Prisons - Mais qui sont ces familles ? | Diocèse de Troyes

Prisons - Mais qui sont ces familles ?

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   Il est bon de s’y arrêter arrêter, car souvent les familles sont associées au détenu, dans le même délit :

• les parents des détenus(es) sont sans nul doute les plus blessés et meurtris par l’incarcération de leur fils (filles), leur peine est une de celles qui nous touchent le plus. Leur fils, leurs filles, arrêté, jugé, est toujours leur enfant et, étonnamment pour le moment, celui qui a leur préférence.

«C’est de la faute des parents », entendent-ils. «Le fruit tombe de l’arbre !». Comment ne pas se sentir coupable avec et pour lui ?

• il y a les épouses dont nous admirons la fidélité, la condamnation de leur mari est la leur. A l’insécurité matérielle, financière, s’ajoute la solitude affective, l’isolement social, la solitude parentale. Plusieurs vivent l’arrêt et l’incarcération de leur époux comme un secret qui impose l’isolement et l’obligation d’être constamment sur ses gardes. Il faut sauvegarder la réputation pour ne pas mettre en péril sa situation professionnelle et pour protéger les enfants dont la sensibilité est déjà suffisamment blessée…

• quant aux enfants, plus ils grandissent, moins ils aiment aller au parloir. Ils ont besoin de trouver un lieu qui leur offre calme, sécurité, affection, un lieu qui est terrain pour épanouir leur enfance un peu volée. Pour eux, nous sommes un peu des «mammies». C’est ainsi qu’ils nous appellent parfois, des «mammies» gardiennes à l’occasion, parce que les parloirs sont trop longs pour eux, qu’ils ne sont pas adaptés à leur présence, que les relations en couple ne leur laissent que peu d’espace et impressionnent de façon inadaptée leur sensibilité d’enfants.

• il y les compagnes, trouvées souvent par annonce ou relations, qui investissent beaucoup, de temps et d’argent. , Elles font des projets d’avenir qui rarement aboutissent et malgré tout, ces compagnes ont conscience d’avoir aidé le détenu à vivre sa peine, ce qui est important. Il y a celles dont l’amour . s’inscrit dans la durée, mais aussi celles, de plus en plus nombreuses, qui, à l’image de ce qui, s’observe dans la société actuelle, vont, viennent, sont remplacées, doublées, qui, au bout de deux ou trois visites, se disent mariées, qui se voilent à l’extérieur ou uniquement à l’intérieur. Toutes ces personnes accueillies viennent de France, de l’étranger (Iran, Pologne, Ukraine, Italie, Espagne…)

     
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Père Bernard Basselin Février 2007

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Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04
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