La place des Églises en Europe ? | Diocèse de Troyes

La place des Églises en Europe ?

La place des Églises en Europe ? Vers moins de délocalisations ? On se souvient que certains Etats-membres de L’Union Européenne (l’UE) s’étaient opposés à ce que le Traité constitutionnel fasse référence aux racines chrétiennes de l’Europe. Pour autant, les Églises sont-elles écartées de tout rôle actif en Europe ? La question des délocalisations vers les pays à faibles coûts de main d’oeuvre inquiète vivement les travailleurs européens. Certains signes laissent à penser que les délocalisations pourraient devenir moins lucratives pour les entreprises qui y recourent. Tels sont les deux sujets abordés dans cette chronique. La place des églises en Europe : Pour la troisième fois, depuis la mise en place de la Commission européenne actuelle, une rencontre a eu lieu, le 15 mai dernier, entre le président de la Commission, José Manuel Barroso,et des dirigeant religieux européens. Ont, en outre, participé à la réunion le président en exercice du Conseil européen, Angela Merkel, et le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, ce qui constitue une première. Il est d’ailleurs prévu qu’une rencontre de même niveau se répète à l’avenir, en particulier sous la présidence slovène, au premier semestre 2008. Le thème de la rencontre «une Europe bâtie sur la dignité humaine» n’avait pas été choisi par hasard, puisque l’article 1 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE affirme l’inviolabilité de la personne humaine qui doit être respectée et protégée. Ce thème central a été étudié par les participants au travers de trois questions : ses implications pour la politique interne de l’Union, ses conséquences dans le domaine de sa politique extérieure, et le rôle de la tolérance comme clé de voûte de la mise en oeuvre d’un système de valeurs dans une société multiculturelle. On doit évidemment se réjouir de ce que les églises et les communautés de foi participent ainsi à l’élaboration du système démocratique européen, même si certains y voient un risque d’instrumentalisation des églises par les politiques, et si d’autres, pour lesquels la religion ne doit jamais quitter la sphère strictement privée, considèrent ces rencontres avec les églises et avec des communautés de foi comme illégitimes. Les délocalisations pourraient-elles se réduire à l’avenir ? Les délocalisations sont le plus souvent réalisées par des entreprises recherchant les coûts de main d’oeuvre les moins élevés, les produits dont la fabrication est délocalisée étant destinés à être vendus sur les marchés locaux d’une part, et à être rapatriés pour être vendus à des prix très modérés dans les pays européens, d’autre part. S’agissant de l’importation en Europe de ces produits délocalisés, il faut observer qu’ils ont largement contribué, du fait de leur faible niveau de prix, à maintenir l’inflation au niveau très bas que l’on connaît depuis plusieurs années dans les pays de l’Union. Il faut savoir que depuis quelques temps, la combativité des salariés gagne en efficacité dans certains pays tels que la Chine, la République tchèque, la Hongrie, le Viet-Nam, etc…où l’on assiste à une augmentation significative des salaires et donc des coûts de production, cette évolution entraînant l’augmentation du prix des produits fabriqués dans ces pays et souvent exportés vers les pays de l’Union. La Banque Centrale Européenne s’est engagée dans un processus de remontée de son taux directeur et certains, notamment des politiques, se sont étonnés de cette attitude qui leur semblait non pertinente du fait de l’absence, selon eux, de risques inflationnistes. C’était de leur part ne pas percevoir qu’au delà des tensions inflationnistes dues a l’augmentation du prix du pétrole et des autres matières premières, l’effet déflationniste des importations de produits bon marché allait sans doute se réduire et qu’un risque de dérapage du niveau général des prix était réel. On peut ainsi espérer, à terme, la mise en place d’un cercle vertueux qui verrait les produits fabriqués dans les pays émergents à des prix plus élevés, être destinés non plus en priorité, comme aujourd’hui, à être exportés, notamment vers les pays européens, mais à satisfaire la demande intérieure des pays concernés dont le pouvoir d’achat se sera accru du fait des augmentations de salaires obtenues. Une telle évolution réduira les écarts de coûts de production existant aujourd’hui entre les pays émergents et les pays de l’Union, la compétitivité de ces derniers étant accrue d’autant sur le marché mondial. Au total l’évolution en cours réduirait beaucoup l’avantage que procurent aujourd’hui les délocalisations aux entreprises qui y recourent, diminuerait le volume des exportations des pays émergents vers les pays de l’Union et augmenterait la compétitivité de ces derniers sur les marchés mondiaux. Dans le même temps les peuples des pays émergents pourraient enfin capitaliser les efforts énormes qu’ils se sont imposés depuis une bonne vingtaine d’années et bénéficier d’un meilleur niveau de vie. François Bonicel Le 27-06-2007 Sources : Le N° de juin 2007 d’Europe infos, la revue de la COMECE et de l’OCIPE et le journal Le Monde du 21-06 07.

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