Délégation Catholique pour la Coopération | Diocèse de Troyes

Délégation Catholique pour la Coopération

Témoignage de Bruno Guelorget volontaire dans le cadre de la Délégation Catholique pour la Coopération.



L’Eglise Dans l’Aube : Il y a quelques années vous êtes parti en Afrique, dans le cadre de la Délégation Catholique pour la Coopération. Un séjour de deux ans, comme jeune enseignant en mathématiques, physique, chimie, dans un lycée du Burkina Faso. Pourquoi cette coopération et pourquoi la D.C.C ?

Bruno Guélorget : J’avais décidé de transformer les mois imposés par le Service National en temps de coopération à l’étranger. Qui n’a pas rêvé de partir un jour au loin, au soleil, à l’aventure ? de vivre avec des gens d’un autre pays, d’une autre couleur, d’une autre culture ? Je voulais être utile, je voulais aider. Je connaissais la DCC, notamment par l’expérience vécue par l’aumônier de notre Université. Le concept de compétences à mettre au service de projets initiés localement me séduisait particulièrement. L’originalité de la DCC réside dans le fait que le coopérant n’est pas payé par la France, mais par la structure d’accueil, vivant du même salaire, logeant dans les mêmes quartiers que ses collègues sur place. Tout cela sous-entendait pour moi l’expérience de véritables échanges interculturels.

A l’époque de mes études j’étais très proche d’étudiants africains, du Burkina Faso en particulier. Alors je laisse monter en moi l’appel. Les projets mûrissent, se concrétisent. Les contacts aboutissent. Me voilà parti !

L’Eglise Dans l’Aube : Pouvez-vous nous parler de votre séjour sur place ?

Bruno Guélorget : Il faut accepter, respecter un cheminement. L’accueil chaleureux fait que l’on s’accoutume naturellement aux nouvelles couleurs, aux changements de nourriture, à la lumière des lieux, aux façons de faire de chacun. Mais alors, d’où vient ce sentiment de vide ? cette sensation de solitude que l’on éprouve assez rapidement ? pourquoi cette impression que les autres se dérobent, vous laissent à votre solitude ? La détresse n’est soudain plus là où on le pensait. «Et si le pauvre c’était moi ?» On se dépouille, on souffre. Il faut du temps pour dépasser les préjugés et pour établir une relation qui soit au-delà de la différence, une relation d’homme à homme. Le calme revient enfin. Le coeur s’ouvre et c’est maintenant le coeur qui regarde. On se sent enfin disponible aux autres. On peut à nouveau s’aimer soi-même, tel qu’on est, aimer les autres, tels qu’ils sont. On noue des relations d’égal à égal, qui ne nous positionnent plus par rapport à nos amis d’Afrique.

On goûte alors au miel du coeur à coeur de la rencontre, à la beauté de l’amitié . J’étais venu pour donner. J’ai beaucoup plus reçu …

Cette expérience n’a pas été une parenthèse que j’aurais refermée à mon retour. C’est bien une véritable étape, qui m’a aidé à me construire, qui a très largement contribué à ce que je suis aujourd’hui, toujours disponible pour des missions en Eglise.

Propos recueillis par Danièle Durantel

---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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