Où en est le projet d'Union de la Méditerranée ? | Diocèse de Troyes

Où en est le projet d'Union de la Méditerranée ?

Ce projet a été évoqué par le candidat Sarkozy dans un discours prononcé, à Toulon, le 07 février 2007, puis par le nouveau Président de la République, le 03 octobre 2007, à Tanger. Il consistait à créer, à côté de l'Union Européenne (UE), une seconde Union réservée aux seuls Etats riverains de la Méditerranée. Où en sommes-nous ? ---- Comment le projet de l'Union de la Méditerranée a-t-il pris forme ? A Hanovre, le 3 mars 2008, le Président Sarkozy a compris qu'il avait intérêt, s'il voulait voir son projet avancer, à travailler en bonne intelligence avec l'Allemagne. A la demande de la Chancelière Angela Merkel, il a accepté d'ouvrir son projet à tous les Etats membres de l’Union Européenne. De la sorte, le projet s'inscrit dans la logique du processus de Barcelone, mis en place en 1995, qui visait à établir de nouvelles collaborations entre l’Union Européenne et 12 États de la rive sud. Si l'initiative Méditerranéenne eut le mérite de ramener l'attention sur la zone située au sud de l'Europe, les fortes interventions de la Chancelière allemande ont permis de préserver le caractère européen du projet et ont, surtout, protégé les États européens de la tentation mortifère de se constituer des zones d'influence qui seraient autant d'occasions de division. Chacun reconnaît le rôle positif du Président Sarkozy dans la relance du processus européen mais le volontarisme politique ne vaut qu'à la condition de reposer sur quelques convictions fortes et partagées. De quelques contradictions internes et de l'absence de réponse à des questions fondamentales Contentons-nous d'en citer trois. Ouverture ou fermeture ? Depuis toujours, l’Union Européenne propose aux pays du sud un partenariat mais son objectif n'est-il pas, d'abord, de se protéger contre l'immigration, voire la menace islamique ? Il ressort des propos de Nicolas Sarkozy : «la liberté de circulation des hommes se construit et se maîtrise ensemble» que la tendance à la fermeture persiste puisque nous demandons à nos partenaires du sud de limiter et de maîtriser eux-mêmes les flux migratoires. Nous sommes loin de l'esprit des traités de Rome conclus entre partenaires égaux, prêts à ouvrir leurs frontières les uns aux autres. Les pays du sud, de leur côté, se ferment encore trop aux influences extérieures. Nombreux sont ceux qui, quand ils ne sont pas en guerre avec leurs voisins, n'entretiennent aucune relation politique ou commerciale avec eux. La relation franco-allemande est-elle vraiment sacrée comme l'a indiqué Nicolas Sarkozy ? On peut douter que cette relation soit prioritaire aux yeux des autorités françaises. Alors que l'Allemagne présente une balance commerciale structurellement excédentaire, la France affiche un déficit commercial croissant. Alors que l'Allemagne a rétabli ses finances publiques, la France, malgré ses engagements vis-à-vis de ses partenaires européens, creuse dangereusement son déficit budgétaire. Des distorsions aussi importantes ne sauraient favoriser la coopération entre les deux pays, d'autant que le «Parti anti-allemand» mené par le Conseiller spécial du Président Sarkozy poursuit son travail de sape. Anti-allemand, mais aussi anti-européen, c'est souvent la même chose. Le cas de la Turquie La Turquie est toujours candidate à l'adhésion à l’Union Européenne. Riveraine de la Méditerranée, elle fait partie de l'Union de la Méditerranée. Or, depuis le départ, l'Union de la Méditerranée n'a pas été jugée comme une alternative à l'adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Comment envisager de régler cette difficile question ? A ce jour, nous n'en savons rien et le mutisme des dirigeants européens est total. Les trois exemples ci-dessus témoignent que, sur des questions essentielles, l’Union Européenne manque d'idées claires et d'objectifs précis fixés d'un commun accord au terme d'un processus de consultation entre les États membres. Nos gouvernements devraient s'inspirer de Goethe qui se disait «l'ennemi mortel des paroles vides». François Bonicel Le 25 septembre 2008

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