La crise alimentaire mondiale inquiète-t-elle les Européens ? | Diocèse de Troyes

La crise alimentaire mondiale inquiète-t-elle les Européens ?

La crise alimentaire mondiale touche en premier lieu les pays les plus pauvres. Que fait l’Union européenne pour résoudre les énormes difficultés qui sont devant nous. Nous-mêmes, citoyens de l’Union, nous sentons-nous concernés par le drame qui se déroule sous nos yeux et qui affecte en premier lieu le continent qui nous est le plus proche, l’Afrique ? La réalité de la crise alimentaire mondiale : Les émeutes de la faim, contre l’augmentation des prix des produits alimentaires qui se produisent dans de nombreux pays, mettent en évidence les risques sociaux et politiques qui fragilisent de nombreux pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (la FAO), l’indice des prix des aliments a augmenté de 37 % entre 2006 et 2007, mais les céréales qui constituent une part essentielle de l’alimentation des pays pauvres ont augmenté de 80 à 120 % selon les pays. Les causes de la crise : Nous ne pouvons être exhaustif, et il est difficile de les hiérarchiser : – la sécheresse qui a sévèrement touché certains pays producteurs de céréales comme l’Australie, et les inondations intervenues en Asie, facteurs liés au réchauffement climatique. – avec la croissance économique que connaissent leurs pays, des centaines de millions de Chinois et d’Indiens modifient leurs habitudes alimentaires en faveur de la consommation de viande. Or il faut environ 8 kilos de céréales pour produire 1 kilo de viande. – avec la crise financière, les fonds spéculatifs, se sont rabattus sur les matières premières, notamment agricoles. Compte tenu de l’étroitesse des marchés, (par exemple 7 % seulement de la production mondiale de riz sont traités sur le marché), les spéculateurs, sans y consacrer beaucoup de capitaux, peuvent orienter les prix à la hausse et réaliser d’énormes profits. Par ailleurs, certains pays ont réduit leurs exportations, aggravant la pénurie. – l’essor des agrocarburants, (terme qu’il faut préférer à celui de « biocarburants » qui est tout à fait usurpé puisque la culture des végétaux qui leur sont consacrés n’est en rien « biologique »), a au moins deux effets négatifs: la diminution des surfaces consacrées aux cultures alimentaires et l’augmentation du prix de certaines céréales. – Le FMI et la Banque mondiale ont systématiquement favorisé la culture dans les pays pauvres de denrées alimentaires destinées à l’exportation au détriment des cultures vivrières des petites exploitations familiales. Que font les Européens ? Le Commissaire européen au développement a déclaré, le 8 avril dernier qu’«Un choc alimentaire mondial se profile, moins visible que le choc pétrolier, mais avec l’effet potentiel d’un vrai tsunami économique et humanitaire en Afrique ». Cette déclaration n’a été suivie, pour l’instant, que de promesses d’aide alimentaire d’urgence très en deçà des besoins exprimés par le Programme alimentaire mondial (PAM). Au-delà de ces aides, peu ou pas de propositions concrètes qui pourraient se traduire par des changements du comportement de nos pays. L’Union, même si elle les a réduites, consent toujours des aides à l’exportation de ses produits agricoles qui concurrencent injustement les producteurs africains qui ne sont pas en mesure de résister à la puissante agriculture européenne. L’OCDE qui réunit les 22 pays les plus riches du monde, a publié, le 4 avril, les chiffres de l’aide publique au développement fournie par ses membres en 2007. Ils sont en baisse de 8,4 % par rapport à ceux de 2006, année déjà inférieure à 2005. En dehors des pays de l’Europe du Nord, les pays riches, dont beaucoup de pays de l’UE, ont oublié leur engagement de l’an 2000 (les objectifs du millénaire), réitéré solennellement en 2005, de consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide publique au développement (ils sont à 0,28 % !) Nos pays seraient-ils des tartuffes de la faim ? Et nous, chrétiens et citoyens de l’Union, que faisons-nous ? Nous nous disons souvent qu’individuellement, nous ne pouvons rien faire, face à des problèmes qui nous dépassent. Nous nous plaignons de l’augmentation des prix, mais pour les pays pauvres, pour chaque augmentation de 1 % du prix des denrées de base, ce sont 16 millions de personnes qui tombent dans l’insécurité alimentaire. Cela signifie que 1,2 milliard d’êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d’ici 2025, 600 millions de plus que ce qui était annoncé. Il existe un mouvement qui nous permet, selon nos moyens, de marquer notre solidarité avec les humains qui souffrent de la faim : le Comité catholique contre la Faim et pour le Développement. « Dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait…Dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » Matthieu 25. Dons au CCFD : En ligne : www.ccfd.asso.fr Courrier : 4 rue Jean Lantier 75001 Paris François Bonicel le 25 avril 2008

Newsletter

Restez informés, inscrivez-vous à notre lettre mensuelle!

Partenaires