Trois prêtres de notre diocèse nous ont quittés | Diocèse de Troyes

Trois prêtres de notre diocèse nous ont quittés

Véritables pasteurs du Christ tout au long de leur ministère, ils ont vécu, chacun suivant son charisme, la proximité, l’écoute et le don de soi jusqu’au bout...


Le 8 février 2007, les obsèques du Père Pierre CHAMBRILLON ont été célébrées à Saint-Urbain.

Mgr Marc Stenger, notre évêque, rappelait combien Pierre Chambrillon avait été saisi durant tout son ministère par l’image du Christ Bon Pasteur. En voici quelques extraits :

« Quand on sait l’opposition que le Père Chambrillon a rencontré dans sa famille lorsqu’il a choisi la voie du Christ, on peut imaginer que c’est le Christ Bon pasteur qui l’avait fasciné, que c’est à ce Christ, plein de sollicitude pour chacune de ses brebis, qu’il avait choisi de s’attacher, parce qu’il trouvait en lui une raison profonde de vivre et une assurance forte dans un environnement difficile. Il en a, je pense, donné la preuve dans le prêtre qu’il a été pendant tant d’années.

Je garde très présente à la mémoire l’image de Pierre Chambrillon que j’ai trouvé un matin de bonne heure (alerté par les Soeurs Oblates), étendu de tout son long au pied de son lit, un peu à la manière d’un chêne foudroyé. Ace moment-là, j’ai perçu le pasteur de tout son coeur, de toute son âme, de toute sa force, de tout son Esprit qu’avait voulu être en dépit de sa faiblesse humaine Pierre Chambrillon. Sachons comme lui, recevoir l’enseignement du Christ Pasteur. »



Le lundi 26 mars 2007, les obsèques du Père Bernard VALLÉE étaient célébrées à Saint-Urbain, paroisse dont il a été curé.

Le Père Laurent Thibord rappelait, dans son message d’accueil, les différentes rencontres qu’il avait eues avec lui, où il avait pu, tour à tour, prendre la dimension du pasteur, du passionné de Bible, du proche des malades et de leurs familles. En voici quelques extraits :


« Étant séminariste, j’ai fait des stages à l’aumônerie de l’hôpital de Troyes sous sa houlette et depuis 1986, l’hôpital était devenu sa nouvelle paroisse. Bernard était pédagogue, ce n’est pas pour rien qu’il avait été professeur puis supérieur de ce même séminaire. C’ était un passionné : la Bible, la géographie, les questions de la bio-éthique. Il avait été heureux de garder jusqu’au bout ses responsabilités de formation auprès des aumôniers d’hôpitaux et de continuer à rédiger la feuille dominicale de méditation et de formation.

Mais, j’ai été surtout marqué par sa manière d’être pasteur. Homme de proximité, il n’hésitait pas à prendre du temps pour parler avec un aide-soignant, un médecin. Chaque rencontre avec un malade ou avec une famille dans le deuil était une page d'Evangile. Il savait porter toutes ces expériences dans la prière, dans sa relecture et dans sa discrétion. Son attention aux plus pauvres, aux plus marginaux le portait à découvrir leurs richesses et à s’émerveiller devant elles.

Récemment, il me partageait la question qui le taraudait : «Est-ce que nous faisons assez parvenir la connaissance du Christ ?». Maintenant que tu es tout entier connu par le Christ, aide-nous, Bernard, à approfondir, sans nous lasser, cette connaissance du Christ.»


Dans la même semaine, le mercredi saint 4 avril , les obsèques du Père Pierre WEISS étaient célébrées à Notre-Dame des Trévois, une paroisse où il avait été un pasteur engagé, attentif à la situation des plus pauvres. Le Père Guillaume Langlois témoigne du chemin parcouru avec son « père spirituel ». En voici quelques extraits :

« Pierre a eu 80 ans le 7 mars. Il est d’une grande famille que nous saluons particulièrement aujourd’hui au nom de ceux qui l’ont connu. Il était heureux d’être prêtre. Je le connais depuis mes huit ans. Il a été pour moi un père et il le savait. Un jour, j’ai confié à Pierre que je voulais devenir prêtre. Ce sont alors les seules larmes que j’ai vu perler dans ses yeux durant tout ce compagnonnage avec lui. Nous avons connu de grands moments de proximité comme de grands moments de colère. Alors qu’il devinait la fin de sa vie proche, il y a quelques mois, il avait voulu passer le relais à sa manière en me remettant son calice d’ordination.

Son ministère de prêtre en paroisse était un ministère d’annonce de l’Evangile à toute personne, sans distinction de culture ou de religion. L’Evangile qu’il proposait était toujours accompagné par des libérations de toutes sortes d’esclavages. Il trouvait des logements, du travail, du nécessaire pour vivre. Il donnait du temps pour écouter.

Ceux qui connaissaient bien Pïerre savaient que sa passion était la dignité de l’homme qui est sur le bord du chemin. Celui qu’il appelait le « pauvre ». En 1997, il se lance alors dans une nouvelle forme de ministère paroissial dans un domaine qu’il s’appropriera : le quartier des Sénardes. Il multipliera ses visites, sortira de chez eux des hommes et des femmes et se lancera dans la création de l’association « Lèvetoi  ». Pierre avait 70 ans.

Il y a cinq ans, il est venu en Bolivie avec un petit groupe de copains prêtres pour me rendre visite à 4 100 mètres d’altitude. Il avait 75 ans.

Parmi ses dernières paroles, il me rappelait que ce qui sauve les pauvres et tout homme, c’est de leur révéler que quelqu’un a besoin d’eux, qu’ils ont du prix aux yeux d’un autre, qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu. »

Témoignage de Soeur Marie Emmanuelle


Je voudrais dire simplement ma tristesse et en même temps ma joie de savoir que M. l’abbé Weiss a rejoint Celui qu’il suivait avec un amour ardent. Vicaire de la paroisse Saint Nicolas, il était un ami de ma famille et j’ai pu apprécier les qualités de cet ardent apôtre du Christ, sa discrétion et son humilité. Lors de sa dernière hospitalisation à l’institut Jacques Cartier, j’ai eu la très grande joie de lui apporter la Communion la veille de son retour dans l’Aube. Il ne voulait aucunement bénéficier d’une quelconque faveur en raison de sa qualité de prêtre. Lors de ses obsèques, ma prière s’est unie à celle de tout le diocèse, de sa famille (je connaissais l’une de ses soeurs), ainsi que du clergé diocésain. Ma prière le rejoint encore plus intensément en ce Jeudi Saint qu’il célébrera avec son Seigneur.  !





------ Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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