Le mois de Marie | Diocèse de Troyes

Le mois de Marie



«Toutes les générations me diront bienheureuse»…

Voilà ce que chantait Marie

après avoir partagé son grand secret

à sa cousine Elisabeth…

Voilà ce que nous allons vivre tout au long du mois de Mai

dans la dynamique du temps pascal… Voilà ce que les premières

générations chrétiennes avaient déjà vécu, comme l’atteste

la place de la Vierge Marie dans le Nouveau Testament.

Mettons-nous à l’écoute de chacune des voix de ce grand

choeur.

Chez Paul et Marc : Marie, en contrepoint du disciple.


Paul et Marc sont discrets au sujet de Marie. Je crois qu’on peut aller plus loin en écrivant qu’ils placent Marie du côté de la chair et de l’ancienne alliance.

Chez Paul, il suffit pour s’en convaincre de relire Galates 4,4 :


Dieu envoya son fils




Né d’une femme




Né sous la Loi



Afin de racheter les sujets de la Loi



Afin de racheter les sujets de la Loi


Afin de nous confier la filiation.


La femme est du côté de la Loi… et Jésus nous libère de la Loi, nous proposant un nouveau type de filiation, dans l’Esprit (Galates 4,5 : «et la preuve que vous êtes des fils, c’est que Dieu a envoyé dans nos coeurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba ! Père !»).

Chez Marc, la famille de Jésus est mise clairement en contrepoint avec ses disciples qui sont sa vraie famille (Marc 3,13-35). Marc rapporte même un épisode que les deux autres synoptiques ne retiendront pas : la famille de Jésus qui veut se saisir de lui car il est hors de sens. En Marc 6,4, alors que Jésus est mal reçu à Nazareth, il explique qu’«un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, sa parenté et sa maison». Matthieu retirera le terme de «parenté» (Matthieu 13,55) et Luc ne gardera mention que de la patrie (Luc 4, 24).


Chez Matthieu : Marie, mère de Jésus


On sait que Matthieu décrit l’enfance de Jésus du côté de Joseph : Marie semble alors du côté du mystère de Jésus. Matthieu est le seul à citer explicitement Isaïe 7 dans sa version grecque («voici qu’une vierge concevra et enfantera un fils»). Ce mystère qui entoure ensemble Marie et Jésus se poursuit ensuite : les mages «virent l’enfant et Marie, sa mère» (Matthieu 2,11), sans que mention soit faite de Joseph. La même expression étonnante est encore utilisée quatre fois : «l’enfant et sa mère». Joseph est comme le gardien de ce mystère, mais il lui reste comme étranger. Ce n’est pas son enfant, ce n’est pas sa femme… c’est «l’enfant et sa mère».


Chez Luc : Marie, figure du disciple


Luc reprend certaines traditions de Marc mais il les retravaille. En Marc 4, 35, Jésus disait : «quiconque fait la volonté de Dieu, celuilà m’est un frère, une soeur, une mère». En Luc 8,21, dans le même contexte, il répond un peu différemment : «ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique». Or, Marie est présentée par Luc comme celle qui obéit à la Parole de Dieu (Luc 1, 38 : «qu’il m’advienne selon ta parole », ou encore : «sa mère gardait toutes ces paroles en son coeur» en Luc 2,19 et 3,51). Associée à la Parole, Marie est également liée intimement à l’Esprit. Elle est la toute-combléede- grâce ! Au jour de l’Annonciation, elle se laisse couvrir par l’Esprit pour concevoir Jésus. Dans les Actes des Apôtres, elle est unie aux apôtres (Actes 1,14 qui annonce la Pentecôte en Actes 2,1), peu avant qu’ils ne reçoivent à leur tour l’Esprit saint et qu’ainsi puisse naître l’Eglise. Quel chemin parcouru ! L’Esprit n’est plus donné à une seule personne mais à tout un peuple ! En cela, Marie est vraiment figure de l’Eglise.


Chez Jean : Marie, la mère du disciple.


Le parcours accompli par Marie tout au long de l’oeuvre de Luc est résumé par Jean en un seul épisode : celui de Cana (Jean 2). La mère devient alors disciple. Au premier verset, Marie est présentée en premier, et Jésus en dépendance de Marie («Jésus aussi fut invité»). Au dernier verset, Marie repart dans l’ombre de son fils, nommé en premier : «il descendit à Capharnaüm, ainsi que sa mère et ses frères et ses disciples». Marie est désormais au milieu des disciples. Que s’est-il passé ? Marie a été mère jusqu’au bout et Jésus l’appelle désormais «femme», non pas de façon méprisante comme on se l’imagine parfois, mais en reconnaissant qu’elle est la représentante de toutes les femmes … Dans un épisode où il est question d’un mariage mais où l’épouse est absente, Marie peut devenir alors figure de l’humanité épousée par le Christ.

Jean 19 va encore plus loin : Marie n’est pas seulement modèle du disciple, elle en est la mère. Notons que le contexte est très ecclésial : l’Esprit est remis, comme si c’était une Pentecôte, l’eau et le sang coulent du côté du Christ, comme Eve sort du flanc d’Adam. D’abord en contrepoint des disciples, Marie devient peu à peu le modèle des disciples et même leur mère. Alors si nous voulons être à notre tour des disciples fidèles du Christ, demandons- lui de «prendre chez nous» Marie sa mère.


Père Laurent Thibord


Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube".

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