Téléphone du Dimanche | Diocèse de Troyes

Téléphone du Dimanche

« Des voix de l’extérieur pour ceux qui sont à l’intérieur ». C’est ça, le Téléphone du dimanche, une émission diffusée par RCF Aube chaque dimanche entre 11h et 12h30, une émission où les familles, les amis des personnes incarcérées dans notre département peuvent envoyer des messages grâce à la radio. ---- L’histoire débute à Lyon en 1981. Un jeune homme, Daniel Syno, choqué par la condamnation à mort d’un américain de 29 ans, s’inspire de « l’Association Charles W. Bass » d’origine chrétienne, créée à la suite de cette condamnation pour sensibiliser l’opinion publique sur les réalités carcérales . Le Téléphone du dimanche débute sur Radio Fourvière en décembre 1983. D’autres villes suivent et le Secours Catholique de Troyes rassemble, en 1997, un panel de bénévoles. La première émission est lancée, en mai 1998 . Dix ans déjà … L’émission a lieu chaque dimanche, avec une émission spéciale pour Noël et le 1er Janvier. Elle ne se conçoit qu’en direct . En raison de la multiplicité des appels, la durée est passée de une heure à une heure et demie depuis juillet 2008. Le principe est simple : un appel téléphonique au 03 25 71 68 30 est reçu, puis transmis sur les ondes par RCF Aube. Le message peut donc être écouté par les personnes incarcérées dans le département . Nous sommes plus de 20 bénévoles ; Chaque équipe est composée d’un technicien, d’un standardiste et de deux animateurs. Le rôle du technicien est essentiel, les nerfs du standardiste solides et les paroles des animateurs brèves mais accueillantes . Qui appelle ? Les femmes surtout, les enfants, les parents, la famille, les amis, d’anciens détenus …Dans l’Aube, tous les détenus sont des hommes. L’attente est parfois longue au standard, l’émotion est souvent présente, les enfants ne comprennent pas cette conversation sans réponse. Quelques familles peuvent être en état de choc par un transfert, une incarcération récente. Il faut écouter, ne jamais oublier que cette émission est pour les détenus et leurs familles. Il faut savoir rappeler que les messages doivent obligatoirement être dits en français, qu’on ne peut proposer ni débats, ni dédicaces. Le temps moyen de l’appel ne devrait pas dépasser 1 minute, sachant que nous recevons environ 70 appels en 1h30 et qu’il faut laisser un peu de temps au gingle de l’émission, aux annonces, au rappel des services de la Source, Amitié sans Visage, Fraternité Saint Bernard, accueil de la Madeleine. Il faut penser à ne pas oublier ceux qui ne reçoivent jamais de messages, savoir interrompre sans heurts un message trop long, trop musclé ou trop répétitif. On reconnaît des voix, on encourage les enfants, beaucoup nous remercient . Quelques paroles : «Mon fils, c’est maman, sois courageux… Mon homme, c’est moi, je t’aime… Papa, tu m’entends ?… Ça va les gars ?» Des bisous, on en reçoit par centaines ! Écouter le Téléphone du dimanche , c’est comprendre un peu toutes les difficultés, les angoisses, les attentes, mais aussi les petits bonheurs de ces familles séparées à qui 90 minutes d’antenne sont offertes chaque dimanche. Marie-Claude Cointe ---- Lorsque j’étais en pension, durant toute ma scolarité, je ne voyais ma famille qu’ aux vacances ou de rares fois en visite. Les jeudis, j’étais sur le qui-vive permanent lorsque la cloche retentissait pour le parloir : j’espérais tellement que ce soit pour moi ! Ce fut le premier signe que je reçus d'aller voir ceux que personne ne visitait. Puis, j’ ai été longtemps hospitalisée et, à chaque pas entendu dans le couloir, j’ esperais qu’ on frapperait à ma porte. Malgré les kilomètres, malgré le sinistre des lieux, quand je vois le sourire reconnaissant du détenu que je visite, j’oublie tout. Ensemble nous effaçons les barreaux durant quelques instants. Quand je quitte la détention, je suis toute auréolée de la joie que j'ai partagée sans jugement et, égoïstement, je me dis en retrouvant ma voiture dans un espace ouvert : «qu’est-ce-que je suis heureuse !» . J’éprouve une certaine reconnaissance envers les prisonniers de m’avoir souligné la valeur de ma liberté et le bonheur d’avoir échappé à leurs destins. Nicole Walter, visiteuse Clairvaux -Troyes ---- Retour au dossier : [cliquer ici->http://catholique-troyes.cef.fr /spip/spip.php?article1257] ----

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