Un monde, une promesse, le scoutisme célèbre son centenaire | Diocèse de Troyes

Un monde, une promesse, le scoutisme célèbre son centenaire

Rencontre avec deux générations de scouts de France.



L'église dans l'Aube : François Bleuze, depuis combien de temps êtes-vous dans le scoutisme ?

François Bleuze : je suis entré aux scouts de France en 1962, à 11 ans...

E. D. A. le : pouvez-vous nous parler de notre cheminement au long de ces années ?

François Bleuze : à 11 ans, ce sont mes parents, très engagés dans la vie sociale et religieuse, qui m'ont inscrit aux scouts. Ils avaient foi en cette méthode d'éducation chrétienne et civique des jeunes, complémentaire de l'éducation familiale.

J'ai eu quelques difficultés, je me souviens, à trouver ma place au sein du groupe. Mais les choses se sont arrangées lorsque je suis arrivé sur le groupe Saint-Bruno, implanté sur le quartier des Chartreux , qui expérimentait la nouvelle pédagogie marquant la séparation des 12/14 ans avec les 14/17 ans.

À ce moment-là, j'ai complètement adhéré à ce scoutisme qui, par le jeu, la découverte de la nature, le sens de l'équipe et des responsabilités, le respect des autres, contribue au développement physique, moral, intellectuel, social et spirituel des jeunes dont il a la charge.

J'ai suivi la filière normale : scout, pionnier, compagnon, chef de groupe sur Saint-Bruno, puis responsable départemental et enfin responsable régional, que je ne suis plus. Mais on ne quitte jamais le scoutisme ! Actuellement je suis immobilisé pour l'arrivée de la flamme du centenaire et je collabore à la rédaction de la plaquette « 100 ans de scoutisme », cette célébration étant l'occasion de rappeler les valeurs uniques que nous défendons. 38 millions de scouts, guide et éclaireur, les anciens, les familles, vont célébrer aux quatre coins du monde s'entend d'engagement pour la paix, d'engagement pour l'éducation, d'engagement pour un avenir meilleur.


E. D. A. : vos enfants ont-ils suivi vos traces ?

si : une de nos filles est actuellement très active chez les compagnons. Précisons que j'ai épousé une responsable des guides de France et que j'ai retrouvé la carte d'éclaireur de mon beau-père, pour l'année 1914 !

E. D. A. : votre adhésion à l'esprit scout a-t-il interféré dans votre vie professionnelle ?

François Bleuze : mon attachement au principe de Baden-Powell en pour un citoyen « libre, actif, heureux, capable de choix, artisan de paix » m'a permis d'avancer dans la vie avec, je pense, le sens des responsabilités, l'esprit d'équipe, le respect des autres, quels que soient leurs origines, leurs religions.

E. D. A. : l'esprit scout a-t-il évolué ?

François Bleuze : le scoutisme doit sa valeur et son succès au fait qu'il a su proposer, à partir d'une synthèse harmonieuse de données naturelles et spirituelles, une pédagogie parfaitement adaptée à la nature profonde des garçons et des filles. La pédagogie scoute est constamment renouvelée, vivifiée par l'esprit de ces jeunes. Les jeunes changent, bien sûr, les outils, les moyens pédagogiques également, mais les valeurs fondamentales sont là, toutes entières dans l'esprit scout qui est un esprit de droiture, de générosité, de courtoisie souriante, un esprit d'honneur du jeune qui s'engage à être fidèle à la Loi scoute qui doit, encore et toujours, être reprise sans modification de l'essentiel de ses principes, de ses buts, de ses méthodes... Sous peine de n'être plus du scoutisme !

E. D. A. : restez-vous confiants dans l'avenir du scoutisme ?

François Bleuze : les effectifs se maintiennent. Les responsables sont de grande valeur, la motivation, l'enthousiasme de tous sont intactes. Pour ne parler que des pionniers -- mais je pourrais parler des louveteaux, des compagnons -- citons leur désir de plus en plus vif d'engagement dans la vie locale et civile, l'investissement dans des projets de solidarité de plus en plus performants, en France et à l'étranger, par le biais de chantiers, autant d'écoles d'énergie, de débrouillardise, d'entraide fraternelle, sous le regard de Dieu. La relève est assurée, qui saura transmettre aux plus jeunes, j'en suis sûr, les valeurs d'un scoutisme indéniablement en phase avec une société contemporaine qui aspire de plus en plus aux valeurs qu'elle véhicule, un monde de jeunes et d'adultes pour un monde meilleur...

Les plus gros problèmes pourraient venir de la difficulté à trouver les animateurs des jeunes accompagnateurs, les personnes de 35/40 ans. Mais le scoutisme a déjà surmonté des crises. Faisons confiance. Le Saint Esprit souffle toujours dans le bon sens !



Rémy Mutrici



Rémy Mutrici : J'ai 17 ans. Je suis dans le scoutisme depuis moins longtemps que M. Bleuze, mais j'ai commencé plus tôt... Je suis entré chez les louveteaux à l'âge de six ans, suivant l'exemple de mes aînés, mais de frère et ma soeur, sachant que mes parents avaient été chefs de groupe aux scouts de France !

L'église dans l'Aube : vous n'étiez donc pas en terrain inconnu !

Rémy Mutrici : non ! Mais je me suis senti encore plus dans mon élément lors de mon passage chez les scouts, à 11 ans. Là, tout m'a plu : les chefs, les activités, synonyme d'équipe, de nature, le sport, de camps, de veillées, de projets, de responsabilités nouvelles. J'ai complètement adhéré aux engagements. J'ai adhéré à la loi scoute.


EDA : cela représente-t-il beaucoup de temps dans la vie d'un jeune lycéen qui se prépare aux épreuves du baccalauréat ?

Rémy Mutrici : je n'oublie pas mes études, rassurez-vous, mais il faut reconnaître que nous préparons actuellement très activement notre participation au Jamboree, rassemblement international les scouts et guides, qui aura lieu en Angleterre cette année, du 27 juillet aux 8 août prochains, et qui sera le « Jamboree du centenaire ». !

EDA : que vous apporte le scoutisme ?

Rémy Mutrici : on acquiert tant de choses dans le scoutisme ! Tout d'abord la connaissance du monde qui nous entoure. On prend l'habitude de servir, d'être utile. On y apprend le sens des responsabilités, on développe son autonomie au quotidien, ses facultés d'adaptation. On apprend à vivre avec les autres, à les écouter, à respecter son prochain, à se débrouiller en toutes circonstances.

Les jeunes années sous le signe du scoutisme me donnent le sentiment d'une enfance un peu particulière (par rapport à d'autres enfants qui avanceraient dans la vie sans principes, sans références), me laissant à l'entrée dans l'âge adulte avec un certain bagage qui devrait me permettre de faire quelque chose de bien dans ma vie de citoyen, de chrétien, tournée vers les autres, respectueux de chacun. Je souhaite être quelqu'un sur lequel on peut compter.

E. D. A. : allez-vous poursuivre dans le scoutisme ?

Rémy Mutrici : je débute à la rentrée prochaine une nouvelle vie d'étudiant en médecine et je sais que la première année, difficile, peut être presque tout entière consacrée aux études. Mais si tout se passe bien, je reviendrai dans le mouvement, j'en suis presque certain, pour accompagner, à mon tour, les plus jeunes.

EDF : pensez-vous qu'il y ait une grande différence entre ce que vous vivez chez les scouts et ce que vos parents ont connu ?

Rémy Mutrici : certaines choses se sont allégées, bien sûr, concernant les tenues, la discipline... Les postes sont maintenant en co-éducation -- groupe de garçons et groupes de filles cheminant en toute amitié sur un même projet -- mais le fond n'a pas vraiment changé. De la génération de mes parents et certainement de mes grands-parents à la mienne, il y a une continuité du scoutisme inspiré par Baden-Powell, dans ses principes, ses méthodes, ses buts, pour chaque étape de la vie, l'enfance, l'adolescence, l'entrée dans la vie adulte. Le scoutisme n'est pas, et il ne faut pas qu'il le devienne, un centre de loisirs, même si l'on se sent bien au sein du groupe.

E. D. A. : et la dimension religieuse dans tout cela ?

Rémy Mutrici : c'est bien la foi religieuse qui m'anime. Tout le monde peut faire partie des scouts de France, croyants ou non. Les temps spirituels ne sont pas imposés. Mais même ce qui ne croit pas voir par eux-mêmes ce qu'est réellement le message d'amour et alors, tout est possible...


Propos recueillis par Danielle Durantel


---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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