La bêche, le sac et la table | Diocèse de Troyes

La bêche, le sac et la table

« Ne partez que si vous vous sentez capables de marcher longtemps, de nuit, et dans des conditions un peu difficiles ». André Gouze Prêtre depuis 13 ans, sur les traces de Dieu depuis plus longtemps, sans doute depuis mes premiers pas sur la terre des hommes, je reste un explorateur à la découverte de son visage, de sa parole, de ses gestes dans les extraordinaires rencontres qui colorent ma route. Je prends pour cette traversée trois objets qui me sont indispensables… D’abord la bêche pour creuser la terre, la retourner, la découvrir, lui parler parce que tous les deux, nous avons besoin de rendez-vous ! Parce que la terre porte les traces des pas des hommes, des femmes et des enfants de toujours à toujours… les traces des nuits, des jours des ombres et des lumières, parce que c’est là que Dieu nous raconte, nous visite presqu’en silence, au plus intime de nos lieux de connivence. « De la manière dont je suis, j’accueille Dieu et Dieu se réfléchit en moi ». Marcel Légaut. Ces rencontres me mettent en chemin d’humanité avec Dieu, ce tout Autre qui, à l’aube du temps, a semé à l’intime de ma vie ce secret d’amour qui fait de chacun(e) un être unique et sacré « Avec chaque homme vient au monde quelque chose de nouveau qui n’a pas encore existé, quelque chose d’initial et d’unique. » M. Buber. Ces rencontres diverses, étonnantes, inattendues me disent que les chemins de Dieu sont imprévisibles et que pour le rencontrer, je suis fermement invité à l’écouter, recevant chacun( e) comme une cadeau. De ces rencontres, j’emporte une méditation, une question, une certitude mais aussi un coup de gueule ou de tendresse de la part de Dieu. J’en rempli mon sac pour continuer la route, devenant ainsi un pèlerin dans la rupture et la désinstallation… je reste ainsi en mouvement. Ce sac, il se remplit des instants uniques de chaque rencontre portant ainsi en lui ces trésors d’éternité. Tous ces moments de fête, de travail, de visite, de repas, de soutien, de danse et de chant ont le goût de Dieu. « En moi, il communie avec Lui-même et je communie avec Lui. Du même mouvement, j’accède à ma propre humanité en laquelle, comme un autre, je suis de Dieu, comme nul autre, Dieu se fait homme». Marcel Légaut. Je porte ce sac, je le dépose quelque fois, je le vide pour le remplir d’autres instants, d’autres visages marqués de rire et de pleur, de certitudes et de questions, de peur et de confiance. Pour moi, il n’y a aucun retour possible sur le passé. Tout est question d’avenir avec Dieu, ce Dieu des grands espaces et des nouveaux horizons. Il me touche et Il se laisse toucher. Ce sac, je le dépose souvent sur la table, celle de la communion, celle où on se retrouve, celle où nous sommes invités, attendus, reçus pour célébrer à la maison ou dans l'église les retrouvailles. Dieu nous y attend comme hôte, serviteur de l’humanité. Cette table devient celle du partage, celle du don où Dieu se rend présent… un premier miracle ! Cette table, c’est celle de l’unité, de la découverte, de ce besoin de faire corps avec Celui dont la Parole s’est faite chair. Depuis 13 ans, je suis prêtre… ou plutôt, je le deviens chaque jour à nouveau. Rien ne demeure en moi si je ne l’ai éprouvé par des joies, des peines, des épreuves, des déceptions mais surtout par l’amour pour l’Homme créateur. Depuis 13 ans, je deviens prêtre par et avec toutes ces personnes rencontrées depuis longtemps. C’est une vocation de lien, d’artisan et de pèlerin. Merci à tous ceux et celles qui me permettent, ici ou ailleurs, de rester sur le chemin d’éveil à sa Parole. Jean-Luc Depaive

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