Prisons - Paroles de personnes concernées - Les magistrats | Diocèse de Troyes

Prisons - Paroles de personnes concernées - Les magistrats

Document sans nom

   Le drame de l’af l’affaire faire «d’Outreau» a été le révélateur des conditions dans lesquelles souvent les juges rendent ou doivent rendre la justice. Si de tels drames sont assez rares, ils révèlent les difficultés auxquelles des hommes et des femmes sont confrontés ficultés au plus profond de leur conscience. Je me souviens de ce juge d’instruction qui nous disait au cours d’une session de formation pour l’aumônerie

«Il y a des nuits où, parfois, je ne trouve pas le sommeil. Je suis obsédé par la question : ai-je eu raison de mettre cette personne en détention provisoire ? Ai-je eu raison de remettre telle personne en liberté provisoire avant son procès ? Des drames sont déjà arrivés : vous en avez été témoins.»

   De nombreuses émissions de télévision ont récemment traité ces questions auxquelles les magistrats sont sans cesse confrontés.

   Une émission de TF1, le 9 janvier 2007, permettait d’entrer, au Palais de Justice de Tarascon et chacun pouvait suivre le déroulement du procès d’un homme, qui, sans permis, sous l’emprise de l’alcool et roulant à 130 km/h au lieu de 90 a renversé et tué un jeune de 17 ans. Les réquisitions de l’avocat général demandaient au tribunal de le condamner à 4 ans de prison ferme. Le jugement a été de 5 ans, mais le condamné est sorti de l’audience sans menottes, ce qui a déclenché la colère et l’incompréhension de la famille. Mais un juge ne peut qu’appliquer la loi votée par le Parlement. Et les députés sont élus par les citoyens que nous sommes.

   L’émission Zone Interdite de M6 du 14 janvier 2007, donnait la parole à un juge d’instruction de Verdun, M. Thierry Lefêvre. Revenant sur certaines questions, comme celle de mettre plusieurs personnes dans la même cellule en maison d’arrêt, il déclarait :

«Vouloir une personne par cellule, c’est une utopie. Mettre un présumé innocent avec un condamné, ce n’est sans doute pas bien, c’est comme cela».

   Il traite plus de 100 dossiers par an. Cela laisse augurer de la difficulté à suivre chaque affaire.

  Le juge d’instruction Lefêvre déclarait également : «On parle de tout ce qu’il faudrait faire pour améliorer la justice et son fonctionnement, mais chacun sait que les moyens ne suivent pas. Il y a un manque cruel de moyens pour les mineurs, il n’y a pas assez d’éducateurs …Il ne faut pas s’en prendre aux juges, ce sont les députés et les sénateurs qui votent les lois…On parle de vouloir enregistrer les dépositions chez le juge, je suis totalement contre. C’est une mesure de défiance à l’égard du juge, c’est un mépris pour l’avocat et pour le greffier. Cela risque de remettre en valeur le poids de l’aveu au détriment des preuves scientifiques… »

   Concernant la réforme actuelle de la justice, M. Berthet, chroniqueur judiciaire, déclare : «La plupart des 8O propositions de la commission d’enquête parlementaire suite à l’affaire d’Outreau resteront lettre morte. La réforme ne sera en fait qu’une petite réforme.»
Les juges qui s’expriment sur le sujet parlent pour certains d’une réformette, car de toute façon, les moyens ne suivront pas.

 

Retour Parôles personnes concernées ► Paroles d'aumôniers ► Rencontre avec un ancien détenu ►
Rôle des experts ► Interview d'un juge ► Le personnel de surveillance ►

 

Père Bernard Basselin Février 2007

Retour dossier Prison ► Etat des lieux Problèmes de santé Avis des politiques
Le travail en prison La réinsertion Lieux d'accueil des familles Associations
Réflexions Lettre de Jean-Paul II
 
Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04
mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

Newsletter

Restez informés, inscrivez-vous à notre lettre mensuelle!

Partenaires