Noël ... Emmanuel ... Dieu avec nous... | Diocèse de Troyes

Noël ... Emmanuel ... Dieu avec nous...

Dès les premiers jours de l'avant, la liturgie nous propose de méditer les paroles du prophète Isaïe grand témoin de l'attente du Messie. Avec lui, c'est tout un peuple qui a préparé sa venue. Nous contemplons cette préparation dans le coeur et le corps de Marie, qui, elle aussi, l'a attendu. Le Prophète annonce la miséricorde de Dieu qui apportera à son peuple consolation et bonheur, lumière et paix. Deux mille ans après la venue du Messie, ils sont encore nombreux qui vivent sans savoir que Dieu a envoyé son fils sur la terre.... Est-ce une souffrance pour nous aujourd'hui de penser à cette ignorance ou à l'indifférence envers la venue de Jésus Sauveur ? Alors que l'homme moderne est porté à faire son salut lui-même, à conquérir sa valeur avec ses propres forces, alors que Dieu nous demande d'être disponible à la conversion qu'il veut opérer en nous, qu'allons-nous faire à notre tour pour préparer la venue de Jésus en nous et autour de nous ? « Quand tu crieras, le Seigneur se penchera sur toi » (Isaïe 30,19) Pour ceux qui l'attendent, le Messie répond à l'aspiration d'une rencontre et une telle certitude donne le courage à ceux et celles qui peinent ou qui luttent en vue d'un monde meilleur. Si le seigneur vient à la rencontre de tous les hommes, c'est pour les rassembler. Il leur promet la paix et le bonheur sans fin. « Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples » (Isaïe 25, 7...). La mort, la grande hantise de l'humanité, la grande objection que les hommes font parfois à Dieu, sera détruite pour toujours. « Près de Toi, Seigneur, sans fin, je vivrai ! » (Psaume 22). En attendant, essaierons-nous déjà d'essuyer les larmes sur les visages de nos frères ? Attendre dans l'espérance de la révélation de Jésus, le Messie, cela ne constitue pas une évasion de nos tâches et de nos responsabilités, mais consiste à « vivre dans le monde présent en homme raisonnable, juste et religieux » (Saint-Paul à titre 2,12), en prenant appui sur le Seigneur qui est proche, avec le soutien de sa force pour construire avec nous la Paix. La paix, accueillie comme don de Dieu, par ceux et celles qui se confient à sa grâce. Les hommes d'aujourd'hui comme ceux de tous les âges savent que la guerre est destruction, malheur, mort... L'actualité quotidienne nous le rappelle. Dès lors, on s'interroge: pourquoi si peu de résultat en faveur de la paix alors que beaucoup la désirent et s'engagent dans l'action pour la construire? Alors, souhaitons qu'elle commence déjà au niveau de nos relations humaines avec ceux et celles qui nous sont proches. Isaïe annonce la visite du Seigneur à son peuple. «Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière» (lsale 9, 1). Un peuple avec qui Dieu a fait alliance. Pendant ce temps de l'Avent, nous retrouvons des paroles fortes qui ont accompagné et confirmé cette alliance, paroles lointaines qui pourtant continuent d'apporter la lumière qui doit guider notre existence humaine : une lumière qui ne demande qu'à éclairer ceux et celles qui vivent dans les ténèbres, dont le présent ou l'avenir est sombre... Combien de ténèbres nous entourent? L'ère radieuse du Messie, une ère de changement: les sourds et les aveugles sont remplis de joie ainsi que les humbles et les pauvres. «Les sourds entendront... les aveugles verront, les humbles se réjouiront, les pauvres gens exulteront...» (Isaïe 29,18-19). Nous croyons entendre, d'avance, des mots de Marie dans le Magnificat. Ils sont pourtant encore nombreux ceux qui souffrent, dont la dignité est oubliée et parfois par eux-mêmes. Qu'ils sont loin d'exulter de joie ,! Les petits et les pauvres, que cherchent-ils? Etre aimés, avoir leur dignité, être comme tout le monde. Devant ces désirs si humains « Moi, dit le Seigneur, je ne les abandonnerai pas ! » Étonnant, ce Dieu qui s'intéresse d'autant plus aux êtres qu'ils sont petits et faibles ! Celui qui vient a fait le choix de s'en approcher, de donner à chacun le courage d'exister, de vaincre le désespoir, de se remettre debout et de recommencer à vivre, enfin ! « Préparez le chemin du Seigneur ! » proclame Jean-Baptiste. Le Seigneur veut que nous désirions ardemment sa venue. Il faut y croire soi-même pour dire à d'autres : « voici votre Dieu, il vient ! » Et s'exercer à voir sa venue à travers des signes souvent imperceptibles, mais à discerner avec les yeux du coeur et de la foi. « Préparez le chemin du Seigneur ! » C'est Dieu lui-même, qui, par la parole du prophète Jean-Baptiste nous le demande. L'initiative vient de Dieu, la réponse viendra de nous ! Une oeuvre ardue certes, mais qui exige continuité dans l'effort. En répondant, la grâce reçue de Dieu nous donnera de mener à bien l'oeuvre entreprise. « Ne crains pas, je viens à ton secours, je suis le Seigneur, je te prends par la main... » (Isaïe 41,13). Si Jésus vient encore aujourd'hui, lui qui a choisi de vivre dans la condition de pauvre, est allé à l'essentiel de la condition humaine, c'est pour nous parler de justice et de paix, de rencontres et d'accueil, d'amour et de partage, de respect et de dignité, de fraternité et de solidarité. Devenu Dieu avec nous, il nous fait comprendre qu'il s'est fait proche de nous pour partager notre vie avec lui et partager sa vie avec nous. Confiants et fidèles, nous nous préparons de nouveau à célébrer Noël, Dieu avec nous ! Père Bernard SAVOURAT ---- Cet article est extrait de la revue "Eglise dans l’Aube". Rédaction & Administration : "La revue Catholique" 10 rue de l’Isle 10000 Troyes tel 03 25 71 68 04 mail : revuediocese@catholique-troyes.cef.fr parution mensuelle Abonnement 25 €

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