A propos de la crise financière du mois d'août | Diocèse de Troyes

A propos de la crise financière du mois d'août

Un peu de théorie : La masse monétaire Elle correspond à : a) l’ensemble des moyens de paiement (les avoirs immédiatement liquides) détenus par l’ensemble des agents économiques, vous et moi, les entreprises etc. b) l’ensemble des avoirs monétaires non immédiatement liquides (comptes sur livret, parts de fonds communs de placement, titres de créance, dépôts à terme…) L’ensemble de ces actifs monétaires a) et b) ci-dessus forment un ensemble appelé l’agrégat M3 dont l’évolution est particulièrement surveillée par les banques centrales car elle révèle la quantité des instruments monétaires en circulation dans le circuit économique. S’y ajoutent les titres monétaires (bons du Trésor, billets de trésorerie etc.) émis par le Trésor public et les entreprises. Ces titres et l’ensemble constituant l’agrégat M3 forment la masse monétaire. En dehors de la masse monétaire, existent aussi des agrégats de placements tels que les plans d’épargne, les obligations et les actions. Les contreparties de la masse monétaire : Il s’agit de l’ensemble des moyens émis par les institutions financières (les banques centrales, les banques commerciales et d’investissement et les établissements de crédit) qui assurent le financement de l’ensemble des actifs financiers (actifs monétaires et placements) évoqués plus haut. Il convient de noter que les banques se financent notamment sur le marché interbancaire qui est lui-même international. Les agrégats monétaires et de placements et les contreparties de la masse monétaire forment un système financier qui peut correspondre à un pays déterminé, à une zone économique particulière (par exemple la zone euro) ou au monde entier ; il s’agit dans ce dernier cas du système financier international. Que s’est-il passé en août ? Des banques américaines ont massivement consenti, depuis plusieurs années, des prêts immobiliers à des ménages modestes, mais en les assortissant d’un taux d’intérêt élevé, le plus souvent variable. Cette activité, au demeurant injuste socialement et non conforme aux règles prudentielles, les banques qui s’y sont livrées l’ont financée avec leurs ressources propres mais également avec des crédits qui leur ont été consentis par d’autres banques, américaines et internationales, notamment européennes et asiatiques. Beaucoup de ces ménages modestes, affectés par la baisse du prix des maisons et la hausse des taux d’intérêt, n’ont pas pu respecter les échéances de leurs crédits immobiliers, ce qui a mis en difficulté leurs banques ; celles-ci ont du vendre des actifs, d’où la chute des bourses, et n’ont pas toujours pu honorer les échéances des prêts qui leur avaient été consentis par d’autres banques, ces dernières étant de ce fait ellesmêmes mises en difficulté. Un climat de défiance s’est installé dans tout le système bancaire international. S’en est suivi une crise systémique de liquidité qui a réduit la capacité des banques à consentir des crédits nécessaires aux autres agents économiques, entreprises et particuliers, handicapant de ce fait le fonctionnement de l’ensemble du système économique. L’action de la BCE et des autres banques centrales : Sans doute informée que de nombreuses banques de la zone euro étaient engagées dans des crédits aux banques américaines et risquaient d’être elles mêmes en difficulté, la BCE, dont l’un des principaux rôles est d’assurer la liquidité de la zone euro, c'est-à-dire de faire en sorte que les agents économiques de la zone aient les moyens de paiement nécessaires à leur activité, a mis plus de 250 milliards d’euros (ce qui ne s’était jamais vu), à la disposition des banques européennes de façon à leur permettre de faire face à leurs propres engagements et à éviter ainsi un blocage généralisé de l’économie. Les banques centrales des principales puissances économiques, notamment la banque centrale américaine (la fameuse Réserve fédérale) et la banque centrale japonaise, ont agi de la même manière, en concertation avec la BCE, la Réserve fédérale allant jusqu’à baisser son taux d’escompte de 0,50 point le 17 août. Quelques observations pour conclure : Une fois de plus, nous constatons combien notre terre constitue un système global au sein duquel les économies sont interdépendantes. Les Européens ont su mettre en place une institution fédérale, la BCE, qui a pu protéger efficacement nos économies. Cela est d’autant plus nécessaire que les marchés financiers sont peu transparents. A n’en pas douter, il nous faut développer les instruments de solidarité au plan international, en particulier pour protéger les pays pauvres qui sont les plus exposés aux effets des secousses du système financier international. Régulation, transparence et solidarité, telles sont les conditions d’une meilleure gouvernance mondiale. François Bonicel Le 21 août 2007 ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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