De la nécessité pour l’Europe de sortir de l’amateurisme | Diocèse de Troyes

De la nécessité pour l’Europe de sortir de l’amateurisme

Nous savons depuis toujours que nous vivons dans un monde dangereux. Nous savons moins que l’Europe montre trop peu de détermination pour s’affirmer et participer au règlement des grands problèmes qui agitent le monde. Sans doute faudrait-il que les peuples européens aient davantage conscience de leurs capacités au sein de l’ensemble de l’Union européenne qu’ils ont forgé au long des années. Deux exemples récents devraient nous en convaincre Les jeux olympiques Ils sont terminés. Chaque pays fait ses comptes, les pays européens comme les autres. Chacun pour soi, chacun chez soi, comme si l’Union européenne n’existait pas ! La Chine triomphe : 87 médailles d’or contre 36 pour les Etats-Unis. Les Etats-Unis triomphent : 110 médailles gagnées au total contre 100 pour la Chine. Qui a remarqué que les 27 pays membres de l’UE ont fait, ensemble, beaucoup mieux que la Chine et les Etats-Unis comme en témoignent les chiffres suivants ? ||||| |Nombre de médailles|Or|Argent|Bronze|Total| |Union européenne|87|101|92|280| |Etats-Unis|36|38|36|110| |Chine|51|21|28|100| |Total des trois|174|160|156|490 | L’UE représente à elle seule 50 % des médailles d’or gagnées par les trois, 63,1 % des médailles d’argent et 57,1 % du total des médailles gagnées par les trois. Les 27 pays de l’UE ont obtenu autant de médailles que les USA et la Chine réunis, 1,7 fois le nombre des médailles d’argent qu’ils ont gagnées, 1,4 fois leur nombre de médailles de bronze et 1,3 fois leur nombre total de médailles gagnées! Les dirigeants européens se sont-ils félicités de ces résultats flatteurs ? Le conflit russo-géorgien L’UE, en la personne de son président en exercice pour six mois, n’a pas fait mauvaise figure dans le jeu diplomatique qui a abouti à ce qui apparaissait comme une amorce de règlement du conflit entre la Russie et la Géorgie. Il est malheureusement apparu très rapidement que le Kremlin n’entendait pas renoncer à ses objectifs qui sont d’avoir à Tbilissi un gouvernement complaisant afin d’empêcher la Géorgie de rejoindre l’OTAN, de revenir sur les projets d’oléoducs destinés à réduire la dépendance énergétique des Européens à l’égard de la Russie et d’avertir l’Ukraine que son entrée dans l’OTAN ne serait pas tolérée. La Russie revient aujourd’hui à la politique de souveraineté limitée que l’URSS a longtemps imposée à ses satellites. Cette ambition, l’Union européenne l’a favorisée par sa complaisance à l’égard du maître du Kremlin. Il apparaît urgent qu’elle définisse une politique extérieure commune, notamment au plan militaire et en matière énergétique. Une situation paradoxale L’Union européenne apparaît à la fois forte (elle est la première puissance sportive au plan international et figure parmi les principales puissances économiques mondiales) et également faible, faute de réalisme et d’avoir affirmé son unité dans des domaines essentiels. Une fois de plus est soulignée l’importance vitale de constituer un ensemble cohérent, solidaire et déterminé. Il importe peu de disposer de lois et règlements communs portant trop souvent sur des sujets accessoires, mais au contraire d’affirmer une politique commune dans les domaines essentiels de la politique extérieure. Vladimir Poutine est un vrai professionnel, nous devons le devenir. Il est grand temps que le journal «Le Monde» ne puisse plus écrire, à propos de la reconnaissance le 26 août par la Russie de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, comme dans son édition du 28 août, « Le coup de force de Moscou laisse l’Europe désemparée ». François Bonicel Le 29-08-2008

Newsletter

Restez informés, inscrivez-vous à notre lettre mensuelle!

Partenaires