fin 2008, où en est l'Union Européenne ? | Diocèse de Troyes

fin 2008, où en est l'Union Européenne ?

La présidence française de l’Union européenne a généralement été estimée positive par le personnel politique européen, qu’il soit de gauche ou de droite, et par la presse internationale.

  Il est vrai que le président français n’a pas ménagé ses efforts pour que l’Union ne reste pas inactive face aux crises survenues au cours du second semestre 2008 et parvienne à la conclusion d’un certain nombre d’accords qui, bien qu’imparfaits, ne sont pas négligeables. Toutefois, la présidence française a été marquée par certaines dérives, notamment d’ordre institutionnel, qui ne manquent pas d’inquiéter pour l’avenir.

Le côté positif :

A l’évidence, le président français a remporté un certain nombre de succès et mené à bien les priorités qu’il avait fixées aux Vingt Sept : l’approbation du pacte sur l’immigration et l’asile (il faut cependant regretter la confirmation de la tendance de l’Union à se protéger contre les étrangers), la réalisation du « bilan de santé » de la politique agricole commune (PAC), des progrès concernant la défense européenne, la conclusion d’un plan de lutte, certes a minima, contre le réchauffement climatique, le lancement de l’Union pour la Méditerranée malgré sa mauvaise préparation, et la relance du processus de ratification du traité de Lisbonne. Le président de l’Union a su faire en sorte que les Vingt Sept puissent afficher leur solidarité et la présence active de l’Union à l’occasion du règlement, certes provisoire, du conflit entre la Russie et la Georgie et à propos de la manière d’aborder la crise financière mondiale.

 Deux autres sujets de satisfaction : en premier lieu, l’euro s’est affirmé comme monnaie de référence au plan mondial et nous a protégés contre les dévaluations qui n’auraient pas manqué de se produire compte tenu du grave déséquilibre des comptes de certains des Etats membres de la zone euro et des désordres entraînés par la crise financière. En second lieu, Eurostat, l’agence européenne des statistiques, nous annonce que 5,4 millions de bébés seront nés dans l’Union en 2008, ce chiffre traduisant une légère augmentation de la natalité en Europe.

 Le côté négatif :

Si la France a réintégré l’Europe, si la querelle concernant l’élargissement à l’Est est close, si les nouveaux membres n’ont pas empêché la conclusion de certains accords, certes au prix de nombreuses concessions qui leur ont été accordées, on a assisté insensiblement à une modification de la nature de la construction européenne et du rôle de la Commission tels qu’ils avaient été voulus par les pères fondateurs du projet européen. Il est vrai que la « machine bruxelloise », s’est sclérosée avec le temps pour devenir le « moloch administratif » dénoncé par la chancelière allemande, Angéla Merkel. On a entendu des appels à la responsabilité des grands Etats de l’Union plus qu’à celle des institutions européennes, on a assisté à une multiplication des contacts intergouvernementaux dont la très médiatique rencontre Sarkozy/Brown à Londres, à des tentatives de création de zones d’influence (l’Union pour la Méditerranée du côté français, influence prépondérante pour l’Allemagne dans l’Est européen) et à une marginalisation de la Commission, dont le président a dû se contenter de jouer les seconds rôles aux côtés du président de l’Union pendant ses voyages. Beaucoup plus que la Commission, aujourd’hui, c’est le Parlement et le Conseil européens qui pourraient, s’ils en étaient capables, incarner l’idéal européen. En décidant de conserver une commission pléthorique, (un commissaire par Etat), les Vingt Sept semblent avoir enterré l’idée qu’elle puisse devenir un jour le gouvernement fédéral de l’Europe. Jean Monnet disait : « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions ». Or, il semble bien que les hommes l’aient emporté sur l’institution de Bruxelles ces derniers mois.

Que nous réserve 2009 ?

L’entente franco-allemande a longtemps été le moteur et le garant de la construction européenne ; or le président français a déclaré que cette entente n’était pas exclusive, qu’elle était bilatérale. On a d’ailleurs assisté cette année à de nombreuses escarmouches sinon à de fortes tensions entre Paris et Berlin. Comment assurer la stabilité en Europe alors que l’on traverse une période agitée, si la France et l’Allemagne n’agissent pas dans le même sens ? Cette question s’impose d’autant plus que, depuis le 1er janvier, la République tchèque, dirigée par l’europhobe président Vaclav Klaus et l’eurosceptique premier ministre Mirek Topolanek, assure la présidence européenne pour six mois. Entre la crise financière qui n’en finit pas de finir, la récession économique qui se confirme et le risque d’immobilisme de la présidence tchèque, l’année 2009 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices pour l’UE. Il s’agira pour ses peuples de ne pas se décourager. Rien, à ce jour, n’apparaît irrémédiable.

François Bonicel

Le 28-12-2008 

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