Une société sans préjugés | Diocèse de Troyes

Une société sans préjugés

Combien de fois n’avons nous pas entendu dire, en parlant des « Rmistes » : « C’est de leur faute, trop paresseux, sans volonté, infréquentables » ; ou lorsqu’on aborde le sujet de l’accueil des étrangers, la phrase d’un ancien premier ministre est très souvent citée : « La France n’a pas à accueillir toute la misère du monde » et on ajoute, « de toute façon charité bien ordonnée commence par soi même, occupons-nous des Français. » Bien souvent, en effet, devant des questions difficiles, nous nous réfugions derrière des préjugés, des idées fausses que nous nous énonçons sous forme de vérités et de certitudes et qui sont, en fait, des défenses mises en place pour ne pas troubler notre quiétude. Nous voudrions dans ce dossier aborder deux de ces questions délicates : les bénéficiaires du RMI et l’accueil des étrangers.

Les difficultés d’un « Rmiste »

Le RMI (revenu minimum d’insertion), mis en place en 1988, a pour but de créer les conditions d’une insertion durable pour les personnes frappées d’exclusion, en apportant un minimum de ressources, une aide à l’insertion, une couverture sociale et une aide au logement. Il est attribué à toute personne de plus de 25 ans (ou ayant un enfant à charge) résidant en France et ayant des ressources inférieures à son montant. A la fin de l’année 2005 on comptait 1 134 000 personnes touchant le RMI. Mais compte tenu de ce que plus de la moitié des allocataires sont chefs de famille, on peut dire que plus de 2 500 000 personnes dépendent du RMI. Le nombre de RMIstes est en constante augmentation depuis sa création et tout particulièrement depuis 2004. Cela s’explique par l’échec de cette allocation qui n’arrive pas à réinsérer les personnes dans le monde du travail, mais aussi et surtout par le nombre croissant des radiations des allocataires du chômage. Plus le chiffre officiel du chômage baisse, plus celui des RMIstes monte !

A la fin du mois de juin 2006, l’Aube comptait 5316 bénéficiaires du RMI. Le RMI s’élève à 433 ! pour une personne ou 779 ! pour un couple avec un enfant : pas de quoi faire la « java » ! L’idée reçue selon laquelle les allocataires du RMI préfèreraient s’accommoder du minimum social plutôt que d’accomplir un travail ne procurant que des revenus faiblement supérieur est fausse. Le gain marginal découlant du retour à l’activité, parfois de quelques dizaines d’Euros ou moins, constitue déjà une augmentation du pouvoir d’achat très importante pour les allocataires en situation de pauvreté. L’angoisse de ceux qui vivent cette situation est souvent amplifiée par des dysfonctionnements administratifs dont ils ne sont pas responsables et qui augmentent leur précarité. Deux exemples réels nous permettrons de mieux apprécier les conséquences de ces incidents, hélas encore trop fréquents.



Premier Témoignage d’un "RMIste" : cliquer ici



Deuxième exemple : cliquer ici



Quelle attitude adopter ?

Dans le message du Conseil permanent de la Conférence des Évêques de France à l’occasion des prochaines élections, nos évêques nous posent la question : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » Ils nous y invitent à bâtir une communauté nationale fraternelle. La fraternité est un objectif qui donne sens à la vie sociale  ; elle passe par l’attention aux plus fragiles et le respect de chaque personne humaine.

L’accueil des étrangers



La question de l’accueil des étrangers et celle des immigrés en particulier est devenue, en ce temps préélectoral, une question politique majeure, chacun cherchant à promouvoir des solutions soit disant justes et préservant les intérêts nationaux.

C’est aussi une question qui fait l’objet de beaucoup de préjugés dus à une méconnaissance.

Quelques notions de vocabulaire :

Lors des discussions (parfois animées) nous employons indifféremment les mots : immigrés, étrangers, réfugiés ; or ces mots ont des sens bien précis :

-  immigré : toute personne étrangère née dans un pays étranger et qui vit en France ; certains sont en situation régulière, c’est à dire munis d’un titre de séjour (carte de séjour, ou de résident temporaire) ; un petit nombre est en situation irrégulière (les clandestins ou « sans papiers ») ; d’autres ont acquis la nationalité française par acquisition (du fait d’un mariage par exemple) ou par naturalisation.

-  étranger : toute personne installée en France (pouvant même y être née) mais qui n’a pas la nationalité française.

-  réfugié : personne ayant quitté son pays par crainte de persécution de la part des autorités, de son pays ou d’un tiers, en raison de son ethnie, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social ou de ses opinions politiques.



Réponses à quelques questions :cliquer ici



Témoignages de personnes accueillant au sein du Secours catholique (il s’agit de témoignages rassemblés dans un livre de la Délégation de Versailles : « Aventures humaines,

Chronique de rencontres privilégiées ») : par Françoise Blanot : cliquer ici



L’immigré par Louisianne Laure : cliquer ici



Quelle attitude adopter par François Marguet : cliquer ici



François MARGUET


---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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