Qu'as-tu fait de ton frère ? | Diocèse de Troyes

Qu'as-tu fait de ton frère ?

«L'Eglise ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle doit s'y insérer par la voie de l'argumentation rationnelle et réveiller les forces spirituelles sans lesquels la justice qui requiert aussi des renoncements ne peut s'affirmer ni se développer.» En citant cet extrait de l'encyclique de Benoît XVI «Dieu est amour» dans l'introduction de son message lancé à l'occasion des prochaines élections et intitulé «qu'as-tu fait de ton frère ?» le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France justifie sa prise de position dans la sphère politique et démocratique, tout en affichant son idéal de fraternité dont il définit les clés d'accès, les objectifs et les conditions de réalisation avant d'en détailler quelques chantiers prioritaires. ►"Que fais-tu de toi-même ? Quelles sont ces clés ? Les «bons» choix politiques, mais surtout la responsabilité et l'engagement personnel de chaque citoyen en s'appuyant sur le sentiment général que «beaucoup de Français, et parmi eux des catholiques, éprouvent un sentiment de malaise visà- vis du monde politique. Ils veulent un changement. Aujourd'hui, ils aspirent à trouver personnellement ce qui donne sens à leur vie et les invite à participer à l'action collective.» Mais en sommes-nous capables, questionnent les évêques, en stigmatisant notamment «l'extraordinaire inégalité qui règne dans le monde. Sommes-nous attentifs aux choix politiques qui favorisent un développement solidaire ? Sommes-nous prêts à partager concrètement pour aider les pays les moins développés ?» Car «la France est impliquée dans le processus de mondialisation. Elle en bénéficie largement. Il ne s'agit pas tant de s'en féliciter ou de s'en lamenter : il faut plutôt accepter de nous interroger sur nos comportements personnels et collectifs». L'enjeu est bien là pour «construire une cité plus fraternelle. Sans volonté de vivre ensemble, ni l'argent, ni la force, ni la sécurité ne peuvent construire un pays» précise le Conseil. Avec au centre de leur réflexion : l'homme, celui «qui ne se comprend lui-même que s'il connaît ses limites et fait face à sa mort. L'homme n'est véritablement luimême que s'il entend, en son coeur, Dieu l'interroger : qu'as-tu fait de ton frère ?» affirme le Conseil en précisant que «la présence auprès du frère en difficulté n'épuise pas les devoirs que suscite l'amour du Christ en nous : l'action par le biais du politique est une forme indispensable de l'amour du prochain. Celui qui méprise le politique ne peut pas dire qu'il aime son prochain et répond à ces attentes.» ►"Des chantiers prioritaires Suit une prise de position forte qui amène les évêques à définir des chantiers prioritaires : la famille, le travail et l'emploi, la mondialisation. Au sujet de l'immigration, les évêques affirment : «Nous nous sommes habitués à la libre circulation de l'argent, des marchandises, des informations, mais nous sommes plus réticents face à celle des personnes. Parmi les migrants, beaucoup ont franchi des difficultés considérables et certains ont risqué leur vie. Pourquoi ne pas porter à leur crédit cette volonté de rejoindre notre pays et ne pas se fonder sur elle pour leur trouver une place dans la société nationale ?» Même si cette dernière semble malmenée par la construction européenne qui «risque de se réduire à des structures bureaucratiques», s'il n'y a pas de réajustement entre l'État et la Nation, «avec sa diversité interne.» Mais surtout, les évêques soulignent que «l'État garant de l'unité nationale ne peut se désengager de ses responsabilités en matière de solidarité sociale». Ainsi le Conseil rappelle-t- il que «le travail -dont la caractéristique est avant tout d'unir les hommes - est un droit mais aussi un devoir.» Au coeur de cette vision sociétale, la famille apparaît comme une condition pour instaurer «une société de confiance. La famille est le premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance en euxmêmes et la confiance dans les autres» est-il rappelé. «La famille permet, en effet, de découvrir que chacun a sa place dans une histoire, dans un réseau, sans avoir à le mériter, dans le respect des différences particulières : âges, sexe, qualités ou faiblesses. La crise de confiance que traverse la société a souvent pour origine une carence familiale.» ►"Dignité humaine et société de confiance «Nous aussi, nous sommes pour l'épanouissement de la personne, mais un épanouissement pleinement responsable, qui respecte la défense des faibles et permette l'instauration d'une société de confiance.» Ce qui nous éloigne «d'un art de vivre qui suscite toujours le désir de gagner davantage et de consommer plus.» Parmi les chantiers prioritaires, les évêques auraient pu citer l'écologie mais le principe de sa recherche est bien affirmé : «Le bien commun doit être l'objet d'une recherche inlassable de ce qui permet d'améliorer la condition des plus démunis et des plus faibles. Il se doit de prendre en compte non seulement l'intérêt des générations actuelles, mais également dans la perspective d'un développement durable, celui des générations futures». D'où un appel à une vigilance constante pour que ces élections nous permettent de «prendre les meilleurs chemins possibles : l'intérêt pour la politique ne concerne pas le seul moment du vote. Une information sérieuse est nécessaire. Le citoyen est en droit d'attendre des hommes et des femmes politiques un effort de vérité devant les effets de la médiatisation.» Déclaration de la Commission sociale des Évêques n°9, 1999 Si vous désirez l'intégralité de la déclaration, celle-ci est disponible sur le site de la conférence des Evêques de France à l'adresse suivante [www.cef.fr/catho/actus/dossiers/2007/elections/index.php->http://www.cef.fr/catho/actus/dossiers/2007/elections/index.php]

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