Une famille irakienne arrive en France | Diocèse de Troyes

Une famille irakienne arrive en France

Une famille irakienne arrive en France Le Père Gérard Simon est allé à la rencontre d’une famille chrétienne d’Irak arrivée récemment en France. Les parents ont répondu à ses questions Père Gérard Simon : Quand êtes-vous arrivés en France ? Et qui vous a accueillis ? Famille irakienne : Nous sommes arrivés en France, à Paris, le 14 Août 2008. Ce sont des Irakiens catholiques de la région parisienne qui sont venus nous chercher à l’aéroport. Ils avaient été avertis de notre arrivée. Ils nous ont conduits en voiture jusqu’à Créteil où nous avons été hébergés pendant quelques jours. Nous avons pris ensuite le train pour notre ville d’accueil où, à la gare, nous étions attendus par les membres du CADA(Centre d’Accueil pour les Demandeurs d’Asile) Une fois arrivés à Paris, nous avons ressenti que le gros poids que nous avions sur la poitrine venait de partir. Nous nous sentions libérés, nous n’avions plus à avoir peur. Dans notre ville d’accueil nous nous sommes sentis comme des étrangers car nous ne connaissions personne. Heureusement qu’un prêtre de la paroisse est venu nous voir. Il avait été prévenu par le Secours Catholique qu’une famille irakienne devait venir, mais il ne savait pas le jour exact. Il nous a parlé en anglais car nous ne connaissons pas le français. Il nous a dit que l’église n’était pas loin, et que nous étions invités à y venir le dimanche suivant. Avant de partir, il nous a dit : « on va prier ensemble ». Cela a duré deux minutes mais à partir de ce moment là, nous avons su que nous n’étions plus seuls. Le dimanche, nous sommes allés à l’église, le prêtre nous a présentés et il a demandé aux paroissiens qui connaissaient l’anglais de venir parler avec nous : il y a eu une Cambodgienne, une Rwandaise et une Anglaise… aucun Français d’origine… mais les dimanches suivants il y en a eu et ils sont nombreux maintenant à nous saluer à la fin de la messe. Père Gérard Simon : Et quel accueil pour vos enfants ? Combien en avez-vous et quel âge ont-ils ? Famille irakienne : Nous avons trois enfants : deux garçons et une fille, 20, 18 et 16 ans. Ils parlent l’arabe et l’anglais, mais pas du tout le français ; pourront-ils aller à l’école ? Pour notre fille, les responsables du CADA lui ont fait passé au CIO (Centre d’Information et d’Orientation) un test, en arabe, pour voir son niveau d’études. Comme il était bon, il fut décidé que, cette année, elle apprendrait le français. Une semaine après elle était admise en 3° dans un lycée. Pour notre deuxième garçon, Mgr Marc Stenger a parlé à un directeur de l’enseignement catholique qui l’a orienté vers un lycée dans une section technique. Il a pu dire au bout de la première semaine : «All the people… c’est tout le collège qui m’a accueilli : les élèves, les professeurs et la direction.» Quant à notre premier garçon qui avait commencé en Irak des études à l’université, il aurait bien voulu continuer, mais on lui a répondu qu’il fallait bien parler le français. Alors il s’y est mis en prenant des cours dans plusieurs associations et écoles qui donnent des cours à des étrangers qui arrivent en France. Il fait tout pour pouvoir être admis à l’université à la rentrée de septembre 2009. Nous pensons qu’il y arrivera. Père Gérard Simon : Saviez-vous que Mgr Marc Stenger était allé en Irak au mois de février dernier ? Famille irakienne : Oui, nous le savions. Nous savions qu’il était venu avec une délégation qui, une fois revenue en France, avait demandé au gouvernement français la possibilité d’accueillir des familles qui se trouvaient en difficulté ou dans l’insécurité. Il devrait y en avoir cinq cents. Un dimanche, Mgr Marc Stenger nous a demandé de venir chez lui. Il y avait aussi des membres du groupe d’Irakiens de Paris qui nous avaient accueillis. Ce fut un grand honneur pour nous d’être invités chez Mgr Marc Stenger. Nous avons pu beaucoup parler des communautés chrétiennes qui sont en Irak et qui sont persécutées, en ce sens qu’on cherche à faire partir les chrétiens qui demeurent dans certains quartiers de Bagdad. Père Gérard Simon : Cela fait bientôt trois mois que vous êtes en France, quels sont vos souhaits aujourd’hui ? Famille irakienne : • Que l’Eglise soit plus forte et protège les chrétiens, spécialement en Irak, mais aussi dans le reste du monde, en particulier au Soudan et en Egypte. • Que nous trouvions une maison dans le quartier qui soit proche de l’église, car nous connaissons maintenant beaucoup de chrétiens avec qui nous parlons à la fin de la messe, ainsi que des familles libanaises et soudanaises. Nous ne voulons plus partir ailleurs. • Que d’autres familles irakiennes qui arrivent en France puissent venir nous rejoindre. Père Gérard Simon Bénévole à l’AATM

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