Le Père Chevrier et la naissance du Prado | Diocèse de Troyes

Le Père Chevrier et la naissance du Prado

C'est la nuit de Noël 1856, à Lyon, dans l'église Saint André où il est vicaire. Un homme prie devant la crèche, c'est un prêtre, Antoine Chevrier. Méditant le mystère de l'Incarnation, la venue au monde du Christ, fils de Dieu, voici qu'une lumière s'impose à lui et lui révèle : «le Fils de Dieu est descendu sur la terre pour sauver et convertir les pécheurs. Et cependant, les hommes continuent à se damner». Voici qu'une conviction s'impose à lui : «c'est par le chemin de la pauvreté que Notre Seigneur est venu parmi les hommes ; alors j'ai décidé de tout quitter et de vivre le plus pauvrement possible pour suivre Jésus de plus près...» Cette résolution, il commence à la mettre en pratique en allant à la rencontre des plus pauvres de la paroisse de Saint André puis, quittant son poste de vicaire, il obtient la permission de se mettre au service d'une oeuvre caritative, la cité de l'Enfant- Jésus, où il s'occupe, plus spécialement, des enfants qui y sont accueillis, leur faisant le catéchisme et les préparant à leur communion. Puis il va à la rencontre des ouvriers qui travaillent dans les soieries de Lyon. Il décide d'imiter Jésus dans sa pauvreté en abandonnant toute richesse afin d'être, pour les pauvres et tous ceux qui connaissent la détresse, un exemple de ce que Jésus a voulu être au milieu de nous, lui qui s'est voulu pauvre pour être plus proche d'eux, ses préférés. «Je prends Jésus pour modèle, car le prêtre doit être la plus parfaite image de Jésus sur la terre en reproduisant par sa vie les trois grands mystères du Christ : la pauvreté de la crèche, le sacrifice de la Croix et le don de soi dans l'eucharistie». Alors prenant Jésus pour maître et modèle, il mettra toute sa vie dans le ministère auprès des pauvres. Ce choix qui n'est pour lui que la réponse à l'appel que le Seigneur lui adresse va le conduire à louer puis à acheter une ancienne salle de bal, le Prado, connu des irréguliers de la ville et dont la mauvaise renommée s'étendait dans tout le quartier. Salle de bal pouvant accueillir 1 000 personnes, lieu de rencontres qui se terminaient souvent mal, c'est cela que va acquérir Antoine Chevrier avec l'aide financière de quelques bienfaiteurs. Il fera de ce lieu de vices un lieu d'accueil pour les pauvres ; une école s'y ouvre, l'hébergement et la restauration des enfants s'y installent. Bientôt, c'est une maison bourdonnante de vie que vient habiter dans une pauvreté extrême le prêtre avec le soutien de son évêque. Désormais, la direction de sa vie est prise : «j'irai vers le peuple des pauvres ; je vivrai de leur vie ; ils verront de près ce qu'est le prêtre et ils comprendront que nous ne sommes pas des ennemis et ils reviendront à Celui qui les a créés et qui veut leur bonheur».Il gardera à cette maison son nom de «Prado» non sans avoir pris soin de la baptiser en y ajoutant «la Providence». Alors commence pour lui la grande aventure d'une association religieuse totalement mise au service des «pauvres». Il accueille avec joie des enfants abandonnés, orphelins ou confiés là par leur famille. Il accueille des personnes bénévoles qui viennent le rejoindre dans le service des pauvres. Il accueille des séminaristes et des prêtres attirés par son exemple et voulant consacrer leur vie à ce ministère «d'imitation de Jésus-Christ». Suivre Jésus-Christ de plus près devient son chemin pour réaliser son projet. Il met ses forces, son temps à entrer dans l'intelligence des Évangiles, il se laisse imbiber par Jésus-Christ qui devient son compagnon de tous les instants, éclairant sa vie dans ses moindres détails. «Connaître Jésus-Christ, c'est tout» et le Jésus-Christ dont il parlait n'était pas un homme du passé, fut-il fils de Dieu, c'était le Jésus vivant aujourd'hui et continuant à marcher sur nos routes et à rejoindre chacun pour lui dire la Bonne Nouvelle du Dieu- Père. A son école, de plus en plus nombreux viennent apprendre des enfants, des jeunes séminaristes, des prêtres ; tous découvrent dans le «véritable disciple», le guide qu'il leur laisse avant qu'il ne meurt le 2 octobre 1879. Le saint est mort, telle fut la nouvelle qui circula dans tout le quartier et, le jour du deuil, on évalua à 10 000 personnes le nombre de ceux qui suivirent son convoi. Père Pierre Weiss ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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