Premier témoignage d'un "RMIste" | Diocèse de Troyes

Premier témoignage d'un "RMIste"

Le premier témoignage a été lu sur un «blog» Internet et correspond à ce que constatent, à travers la France, les bénévoles du Secours Catholique. «Nous sommes le 7 novembre, c'est le jour où l'allocation RMI est habituellement versée sur notre compte bancaire par la CAF. Ce matin, sur «vidéo poste», notre compte bancaire par l'Internet, RIEN ! Ce n'est pas la première fois que ça arrive, nous ne pouvons que supposer et espérer encore que l'argent sera demain sur le compte ? Ma femme et moi-même nous nous faisions une joie à l'idée d'aller faire nos courses de «début» de mois. Combien de titulaires des minima sociaux sont concernés par ce «retard» inexpliqué ? Depuis le 20 octobre, comme à peu près chaque mois, après avoir payé les factures et fait ce que nous pouvions de courses, notre compte bancaire est vide. Nous avons à nourrir deux petites filles de 26 mois. Le congélateur aussi est vide. Il nous reste tout juste deux oeufs dans le réfrigérateur et quelques carottes. Depuis cette date, au menu principal : pâtes, riz, pomme de terre... Hier, l'une de nos deux filles a mangé la dernière pomme qui restait. Personnellement, je n'ai pas mangé un fruit depuis trois jours, ceci pour les réserver aux enfants. Nous ne mourrons pas de faim, nous manquons seulement de produits frais : légumes, crudités, fruits, yaourts... Quand cela se produit, ni avant, ni après, nous n'avons d'information de l'institution, en l'occurrence la CAF, ni de la banque pour peu qu'elle soit responsable de ce fait ? Il n'y a pas même pas une information sur un site Internet pour prévenir du recul de cette échéance ! Rien n'existe qui donne le sentiment que l'institution, ou alors la Banque Postale ( ?) prend humainement en compte les conséquences de cette situation ! Les responsables de ces établissements estiment-ils que nous ne méritons pas de le savoir ? Quels «raisons» vont-il invoquer pour faire croire que «les responsabilités sont ailleurs», pour justifier que les «Rmistes» ne sont pas des «quantités négligeables», à leur yeux... Comment ne pas se sentir profondément méprisés par les décideurs, du fait de ce manque de communication ? Comment ne pas concevoir «qu'ils se moquent bien» de ce que nous pouvons vivre et ressentir ? Il faut bien préciser que, sous les gouvernements Raffarin, puis Villepin, (suite à la décentralisation) cette date de versement de l'allocation mensuelle du RMI a régulièrement reculé, dans la nuit du 5 au 6 au départ, puis celle du 6 au 7, depuis plusieurs mois. Qui en a parlé ? Doit-on désormais s'habituer à ce que ce soit celle du 7 au 8 ? Il faut aussi savoir que, lorsque qu'il y a un week-end qui coïncide avec ces dates, l'allocation RMI est toujours versée après. Cela veut dire que nous pouvons parfois attendre jusqu'au 9 ou 10 de ces mois interminables de... «34» jours ! Pourquoi ne font-il pas le versement avant le week-end ? Depuis une bonne quinzaine de jours, nous ne mangeons pratiquement qu'un plat principal, pas d'entrée, sauf une fois ou deux. Et surtout, s'il y en a qui imaginent qu'il peut y avoir un intérêt ou un plaisir à vivre des minima sociaux, qu'ils cessent donc de s'illusionner ! Ce n'est ni une sinécure, ni une situation profitable et enviable pour quiconque, ceux qui disent ou essayent de faire croire le contraire sont des provocateurs, ou des menteurs, ou des ignorants... J'aimerais beaucoup qu'une politique de transparence nous permette d'être informés des raisons de cette situation qui entretient l'angoisse et l'incertitude du lendemain, quand ce n'est pas du désespoir. J'aimerais aussi beaucoup que ce même esprit de transparence et d'humanisme, par là- même, puisse considérer qu'une personne subsistant avec le RMI ou un autre minima est suffisamment responsable et digne humainement, pour mériter que l'on communique sur ce qui la concerne, en premier chef.» [RETOUR->http://catholique-troyes.cef.fr/spip/spip.php?article697] ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l'Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l'Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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