Année sacerdotale : Institut séculier de prêtres : la famille Cor Unum | Diocèse de Troyes

Année sacerdotale : Institut séculier de prêtres : la famille Cor Unum

➤ Témoignage de Maxime  Malésieux Ma rencontre avec les prêtres du Cœur de Jésus commence comme une histoire. J’étais, à 19 ans, au petit séminaire, en philo. Nous avions comme professeur le père François Morlot. Il nous proposa de faire une retraite de 4 jours pendant les vacances de la Toussaint. La trame de la retraite était « Dieu nous donne vie par amour ». De cette retraite je n’ai retenu qu’une seule chose : Dieu m’aimait tel que j’étais. Ce fut pour moi une libération : je n’avais pas à reproduire un modèle, je n’avais pas à être comme les autres voulaient que je sois, il me suffisait d’être moi-même et de me laisser aimer par Dieu. Ce ne fut que plus tard que j’appris que François Morlot était prêtre de l’Institut séculier du Cœur de Jésus. L’idée spirituelle de cet Institut est venue au Père de Clorivière lors de la révolution française, en 1789. Jésuite, il ne pouvait plus être reconnu comme tel au moment de cette révolution : son intuition fut que l’on pouvait vivre prêtre au cœur du monde et d’une certaine façon caché. A la suite de cette retraite, je demandai au père François Morlot de m’accompagner durant mon séminaire : cet accompagnement spirituel dura un certain nombre d’années puisqu’il se poursuivit jusqu‘à sa mort… Après mon ordination sacerdotale, je demandai à entrer dans la Société du Cœur de Jésus, désireux de suivre le Christ au plus près, marqué par des prêtres qui osaient parler de leur foi et qui partageaient leur vie spirituelle. J’entrepris pendant trois ans une démarche de connaissance de cette Société, sorte de noviciat ; à l’issue de ces 3 ans, après une retraite de 30 jours, je m’y engageai en faisant les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance : • par le vœu de pauvreté, je voulais vivre cette pauvreté qui est celle du Christ - de riche qu’Il était, Il s‘est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté - et en même temps vivre la proximité avec les pauvres que je rencontrais. • vivre la chasteté : un amour gratuit donné et reçu, un amour que j’avais entrevu lors de ma retraite avec le père Morlot. • obéissance : marcher sur la route que Dieu me propose, mais pas tout seul, avec d’autres prêtres qui formaient à ce moment-là une équipe fraternelle. Le soubassement de cette vie spirituelle est constitué de trois pierres : • la première pierre : la prière prolongée, une heure chaque jour pour contempler ce Christ qui se donne par amour jusqu’à la dernière goutte de son sang. Nous avons cela dans le geste inutile du soldat qui perce le cœur du Christ alors que ce dernier est déjà mort. De cette plaie jaillit du sang, signe de cet amour total, complet, définitif du Christ pour l’humanité, et de l’eau, eau de notre baptême, eau de tous les sacrements qui nous permettent de marcher à la suite du Christ. • la deuxième pierre : l’accompagnement spirituel une fois par mois qui permet de vérifier si ce que je dis, je le vis, si ce que je découvre est devenu pour moi vital. Lieu de discernement où avec quelqu’un je découvre ce que le Seigneur me propose de vivre, les appels qu’Il m’adresse, non pas dans les nuages, mais au cœur de ma vie. Appels à me transformer, appels à cheminer avec Lui, appels à cheminer avec mes frères. • la troisième pierre : vivre cela fraternellement avec ceux que le Christ met sur ma route au jour le jour, et dans la rencontre mensuelle du groupe de prêtres qui ont choisi cette Société : temps de partage, temps de lecture de la Parole de Dieu, temps de révision de vie. Un événement bouscula un peu cette structure bien rodée : des laïcs demandèrent de pouvoir vivre aussi ce que nous vivions dans notre vie spirituelle. Après bien des péripéties, des allées et venues, la famille des prêtres du Cœur de Jésus devint la famille Cor unum, famille composée de 4 branches : • l’Institut séculier des prêtres de Jésus • l’Institut séculier féminin • l’Institut séculier masculin • la Société de Vie Evangélique Cela ne se fit pas en un jour, car le fait que des hommes et des femmes mariés qui s’engagent à vivre pauvreté, chasteté et obéissance dans leur vie de couple était nouveau dans l’Eglise. …/… J’ai maintenant rejoint la Société de Vie Evangélique : les quatre branches ont les mêmes engagements (pauvreté, chasteté et obéissance), la même règle de vie, la même exigence de prière quotidienne et la rencontre mensuelle en équipe. Mon engagement à suivre le Christ au plus près, la prière prolongée, l’accompagnement m’ont façonné et m’ont permis de tenter, dans tous les ministères que l’on m’a confiés, l’aventure de la proximité, l’aventure d’un chemin neuf à redécouvrir chaque jour : • avec le concile Vatican II, c’est toute la présence au monde avec la dignité de tout baptisé d’être prêtre, prophète et roi. Aventure à vivre avec les laïcs dans tous leurs engagements humains pour un monde vivable pour tous et non pas pour quelques uns. • aventure, après mai 68, d’accompagner les jeunes en MRJC, issus de la JAC (jeunesse agricole chrétienne) pour vivre la ruralité dans un monde rural divers. • aventure avec le CMR : après avoir découvert les mécanismes qui créent la pauvreté, s’engager à bâtir un monde plus juste et plus fraternel. • aventure avec les gens de la forêt d’Othe : avec les équipes d’animation paroissiale, les équipes pastorales où, ensemble, prêtres et laïcs, nous donnions un autre visage de l’Eglise, nous vivions une autre réalité d’Eglise. • aventure de l’espace Othe Armance. • découvrir la maladie avec ma leucémie et vivre le plus sereinement possible ma cécité complète et définitive. Propos recueillis par Alain Moreau ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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