25 mars 1957 : la signature du traité de Rome, | Diocèse de Troyes

25 mars 1957 : la signature du traité de Rome,

25 mars 1957 : la signature du traité de Rome,

25 mars 2007 : c’est aujourd’hui


50 ans. Nous aurions pu fêter cet anniversaire, nous ne l’avons pas fait malgré les efforts de la chancelière allemande pour donner un certain lustre à la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement à Berlin. Qu’il soit permis au rédacteur de cette chronique de proposer aux lecteurs de « l’Eglise dans l’Aube » trois questions, et quelques réflexions...

D’où venons-nous ?

1945, l’Europe est en ruine, les Européens prennent conscience des crimes commis au nom d’une idéologie monstrueuse affirmant la supériorité d’une « race » et la domination d’une nation sur toutes les autres.

1950, les efforts de trois chrétiens, le Français Robert Schuman, l’Allemand Konrad Adenauer et l’Italien Alcide de Gaspéri, refusant les logiques de guerre, et forts de leur espérance que notre continent puisse enfin connaître la paix, aboutissent à la « Déclaration Schuman » du 9 mai 1950, jetant les bases d’un pardon partagé et d’une coopération économique entre les anciens belligérants.

1957, le 25 mars, est signé le Traité de Rome qui pose les bases d’une Communauté Européenne au sein de laquelle les solidarités l’emporteraient sur les égoïsmes pour que naisse une Europe politiquement unifiée.

Depuis, l’Europe s’est reconstruite, les Français et les Allemands se sont réconciliés, et ont su, avec la participation des quatre autres signataires du Traité, bâtir des liens et des solidarités entre les peuples européens qui, se limitant trop à l’organisation économique de l’Union, ne purent déboucher sur la prise de conscience par nos peuples d’une communauté de destin.

Où en sommes-nous ?

Aujourd’hui, l’Europe est en panne à la suite du rejet du traité constitutionnel par la France et les Pays Bas. Au delà des situations purement nationales, ce rejet et l’attentisme actuel, s’expliquent essentiellement par le fait que les peuples européens, face à la montée en puissance de nouveaux acteurs sur la scène mondiale, et à l’apparition des nouveaux modes de production et d’échange qui caractérisent la mondialisation, se sentent ébranlés, fragilisés. L’Union Européenne ne leur apparaît plus capable de les protéger contre ce qu’ils perçoivent comme des agressions venant de l’extérieur.

Pouvons-nous en rester là ?

Il serait bon de nous rappeler d’où nous venons. A partir de la situation désastreuse de 1945,



..les Européens ont su construire, dans la paix,

une communauté des nations à l’échelle

continentale, sans la domination d’un peuple

sur les autres, ce qui ne s’était jamais produit

dans l’histoire de l’humanité.

Cette réussite extraordinaire est le véritable fondement de l’identité européenne. C’est à partir de la constatation que chacun de nos pays est incapable, à lui seul, de vaincre ses peurs et de trouver sa place face aux enjeux de la mondialisation, qu’un sursaut s’impose. Comme en 1945, il nous faut prendre en compte les bouleversements du monde et bâtir un nouveau projet permettant d’affronter deux grands défis :

-  la montée en puissance de pays à la population pauvre et abondante qui, forts de leur capacité de production à faible coût, aspirent légitimement à une nouvelle répartition de la richesse dans le monde.

-  le développement de nombreux conflits qui naissent des frustrations des peuples devant une répartition inégalitaire des richesses et la méconnaissance de leurs cultures, ces conflits aboutissant à la remise en cause de la gouvernance mondiale.

Face à ces défis, que devrait faire l’Union Européenne ?

En premier lieu, mettre en oeuvre « la stratégie de Lisbonne », c’est-à-dire investir massivement, à la fois dans la formation de notre jeunesse et de notre main d’oeuvre et dans le développement des nouvelles technologies, afin de créer l’économie la plus performante du monde. Cela permettrait de porter le taux de croissance de l’Union au niveau de celui de nos grands compétiteurs. Consacrons-nous aux activités du futur et exploitons les immenses gisements d’emplois que sont l’habitat, les modes de transport et les processus industriels et agricoles économes en énergie et respectueux de notre environnement. Cette orientation vers une nouvelle croissance suppose évidemment la mise en place de mesures énergiques et généreuses en faveur des personnes touchées par ce changement de cap.

En deuxième lieu, faire en sorte que la solidarité entre les peuples européens soit une telle référence à l’échelle mondiale que les peuples du monde trouveront avantage à s’en inspirer dans leur comportement au plan international au lieu de se livrer à des conflits destructeurs. Il s’agit là d’un message qui, appuyé par une action dynamique en faveur du développement du continent qui nous est le plus proche, l’Afrique, est susceptible de bouleverser le « désordre établi » que vilipendait Emmanuel Mounier et qui prévaut encore aujourd’hui.

Est-ce utopique ? Est-ce un rêve ? Pas plus qu’en 1945, quand, plongés dans la ruine économique et le délabrement moral, nos peuples ont décidé de se réconcilier, de mettre leurs forces en commun, et d’aller hardiment de l’avant.

François Bonicel

Le 25 mars 2007

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---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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