Les chrétiens et la construction européenne | Diocèse de Troyes

Les chrétiens et la construction européenne

50 ans. Nous aurions pu fêter cet anniversaire, nous ne l'avons pas fait malgré les efforts de la chancelière allemande pour donner un certain lustre à la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement à Berlin. Qu'il soit permis au rédacteur de cette chronique de proposer aux lecteurs de «l'Eglise dans l'Aube» trois questions, et quelques réflexions. ---- Le 50ème anniversaire de la signature des traités de Rome a été l'occasion pour : • les représentants des églises chrétiennes réunis à Rome du 23 au 25 mars, à l'initiative de la Commission des Conférences épiscopales de la Communauté européenne (la COMECE) • les représentants du groupe IXE (Initiatives des chrétiens pour l'Europe) constitué en 2002 à l'initiative des Semaines Sociales de France et du Comité Central des Catholiques allemands. (Manifeste «Retrouvons le sens de la construction européenne» présenté le 28 février 2007 à Bruxelles) de rappeler combien la construction européenne repose sur des valeurs éthiques communes et que la relance du processus d'unification engagé depuis la déclaration Schuman du 9 mai 1950, mais arrêté, depuis 2005, à la suite du rejet du projet de Traité constitutionnel, implique un nouvel engagement européen nourri par ces valeurs dans lesquelles tous les Européens, chrétiens ou non, peuvent se retrouver. Les raisons du blocage : La crise institutionnelle actuelle résulte d'une rupture entre les peuples, qui ressentent l'Europe comme une un appareil institutionnel lourd, lointain et coûteux, sur lequel ils n'ont aucune prise, et qui leur parait incapable de répondre aux défis de la mondialisation, et les dirigeants européens qui ont donné une vision trop technocratique de l'Europe. Faute d'accord clair sur les finalités de la construction de l'Union européenne, ses dirigeants n'ont pas su mettre en évidence les valeurs qui sont à la base du projet européen. Les valeurs communes de l'Europe : On doit retenir les principales d'entre elles : • la paix fondée sur la réconciliation des peuples et la liberté garantie par la Convention européenne des droits de l'homme • la puissance et la responsabilité. L'Europe s'est dotée d'une économie puissante et s'efforce de devenir une puissance au plan diplomatique et militaire. En soi, la puissance n'est pas une valeur éthique mais le devient si elle sert à promouvoir la paix, la dignité humaine et les droits fondamentaux. • la diversité et la subsidiarité, qui garantissent une prise de décision juste, au plus près des citoyens. • le multilatéralisme et la tolérance, qui affirment le principe du respect des Etats membres quelle que soit leur taille. • la solidarité à l'intérieur de l'Union, qui en est le ciment et qui doit préserver et développer les acquis sociaux de ses peuples. • la solidarité avec le monde, qui signifie respect des cultures et affirme que le développement des pays pauvres est la condition de la paix. Un nouvel engagement des chrétiens pour l'Europe : L'Union européenne ne résulte pas du destin ; elle a été à chaque instant une construction volontariste, fragile comme toute construction humaine. Aujourd'hui, elle cherche son chemin. Face aux défis qui sont devant nous, la mondialisation, le changement climatique, l'explosion démographique d'une partie du monde, le vieillissement des populations, la pauvreté et l'exclusion sociale, la raréfaction de ressources comme l'eau et l'énergie, des migrations massives, des pandémies et le terrorisme international, l'Union européenne, grâce à son haut niveau d'intégration qui doit se poursuivre, doit prendre conscience de sa force et assumer sa responsabilité dans la recherche de solutions aux problèmes mondiaux. Plus que les institutions ou les politiques, ce sont les valeurs qu'elle incarne qui expliquent l'intérêt, le prestige et l'espoir que suscite dans le monde l'oeuvre accomplie en Europe depuis plus d'un demi siècle. Ces valeurs plongent leurs racines dans la tradition séculaire du christianisme comme dans les autres traditions religieuses telles que le judaïsme et l'islam, qui ont façonné l'homme européen. La sécularisation de nos sociétés n'a pas affaibli ces valeurs communes qui doivent rester notre source d'inspiration pour l'avenir. C'est à cette condition que l'Union européenne jouera le rôle que l'histoire lui a assigné : rechercher, par la méthode communautaire, le bien commun des peuples européens et participer à la solution des problèmes du monde par l'affirmation de la dignité de la personne humaine et des droits fondamentaux. Les chrétiens sont appelés à mettre en oeuvre le principe formulé par le pape Jean- Paul II : «Il est capital de prendre en compte le fait que l'Union n'aurait pas de consistance si elle était réduite à ses seules composantes économiques et géographiques, mais qu'elle doit avant tout consister en une harmonisation des valeurs appelées à s'exprimer dans le droit et dans la vie» (Ecclesia in Europa, 110) François Bonicel Le 30 avril 2007 Sources : Europe infos N°92 Avril 2007 et le rapport «Une Europe des valeurs» du Comité des Sages aux évêques de la COMECE (mars 2007), le manifeste du groupe IXE (février 2007). ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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