouvernement Sharon poursuivit la création de colonies juives dans les territoires occupés et commença la construction d’une « barrière de séparation » vite qualifiée, avec raison, de « mur de la honte », tout en multipliant les barrages militaires, réduisant ainsi les possibilités de communication entre la Cisjordanie, Jérusalem Est et la Bande de Gaza. Depuis, l’UE n’a cessé de désapprouver, voire de condamner, toutes les mesures israéliennes Les relations entre l’Union européenne et Israël 6 CHRONIQUE EUROPÉENNE Lors de la proclamation de l’Etat d’Israël en 1948, les Etats européens, encore sous le coup de la révélation du crime d’exception, la Shoah, commis sur leur sol, se sont déclarés favorables au nouvel Etat. visant à réduire et à isoler davantage les territoires palestiniens et à empêcher leur développement économique, tout en appelant les dirigeants palestiniens à lutter contre le terrorisme. L’année 2008 fut marquée par de nombreuses rencontres entre des responsables européens et des dirigeants de l’Autorité palestinienne. Thèmes de ces entretiens : – arrêt de la colonisation juive, – levée des barrages militaires, – arrêt des tirs de roquettes palestiniennes sur Israël, – levée du blocus de la Bande de Gaza. Le 23 décembre 2008, sous le prétexte de la poursuite des tirs de roquettes palestiniennes contre ses villes du sud, Israël déclencha une véritable guerre contre la Bande de Gaza, faisant de nombreuses victimes parmi la population civile qui subit en outre de graves privations. La destruction systématique par l’aviation israélienne d’installations financées par l’UE a révulsé les opinions européennes. L’UE a condamné la disproportion entre l’action particulièrement brutale des forces israéliennes et les tirs de roquettes palestiniennes, soulignant que la guerre apparaissait en réalité comme une sanction à l’égard de la population de Gaza « coupable d’avoir voté en faveur du Hamas » La situation actuelle des relations entre l’UE et l’Etat d’Israël : L’arrivée au pouvoir de Benyamin Netanyahu, le 31 mars dernier, a entraîné le raidissement des dirigeants européens qui ont manifesté leur crainte d’un arrêt du processus de paix. Le nouveau ministre des affaires étrangères israélien, l’ultranationaliste Avigdor Lieberman, s’en est pris rapidement à la commissaire européenne chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, en raison de sa dénonciation du refus du nouveau gouvernement israélien de s’engager en faveur d’une solution à deux Etats. Il faut espérer que les positions prises par le président Obama et par le pape Benoît XVI lors de son récent voyage en Palestine, convaincront les autorités israéliennes que la position de l’UE correspond à la seule issue possible du conflit israélopalestinien. François Bonicel Le 25-05-2009.

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