L'Union Européenne et le traitement de la crise mondiale | Diocèse de Troyes

L'Union Européenne et le traitement de la crise mondiale

Comme on a pu le constater, le 15 novembre à Washington, où se sont réunis les dirigeants des 20 pays les plus riches du monde, la plupart d’entre eux estiment que la crise est le produit des excès insensés des tenants de l’ultralibéralisme qui ont cru, depuis les années 1990, pouvoir se libérer des principes qui sont à la base du fonctionnement normal de l’économie de marché et notamment le principal d’entre eux qui est l’existence d’un système juridique contraignant fixé par l’Etat démocratique, encadrant et régulant les activités économiques, notamment les activités de marché. Ajoutons que c’est la ferme volonté exprimée par les dirigeants européens, sous la présidence française, qui a permis que se tienne la réunion de Washington dont ne voulait pas le gouvernement américain. Nous examinerons ce que les pays membres du G 20 représentent à l’échelle du monde. Nous évoquerons ensuite la place qu’occupe l’Union européenne au sein du G 20 et à l’échelle de la planète. Nous examinerons enfin les contradictions qui apparaissent dans la mise en oeuvre des mesures de relance de l’économie au sein de l’Union. Le G 20 : Le G 20 est sensé réunir les 20 pays les plus riches du monde. Or le G 20 ne comprend en fait que les 19 Etats les plus riches du monde auxquels s’ajoute l’Union Européenne qui regroupe 27 pays dont 4, (la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie) font déjà partie, à titre individuel, du G 20. Par rapport aux organes de concertation qu’étaient le G 7 et le G 8, le G 20 représente incontestablement un progrès vers une meilleure gouvernance mondiale puisqu’en font partie 12 pays « grands émergents », jusqu’à présent tenus à l’écart des concertations entre pays riches. A noter, toutefois, que l’Afrique, à l’égard de laquelle nous, Européens, avons une responsabilité particulière, avec ses 13,41 % de la population mondiale (en 2000) n’est représentée au G 20 que par un seul pays, l’Afrique du Sud, dont le PIB est de 273,6 milliards de dollars, soit 0,37 % de la production mondiale, pour une population représentant 0,74 % de la population de la planète. Avec une production de richesse, (exprimée en PIB), de 63 423 milliards de dollars par an, les membres du G 20 représentent 85 % de la richesse mondiale. La place de l’UE au sein du G 20 et au plan mondial : L’UE et les 4 pays membres de l’UE qui appartiennent individuellement au G 20 constituent la première puissance économique mondiale avec une création de richesses de 23 500 milliards de dollars par an, soit 37 % de la richesse produite par les pays du G 20, ou 31,5 % de la richesse mondiale. Ce dernier chiffre est à comparer à la part de l’UE dans la population mondiale qui n’est que de 7,6 %. Il est évident que cette concentration de richesses au profit d’une petite partie de la population mondiale pose crûment le problème de la juste répartition des richesses entre les nations. La même remarque peut être faite pour les USA qui, avec 4,6 % de la population de la planète, concentrent 21,8 % de la richesse produite au plan mondial. De telles concentrations de richesse au profit des pays les plus riches ne peuvent qu’alimenter les frustrations des pays pauvres et fragiliser la paix mondiale. En outre, l’UE et les USA se partagent les premiers rôles au sein des institutions économiques mondiales, le FMI étant toujours dirigé par un Européen et la Banque mondiale par un Américain. Au moment où les pays occidentaux sollicitent l’aide des pays émergents pour consolider leur système financier et relancer l’économie mondiale, ces derniers revendiquent un poids accru au sein des institutions internationales. Les ajustements qui y ont été réalisés jusqu’à maintenant ont été trop limités pour les satisfaire. Pour rééquilibrer la donne, il faudrait que les pays européens acceptent que l’UE ne compte que pour un seul pays. Cette idée, sans doute utopique, permettrait de donner une nouvelle légitimité aux institutions internationales et de renforcer leur autorité. Les désaccords européens en matière de relance économique : • le gouvernement français souhaite soutenir l’industrie automobile et le secteur de l’immobilier qui connaissent une crise sévère. La chancelière allemande estime, pour sa part, inopportun d’aider des industries dont les dirigeants n’ont pas su prendre en compte les impératifs de la lutte contre le réchauffement climatique, se contentant de doter leurs produits de gadgets peu utiles et seulement destinés à améliorer leur marge. A quoi bon consacrer des sommes considérables en faveur d’industriels ayant échoué ? Mieux vaudrait concentrer les moyens sur des programmes de Recherche et Développement à l’échelle européenne qui profiteraient à l’ensemble des secteurs économiques de l’UE. • le sauvetage du système bancaire était évidemment nécessaire, mais force est de constater de grandes différences entre les mesures prises au Royaume-Uni et en France : l’Angleterre libérale a choisi de nationaliser partiellement ou totalement des banques, imposant sa volonté, serait-ce au détriment des dirigeants des banques et de leurs actionnaires. L’Etat se retirera du capital des banques concernées quand leur situation aura été rétablie, espérant réaliser, à cette occasion, des plus values au profit du contribuable britannique. La France colbertiste, adepte de l’interventionnisme étatique, s’est contentée, pour sa part, d’accorder des crédits aux banques sous la forme de titres subordonnés à durée indéterminée (TSDI), qu’elles pourront rembourser quand elles le souhaiteront. Ainsi l’Etat ne pourra jouer aucun rôle au sein des banques et ne saurait espérer réaliser la moindre plus value. François Bonicel

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