Année Sacerdotale : ÉCHOS AU TÉMOIGNAGE D’UN PRÊTRE : « 8 mois à Dachau » | Diocèse de Troyes

Année Sacerdotale : ÉCHOS AU TÉMOIGNAGE D’UN PRÊTRE : « 8 mois à Dachau »

Jésuite, présent dans notre diocèse depuis 1986, le père Gérard Pierré a témoigné, pour la première fois en paroisse, de ce temps de déportation. Environ 200 personnes étaient présentes pour l’écouter au foyer Saint-Jean de la rue de la Mission, ce 12 octobre 2009. Nombreux sont les survivants des camps de concentration qui ont tenté de remplir le devoir de mémoire en relatant ce qu’ils avaient vécu : pour que les générations futures n’oublient pas l’horreur de cette extermination ; pour que chacun soit vigilant à ne pas laisser les dirigeants retomber dans cette spirale de mort, il est important d’écouter les témoins. En choisissant de prendre pour support à sa conférence les dessins faits dans le camp par un prêtre ami, lui aussi survivant, le Père Pierré a fait œuvre de pasteur. Il nous a épargné les yeux atterrés du spectateur pour nous offrir le regard de charité du compagnon. Car il a voulu nous transmettre un double message : • d’abord, sa grande question est restée sans réponse, 65 ans après les faits. Comment une poignée de pervers a-t-elle pu mettre en place une mécanique de mort à cette échelle, aussi sophistiquée et efficace jusqu’aux derniers jours du Reich ? Seuls les mots de saint Paul approchent cette réalité inconcevable quand il parle du « mystère d’iniquité ». • le second message est aussi un mystère mais un mystère d’espérance. Dans tout le camp, au milieu des atrocités et dans le dénuement extrême, des actes héroïques de solidarité et de dignité ont été accomplis quotidiennement. Dans la baraque des prêtres où il avait été affecté en qualité d’étudiant en théologie, il a connu une expérience spirituelle fondatrice au contact de séminaristes, prêtres, pasteurs… de toutes nationalités, de tous rites. L’œcuménisme était présent, non pas dans les idées mais dans la chair et le sang de ces hommes donnés à Dieu et à leurs frères. Nous sommes ressortis de cette soirée tremblants, les entrailles remuées mais le cœur vibrant d’une espérance. Un homme peut, au matin de sa vie, survivre à la destruction programmée de son corps et de son âme ; ce même homme peut, au soir de sa vie de prêtre, témoigner avec lucidité mais sérénité de cette épreuve endurée, assumée, offerte à notre connaissance, à notre prière. Ayant vu et entendu cela, heureux sommes-nous car nous savons à présent que le Christ est vraiment vainqueur du mal et de la haine. Et l’espérance nous fait entrer, lucides et confiants, dans le siècle qui vient. Merci à vous, père Pierré. Mauricette Bonnet Dessins réalisés sur place par Ferdinand Dupuis tirés du fascicule : René Fraysse. “De Francfort à Dachau”. Annonay, 1946 ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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