De bonnes nouvelles mais aussi des mauvaises pour l'Europe au mois d'Octobre | Diocèse de Troyes

De bonnes nouvelles mais aussi des mauvaises pour l'Europe au mois d'Octobre

Comme prévu, les dirigeants des 27 Etats membres de l’UE réunis à Lisbonne ont adopté le traité simplifié au matin du 19 octobre. Le traité sera signé le 13 décembre et devra être ratifié par chacun des Etats signataires en 2008 pour rentrer en application le 1er janvier 2009. En dehors de l’Irlande, la ratification se fera par la voie parlementaire et, sans doute, très rapidement. Au-delà des réformes institutionnelles qui sont acquises, et qui sont très importantes, la question est de savoir ce que veulent les citoyens concernant les politiques que devront maintenant mettre en oeuvre les dirigeants et le Parlement européens. Les citoyens helvétiques ont placé en tête, à l’issue des élections fédérales du 21 octobre, l’Union démocratique du centre (l’UDC) dont le projet est ouvertement ultra libéral, réactionnaire, isolationniste et nationaliste. Le même jour, la Pologne, lors des élections législatives, a rompu avec les thèses ultraconservatrices et anti- européennes des frères Kaszinski. le 22 octobre, , le président roumain Traian Basescu a reconnu le rôle de l’Etat roumain dans la déportation massive des Roms pendant la seconde guerre mondiale. Le traité simplifié est signé mais après ? Manifestement, la signature du traité constitue une étape essentielle, nécessaire mais pas suffisante. Les citoyens européens attendent que soient traités les problèmes qui sont au centre de leurs préoccupations : la croissance économique, l’emploi, le niveau de vie, l’avenir des jeunes, celui des régimes de retraite et de prévoyance, le changement climatique et la sécurité des personnes et des biens. La satisfaction de ces attentes légitimes nécessitera qu’un nouveau souffle soit impulsé par les dirigeants et le Parlement européens de façon que les citoyens perçoivent la réalité d’une communauté de destin entre les peuples européens, ce qui suppose l’affirmation de valeurs communes, et perçoivent clairement le rôle et la place de l’Union au sein d’un monde globalisé qui, aujourd’hui, leur apparaît menaçant. Qu’arrive-t-il aux citoyens helvétiques ? La Confédération helvétique est connue pour être un pays stable et prospère, sachant pratiquer le consensus. Pourtant, les citoyens ont porté, lors des élections fédérales du 21 octobre, l’Union Démocratique du Centre, parti ultranationaliste et réactionnaire, en tête de toutes les formations politiques du pays. L’UDC a pour chef Christoph Blocher. Ce fils de pasteur, milliardaire soutenu en sous-main par la finance zurichoise, a abandonné la bonhomie conservatrice de ses débuts en politique pour devenir un tribun populiste extrémiste. Blocher a exclusivement basé sa campagne sur le thème de la peur : peur de la mondialisation qui fragilise certaines industries, peur de l’étranger perçu comme un acteur potentiel du terrorisme, peur de l’autre assimilé au profiteur de l’Etat social. Les Suisses ont peur et veulent transformer leur pays en forteresse. Le pays où est née la Croix Rouge donne un bien mauvais exemple. La Pologne se rapproche de l’Europe Au contraire des Suisses, les Polonais ont choisi, le 21 octobre, de rompre avec l’orientation conservatrice, nationaliste et anti-européenne dont les frères Kaszinski étaient les champions depuis 2005. La Pologne sera dirigée par la droite libérale qui est pro européenne. Espérons que son leader, Donald Tusk, saura composer avec les sociaux démocrates et avec le parti démocrate de Bronislaw Geremek. Ce dernier, grande figure morale, fut un acteur important de la résistance au régime communiste et un chaud partisan de l’adhésion de son pays à l’UE. Le renouveau démocratique de la Roumanie Dans ce pays où existe une constante au sein des institutions et de l’Administration, celle de considérer les Roms comme étant des gens à part, différents, inférieurs, le président roumain, Traian Basescu a créé l’événement, le 22 octobre, en reconnaissant la responsabilité de son pays dans la déportation massive des Roms durant la seconde guerre mondiale. Il a notamment déclaré ; « Les autorités roumaines n’ont fait preuve d’aucune pitié. Elles ont arraché les Roms à leur maison, à leur ville et les ont envoyés loin dans le but de créer une nation pure. Nous devons dire à nos enfants qu’il y a soixante ans, l’Etat roumain a envoyé des enfants comme eux mourir de faim et de froid ». Les Européens devraient se rendre compte que, depuis la fameuse déclaration Schuman en 1950, ils ont réalisé d’énormes progrès qui s’expriment en la formation d’une union de peuples libres, vivant pacifiquement et égaux en droits. Il s’agit là d’une réussite prodigieuse, sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Certes, rien n’est jamais acquis définitivement et il nous faut prendre garde aux risques que représenterait la résurgence de passions nationalistes qui se manifestent ici ou là comme on a pu le constater. La mondialisation et l’émergence de nouvelles puissances ont cette vertu de nous montrer que chacun de nos pays est incapable à lui seul d’affronter les défis d’aujourd’hui et de demain. L’union n’est pas seulement un idéal, c’est aussi une nécessité absolue. François Bonicel Le 30-10-2007 ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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