Les Européens et leurs régimes de retraite | Diocèse de Troyes

Les Européens et leurs régimes de retraite

Les Français sont très préoccupés par leurs régimes de retraite. L'allongement de l'espérance de vie, qui se traduit par le vieillissement de la population et par le déséquilibre du rapport actifs / retraités, a conduit à la fragilisation des régimes de retraite. La plupart des pays de l'Union européenne connaissent les mêmes problèmes de financement des retraites. Quelles politiques d'adaptation des régimes de retraite sont mises en oeuvre dans nos pays ? Nous nous limiterons aux 15 pays formant l'UE avant l'élargissement intervenu en 2004. Ces pays, qui forment un ensemble relativement homogène quant à leur richesse, sont en effet comparables. La capacité des régimes de retraite dépend du taux d'emploi des 20/65 ans, de l'âge effectif du départ à la retraite et de l'espérance de vie qui influe sur le rapport Actifs/Retraités Les Européens et leurs régimes de retraite 16 CHRONIQUE EUROPÉENNE Les Français sont très préoccupés par leurs régimes de retraite. L'allongement de l'espérance de vie, qui se traduit par le vieillissement de la population et par le déséquilibre du rapport actifs / retraités, a conduit à la fragilisation des régimes de retraite. La plupart des pays de l'Union européenne connaissent les mêmes problèmes de financement des retraites. Quelles politiques d'adaptation des régimes de retraite sont mises en oeuvre dans nos pays ? Nous nous limiterons aux 15 pays formant l'UE avant l'élargissement intervenu en 2004. Ces pays, qui forment un ensemble relativement homogène quant à leur richesse, sont en effet comparables. Le taux d'emploi des 20/65 ans > 75 % Danemark : 83.5 % Suède : 80.3 % Royaume-Uni : 79.6 % Portugal : 79.4 % Pays-Bas : 77.2 % Autriche : 75.1 % > 70 % < 75 % Allemagne : 71.7 % Finlande : 71.5 % Irlande : 70.5 % > 65 % < 70 % Luxembourg : 66.3 % France 65.8 % > 60 % < 65 % Belgique : 63.1 % Grèce : 64.1 % > 55 % < 60 % Italie et Espagne : 57.9 % La moyenne des 15 = 69.1 % La France est au 11ème rang, nettement en dessous de la moyenne de l'UE. L'âge effectif de départ à la retraite > 62 ans Portugal : 64.5 Irlande : 64.3 Danemark : 63.6 Royaume-Uni : 63.2 Suède : 63.2 Finlande : 62.2 >60 ans < 62 ans Italie : 60.4 Grèce : 60.4 Autriche : 60.9 Pays-Bas 61.7 Allemagne : 61.6 Espagne 61.4 >57 ans < 60 ans France : 58.7 Belgique : 58.1 Luxembourg : 57.5 La moyenne des 15 = 60.5 ans. La France est au 13ème rang. La population âgée de 65 ans et plus, en pourcentage des personnes de 15 à 64 ans En 2000 : 24 % En 2025 : 36 % En 2050 : 52 % Source : Office européen des statistiques, Eurostat. L'évolution gravement préoccupante ci-dessus résulte essentiellement de l'augmentation de l'espérance de vie qui progressera de 5 ans pour les hommes et de 4,6 ans pour les femmes entre 2000 et 2050. Les politiques de réforme des régimes de retraite Face à la situation inquiétante d'aujourd'hui (4 actifs pour 1 retraité) et à l'extrême gravité des perspectives 2025 et 2050 (3 actifs pour 1 retraité en 2025 et 2 actifs pour 1 retraité en 2050), les gouvernements ont été contraints de réformer les régimes de retraite, malgré la forte opposition des populations. Les politiques adoptées correspondent à un mélange subtil et souvent opaque des différentes formules suivantes : l'élargissement de la base des cotisations aux revenus tels que les stocks options, l'intéressement, les produits de placement… Cette formule suppose un accord entre tous les Etats européens, si l'on veut éviter les effets d'un dumping fiscal organisé ; un tel accord est peu probable. l'augmentation des taux de cotisation et la budgétisation d'une partie des dépenses de retraite. Cette formule se traduit par la hausse des prélèvements obligatoires qui entraîne une nouvelle réduction du pouvoir d'achat déjà mal en point pour beaucoup d'Européens. l'allongement de la durée de la vie au travail. Cette formule a été mise en oeuvre par les pays du Nord, notamment la Suède où le taux d'emploi des seniors atteint près de 70 %, alors qu'il n'est que de 38 % en France ; notre pays est le plus mauvais élève de l'UE. la réduction des pensions est peu envisageable compte tenu de la modestie de nombreuses pensions et des droits acquis de ceux qui ont cotisé longtemps. l'augmentation de l'épargne individuelle. Cette formule est évidemment souhaitable. Encore faut-il veiller à ne pas accroître les inégalités entre ceux qui peuvent épargner et les autres. Quelles solutions à long terme ? En fait, la seule vraie solution consiste à augmenter la quantité et la valeur du travail des Européens. Ne nous illusionnons pas, comme certains gouvernements, sur la diminution du taux de chômage qui résulte essentiellement des nombreux départs en retraite des personnes nées pendant le baby boom des années 1945/1955, et beaucoup moins de la création d'emplois nouveaux à forte valeur ajoutée. Plus que jamais est nécessaire l'application de la stratégie de Lisbonne adoptée par les Européens qui repose sur un développement considérable des dépenses de Recherche et Développement, seule voie pour valoriser le travail des Européens. Les rapports Camdessus et Attali y ont appelé le gouvernement français sans autre action, aujourd'hui, qu'une refonte administrative du CNRS… François Bonicel

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