Tout ce qui n'est pas donné est perdu | Diocèse de Troyes

Tout ce qui n'est pas donné est perdu

Voici trente ans que j'ai été ordonné prêtre. Dès mon ordination, j'ai été envoyé comme prêtre ‘fidei donum' en Tanzanie. En effet les prêtres de la Mission de France sont tous, selon l'esprit et le statut, des prêtres ‘fidei donum', qu'ils soient au service d'une Eglise particulière lointaine ou en France, comme je le suis aujourd'hui à Troyes. Très peu de temps après mon ordination, devant préparer mon voyage vers la Tanzanie, je me suis renseigné à l'agence de voyage de la Procure, à Paris, pour savoir s'il y avait une possibilité de rejoindre Dar es Salaam par bateau. Je voulais en effet vivre cet envoi en ménageant la transition, évitant la rupture d'un vol intercontinental rapide. M'ayant indiqué qu'il n'y avait plus de navires au long cours ayant des cabines passagers, la dame de l'agence a voulu en savoir plus sur les raisons de ce voyage. Quand je lui dis, joyeusement, que jeune ordonné, j'étais envoyé comme ‘fidei donum' en Afrique, elle a piqué une colère disant que c'était honteux de laisser partir les jeunes prêtres au moment où dans beaucoup de paroisses comme la sienne, il n'y avait plus que deux ou trois prêtres là où il y en avait encore cinq ou six quelques années plus tôt. Je me suis alors souvenu d'un 1er janvier 1970, à Taizé, dans un froid glacial, j'avais 20 ans. Nous étions un tout petit groupe et ce soir là nous avons écouté un missionnaire en Inde nous dire l'essentiel de sa vie de chrétien et de prêtre. Il nous a offert alors cette phrase de la tradition spirituelle de l'Inde : «tout ce qui n'est pas donné est perdu». Cette phrase est restée gravée dans ma vie jusqu'à devenir prêtre, être envoyé en Tanzanie, en Chine puis à Troyes. Un texte de l'Ancien Testament dit bien cette même vérité essentielle de la vie humaine et de la foi. C'est le passage de la veuve de Sarepta (1Roi 17), quand le prophète Elie a demandé à une étrangère de qui, par statut social, il n'avait rien à recevoir, de cuire son tout dernier reste de nourriture qu'elle gardait encore pour retarder de quelques jours sa mort et celle de son fils. Elle a fait confiance à Elie l'étranger et son don devint abondance. Elle avait donné son nécessaire. Ainsi en est-il du service de l'Evangile ‘fidei donum'. Porté par des prêtres, des laïcs, des jeunes volontaires ou des religieux, il vient frapper à la porte de toute Eglise particulière pour qu'elle fasse le don de son nécessaire et qu'ainsi rien ne soit perdu de la Bonne Nouvelle. Père Jacques Leclerc du Sablon ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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